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19 juillet 2010 

BENIN: Émergents pour Yayi ; opposants pour victimes des faux placeurs…

 

Marche de soutien au chef de l’Etat dans le sulfureux dossier des faux placements. Le surdoué du gouvernement, ministre d’Etat, démineur attitré du pouvoir, tout sourire, rassuré de l’indéfectible solidarité des femmes marcheuses envers le docteur-président et son équipe. Il n’y a de compassions que pour le chef. Les milliers de déposants spoliés ? Des naïfs, avides de gain facile qui méritent ce qui leur arrive. C’est par leur faute d’ailleurs que le chef de l’Etat ne dort plus et perd de son très précieux temps habituellement consacré aux ballades d’hélicoptère dans les comptes rendus d’auditions militarisées, de perquisitions clandestines, d’arrestations sauvages ; le tout en dehors de toute procédure judiciaire réglementaire. Eh oui ! Concentrer tous les pouvoirs – exécutif, législatif, judiciaire voire médiatique – mérite bien un soutien populaire. Au Bénin, berceau de la démocratisation en Afrique, pionnier des conférences nationales africaines, pays d’alternance paisible où les anciens chefs de l’Etat meurent dans leurs lits, des citoyens marchent pour soutenir l’avènement du totalitarisme. « Authentique ! » s’exclamerait l’autre.

 

En revanche, pas de droit à la parole ni à la libre association pour les victimes réduites au silence. Le pauvre Herman Meton qui a eu l’outrecuidance de susciter un sursaut des déposants escroqués comme lui doit s’étonner d’être encore libre de ses mouvements pendant que les appels se multiplient sur les ondes pour qu’on le pende à un croc de boucher pour avoir osé songer à une défense organisée des victimes. C’est l’ulcération à la Marina à chaque initiative corporatiste en dehors des balises mises en place par le pouvoir dans un cafouillage terrible. Même les lignes éditoriales de certains organes de presse hors contrat gouvernemental ont fait l’objet de délibération au conseil des ministres. Face aux trépidations des opposants, les émergents ne se sont pas peinés d’emprunter carrément à Mussolini voire à l’immense Hitler par l’envoi d’une horde de marcheuses déchaînées pour contrer une marche de soutien de l’Union fait la nation aux victimes suivant la même itinéraire, le même jour, la même heure et à la même date. Des femmes recrutées à coup de jeton, érigées en obstacle humain à toute velléité de solidarité envers des milliers d’autres femmes des marchés, des champs, des ménages ayant perdu toute l’épargne de leur déjà si misérable vie. Il se peut d’ailleurs que les jetons de marche proviennent des rapines issues des écuries de Icc-Services, le plus impitoyable des faux placeurs, grand sponsor des activités politiques de la première dame. « Où est la morale ; où est l’éthique ; où sont nos valeurs ; où sont nos repères ? ».

 

Protection, honneur et magnification au chef de l’Etat pendant que l’humiliation ne devrait jamais cesser sur les victimes ; invitées à souffrir le martyr à travers des queues interminables dans des centres dits de recensement. Toute l’armada déployée dans l’enquête politique en lieu et place d’une enquête judiciaire manque de mettre la main sur les bases de données des succursales de la grande escroquerie. Les damnés doivent se prélasser au soleil, sous la pluie, soumis à des tracasseries supplémentaires de mis à jour des pièces d’état civil. Coupables qu’ils sont d’avoir eu foi en leur gouvernement, de croire à un phénomène légitimité depuis le perron de la présidence de la République. On ne compte plus le nombre de fois où des ministres de la République se mettent en haie d’adulation aux principaux escrocs endimanchés lors de manifestations publiques de propagande. Un citoyen ne saurait être blâmable parce qu’il aurait baissé la garde face à des escrocs publiquement soutenus par un gouvernement issu des urnes.

 

Un petit exercice, chers amis lecteurs : d’un côté des escrocs hôtes du chef de l’Etat, de l’autre les victimes de ces mêmes escrocs hôtes présidentiels. De quel côté se trouve la honte ?

 

arimi choubadé



Tag(s) : #EDITORIAL

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