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 BENIN: Ce qu’il ne faut pas faire à 52 ans d’indépendance

 

29 juillet 2012

 

Par l’Abbé André S. QUENUM

Pour marquer les 52 ans de notre indépendance je propose que nous soyons reconnaissants. En effet, le président Yayi, son style de gestion et son régime sont accablés de nombreuses accusations. Mais la seule chose dont on ne peut pas les accuser, c’est de n’avoir pas montré ce qu’il ne faut pas faire si on veut rendre le Bénin indépendant et prospère.


Sous le style actuel de gouvernance, nous avons vu ce qu’il faut faire pour que ce que nous prétendions avoir comme partis politiques soient plus que jamais émiettés et fragilisés jusqu’à l’insignifiance, dans l’opposition et encore plus dans la mouvance pompeusement plurielle.
Sous ce style de gouvernance, nous avons vu ce qu’il faut faire pour occuper les pires positions en croissance économique, en liberté de la presse ; pour parler de Lépi, de coton, du port, de gouvernance, de vertu, de lutte contre la corruption, etc. afin de mieux s’en éloigner.

Nous avons vu ce qu’il faut faire pour accroître vertigineusement la masse salariale au point de recourir à des gymnastiques indescriptibles à chaque fin de mois. Et cela, tout en rendant l’environnement économique invivable pour les citoyens qui essayent de créer de la richesse, et en infestant les poumons de l’économie de tous les virus de la contre-productivité.


Nous avons vu comment utiliser l’argent qu’on n’a pas pour occuper le plus haut sommet de la diplomatie continentale et perdre la possibilité pour des cadres comme Abraham Zinzindohoué, Jean-Marie Ehouzou et Jean-Pierre Ezin, de mieux positionner le Bénin plus discrètement et plus durablement.


Nous avons vu les pratiques par lesquelles les institutions et les personnalités morales, religieuses, civiles, peuvent se retrouver avec une voix inaudible sinon insignifiante.


Nous avons vu comment il faut rendre insignifiants contrats, accords, signatures, décisions de justice.


Nous avons vu comment on peut prendre le pouvoir avec une caisse annoncée presque vide en 2006 pour à son tour, développer résolument des pratiques qui creusent des gouffres béants d’ardoises et de dossiers pour les enfants de nos enfants jusqu’à plusieurs générations à venir.


Nous avons vu les pratiques par lesquelles un pays peut se retrouver comme un champ brûlé avec ses ressorts cassés.


A 52 ans d’indépendance si nous recherchons toujours où aller et comment y aller, nous avons de quoi savoir ce dont il faut s’éloigner. Pour fonder l’espoir, ce n’est pas rien.

 

André S. QUENUM

  

Tag(s) : #EDITORIAL

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