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05/08/2010 

BENIN: En attendant de verser votre sang, versez les sous des pauvres…

 

Face à l’exigence de justice et de remboursement, Yayi rétorque par le don de sang. Le liquide rouge du président aurait la vertu de faire oublier les nuits blanches et les bousculades imposées aux escroqués dans les centres de recensement des dégâts causés par les faux placeurs. La générosité présidentielle force certainement l’admiration. Son sang lui appartient en propre et pourtant il ne rechigne pas à l’offrir en sacrifice à son peuple. Par contre, on voudrait bien savoir ce qu’il en est de ce que son régime a consommé indûment à partir de l’argent des pauvres pris dans la nasse des escrocs. La propagande gouvernementale s’est abondamment nourrie de subventions apportées aux activités de la famille politique du chef de l’Etat et de son épouse à l’aide de l’argent issue de l’escroquerie. La générosité commence déjà par la restitution de ce qui appartient à autrui.

  

Et puis le débat tel que présenté par les différents protagonistes ne nécessite par de proclamation chevaleresque d’un héros téméraire prêt au sacrifice suprême. Les victimes directes demandent un juste remboursement, car contrairement aux dénégations des auxiliaires du pouvoir, le trucage Icc-Services n’a rien de commercial ou de transactions privées. Il s’agit d’un crime poursuivi et puni par le ministère public donc le gouvernement. Parallèlement à cette exigence de réparation de la part des spoliés, la classe politique de son côté réclame justice et sanction contre les redevances politiques et matérielles dont ont bénéficié les écuries en campagne précoce pour la réélection du docteur-président en 2011. A la Marina de dire des spoliés ou des opposants lesquels portent des exigences illégitimes : le remboursement exigé par les premiers ou la justice et les sanctions réclamées par les derniers.

 

Le meeting à la nation du chef de l’Etat et son mépris pour le goût du « gain facile » n’éteint pas le droit à la réparation des victimes. Mais l’exercice aurait pu être complété par un essai de réponse à la demande de justice pour le sommet de l’Etat exigé par une cinquantaine de députés. Les représentants du peuple veulent entendre le chef de l’Etat dire devant des juges dûment assermentés et non des applaudisseurs de circonstance si oui ou non les services de renseignements placés sous son contrôle direct ont fonctionné normalement. Si c’est faux que l’avertissement de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) au gouvernement Yayi date d’aout 2009. Si les cris d’alarme de l’association des banques ne sont pas parvenus à qui de droit. Si Emile Tégbénou, grand inspirateur de Icc ne s’est pas fait recevoir en audience à la présidence de la République. Si le Pdg de Icc n’a pas reçu le chef de l’Etat à son domicile privé à Calavi à deux reprises. Si Icc n’est pas entré en dédoublement du gouvernement Yayi sur ses prérogatives régaliennes en offrant un véhicule à la brigade de gendarmerie de Klouékamè, en forant des puits et en construisant des écoles et des centres de santé.

 

Modestement donc, les députés se gardent de demander jusqu’au sang du chef de l’Etat. La restitution des financements accordés à la mouvance présidentielle par Icc et l’acceptation de devoir passer devant la Haute cour de justice devraient largement suffire. En puis, il n’existe pas encore dans l’arsenal institutionnel béninois un organisme chargé du recueil et de l’utilisation du précieux sang des présidents en exercice. Même lors de la période de turbulence et des coups d’Etat, aucun dirigeant n’a dû se vider de son sang. Par contre, la République a prévu une institution normalement compétente pour juger de forfaiture, de trahison voire de malversations des membres du gouvernement et de son chef.

 

La vérité, rien que la vérité et non le sang !!!

 

arimi choubadé



 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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