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BENIN: Candidature du roi Boni 1er - De nouveaux anciens engagements non tenus

 

 

Publié le 31 janvier 2011

 

 

Peu de promesses sinon le renouvellement d’engagements déjà connus. Le discours de candidature de Boni Yayi samedi, aura été avare en émergence, en milliards à distribuer ou même en emplois à octroyer. Ce n’est plus le Yayi des rêves, celui qui miroitait les miasmes d’une émergence imminente, les ors de nos petites maisons bientôt châteaux, les espérances de nos diplômés définitivement employés.

 

 A peine a-t-on entendu promettre que le gouvernement entrera en négociation « très prochainement » avec les Nations Unies qui seraient disposées « à mobiliser pour le Bénin, un appui de 500 milliards de FCFA destinés au financement des activités et de l’emploi des jeunes… » Même si ce fut la seule promesse «concrète» de samedi, elle reste la plus vague jamais entendue depuis cinq ans de yayisme. Pour l’essentiel, Boni Yayi s’est largement étendu sur des réformes d’ordre politique qu’il entend mener pour les cinq prochaines années, réformes qu’il a déjà évoquées dans maints discours.

 

 La plus saillante, sans être une nouveauté, reste la nomination d’un premier ministre « compétent, expérimenté, bien au fait des problèmes de développement qui préoccupent les populations ». Et c’est tout. Quant au projet de refondation qu’il a évoqué depuis mai 2010, il a constitué le plat de résistance de ce long discours.

 

 « Si Dieu le veut et si le peuple en décide ainsi », le candidat Boni Yayi entend procéder à la modification de la constitution afin de mettre en place une « Nouvelle République qui opte de façon déterminée pour la prospérité, l’émergence économique et le perfectionnement intellectuel et moral de ses fils. » Il s’agit de toucher en profondeur à la charte des partis politiques, d’améliorer le statut de l’opposition, de mettre en place un code électoral pour protéger le système électoral des secousses saisonniers auxquels il est contraint à la veille de chaque scrutin, de professionnaliser et de constitutionnaliser la CENA.

 

 Sur les préoccupations quotidiennes et courantes des Béninois, le candidat s’est bien gardé de formuler des propositions claires, en dehors de celles déjà connues. Il a promis « le bonheur pour tous, le bonheur pour toutes les familles, le bonheur pour tous nos braves travailleurs. » Revenant encore sur le projet d’émergence qui faisait le haut du pavé en 2006, le candidat a vaguement indiqué que « le monde doit savoir que le Bénin aspire résolument à l’émergence en s’efforçant de maintenir et de renforcer son engagement pour le renouveau économique et moral de notre Nation… »

 

L’aridité du discours de candidature de Yayi tranche de ce fait avec l’abondante moisson de promesses que charrient ses principaux challengers. Un peu comme si les rôles se sont inversés au fil du temps, les engagements renouvelés du Chef de l’Etat sont en rupture avec les fermes propositions d’Adrien Houngbédji et les sages assurances d’Abdoulaye Bio Tchané. Cette métamorphose a pu s’opérer sous le coup des difficultés du pouvoir qui ont eu un effet inhibiteur sur les envolées lyriques du leader des Cauris.

 

 Au contact de la rude cruauté des jours et des crises qui font moisir les espérances vendues au peuple, il s’est assagi, devenant subitement plus pondéré en illusions et largement plus lucide. Mais en gagnant en réalisme, Boni Yayi ne soulève plus l’enthousiasme de ses premiers jours à la Marina.

 

En filigrane, il a laissé entendre l’échec de son projet d’émergence désormais miroité comme un rêve lointain, puisqu’il lui faut désormais cinq ans pour ouvrir sa valise d’abondance. En lieu et place, les réformes fondamentales qu’il propose sont liées à la gouvernance politique. C’est la fin du Yayi capitaine des rêves, vive le nouveau Yayi, maître des réformes !!!

 

A y voir de près, la nouvelle ère qu’il propose aux Béninois, est celle de l’austérité. Le Papa Noël qui a su distribuer des primes à la pelle, recruter en masse dans la fonction publique et octroyer des gratuités à tour de bras, est en train de laisser place, à l’heure du bilan, à un adepte de l’austérité.

 

Même s’il n’a pas pu dire explicitement sa volonté de réduire drastiquement le train de vie de l’Etat, une fois élu, on lit en filigrane dans son discours de candidature le resserrement de l’Etat-providence en marche depuis 2006. Reste désormais à savoir si le peuple voudra sanctionner son bilan mitigé lors du prochain scrutin ou l’absoudre au contraire des fautes commises.

 

Olivier ALLOCHEME

L'Evènement Précis



 
Tag(s) : #Politique Béninoise