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BENIN - Encore De La Mauvaise Gestion Sous Le Changement : LE DG DE LA CNSS AU CŒUR D’UN NOUVEAU SCANDALE

 

26 juil, 2010 | Par hubert 

 

 

(Gabriel OUSMANE MOUSSA signe deux baux qui suscitent interrogations)


Au fur et à mesure, les observateurs de la vie publique au Bénin se font progressivement une idée sur la nouvelle méthode de gestion du patrimoine public. Le spectacle n’augure rien de positif au regard de la succession des scandales financiers souvent sans suite. L’impunité est devenue aujourd’hui un mode de gouvernance et beaucoup estiment avec les derniers développements de l’actualité nationale que le ver semble être bien dans le fruit.


L’affaire qui va bientôt défrayer la chronique est liée à une décision, sans surprise, de l’actuel directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), Gabriel OUSMANE MOUSSA. Banquier de formation, ce natif de Bembérèkè est aussi connu pour son engagement aux côtés des Forces cauris pour un Bénin émergent(FCBE), regroupement de partis et personnalités politiques soutenant les actions du chef de l’Etat, le docteur Boni YAYI. Mais bien de choses opposent depuis toujours le personnel de la CNSS et son premier responsable quant à la gestion financière de cette structure qui gère des milliards de nos francs. En effet, cette gestion de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA est source permanente de conflits entre le gouvernement, par l’intermédiaire de tous les directeurs, et ce personnel qui entend défendre jusqu’au sacrifice suprême ce juteux patrimoine. Déjà, l’actuel régime est critiqué à cause de la gestion opaque de celle qui fut directrice de la CNSS avant sa promotion au gouvernement à la tête du département chargé de la Micro finance alors que de lourds soupçons pesaient sur sa gestion financière. Mieux, on se rappelle que l’arrivée de l’actuel Directeur général fut vigoureusement et ouvertement critiquée par le secrétaire général du plus important syndicat de la maison. Pour l’instant, on peut commencer par affirmer que le doute est absolument permis et se demander quelle institution bancaire pourra recevoir le sieur Gabriel OUSMANE MOUSSA après son séjour tumultueux à la tête de la CNSS.


Causes du conflit entre le DG et les employés de la Caisse


Au nombre des causes qui opposent ce directeur et son personnel figure en bonne place l’affaire de vente d’un domaine que le gouvernement du changement a bien voulu céder aux Lybiens. Mais cette cession d’un coût global de 5.000.000.000 (cinq milliards) FCFA demeure une parfaite curiosité. Depuis que ledit domaine fut retiré du patrimoine de la CNSS personne ne sait où est déposé l’argent issu de cette vente. A ce jour, le directeur général est toujours incapable de dire au personnel si oui ou non les Lybiens ont déjà libéré le prix de la vente du domaine acquis à plus de cinq milliards de nos francs, pourtant. En réalité, le personnel de la CNSS en particulier et les Béninois, en général, se posent, toujours sans réponse, la question de savoir quelle était la vraie motivation de l’achat de ce domaine préalablement cédé par l’Etat béninois à un ancien président de la république en guise de dédommagement dans une autre affaire opposant ce dernier à un ami à lui. En clair le gouvernement avait déjà commis un tort en abusant des liquidités qui traînaient sur les comptes bancaires de la CNSS. En effet, on comprend difficilement qu’un gouvernement vienne régler un différend entre particuliers en puisant dans les caisses d’une structure étatique qui gère la cotisation des travailleurs. Mais le plus ahurissant est encore cette cession à des Lybiens mais dont le produit issu de la vente reste introuvable. Cela a eu pour conséquence le refus du Conseil d’Administration de la CNSS à doter l’office d’un budget depuis 2007. Si l’ancien Conseil d’Administration a été un peu laxiste, force est de reconnaître que l’actuel CA a décidé de voir clair dans la gestion financière plus ou moins opaque de cette Caisse. Désormais présidé par un homme d’affaires bien averti, l’actuel Conseil d’Administration a bien du pain sur la planche car pour qui connaît la manière dont les affaires publiques sont gérées au sommet de l’Etat dit du changement, il est fort à parier que Sébastien AJAVON et sa troupe auront du mal à voir assez clair dans ce dossier qui frise le détournement et un abus de biens sociaux. Malheureusement, les scandales ses suivent et semblent se ressembler sous la direction de Gabriel OUSMANE MOUSSA.


Que dire du renouvellement des deux baux d’Ekpè ?


La Caisse Nationale de Sécurité Sociale avait acquis en 1984 un domaine situé au PK 13 sur la route de Porto-Novo. D’une superficie totale de 39ha71a09ca ledit domaine est objet du titre foncier numéro 1374. A l’époque, cette structure s’appelait Office Béninois de Sécurité Sociale (OBSS). Ledit domaine fut ensuite morcelé en vue de sa mise en vente et il aurait été question de céder entièrement ce domaine au personnel. Effectivement, ce domaine fut morcelé et viabilisé en 1995 en 495 parcelles réparties en 45 lots conformément à un Arrêté ministériel portant N°023/MEHU/DG/DU du 22 octobre 1996. Selon plusieurs sources, toutes les démarches tendant à se mettre entièrement en règle de cet Arrêté n’ont pas abouti alors que ledit Arrêté prescrit expressément qu’avant toute cession de parcelles dans un secteur ayant fait l’objet de lotissement, les plans de viabilisation devront être préalablement approuvés par les Services Techniques du Ministère de l’Environnement, de l’Habitat et de l’Urbanisme. Transmis depuis des lustres par l’architecte conseil de l’ex OBSS, Monsieur Martial SODOGANDJI, tous ces plans sont restés dans les tiroirs de ces services dits compétents du MEHU. C’est dans cette ambiance de désespoir que le personnel découvre lors de la délocalisation des parcs de vente de véhicules d’occasion vers la commune de Sèmè que « leur » domaine fut cédé à des tiers. Deux entreprises à savoir les Société IFRIKIA INTERNATIONAL SA et SBK SARL respectivement représentées par Arnaud HOUNDETE et Kabirou LATOUNDJI sont devenues locataires. Ces deux entrepreneurs ont loué dans l’ordre 20 ha (vingt ha) et 10 ha (dix ha) au taux extraordinairement insignifiant et notoirement très bas de 100 FCFA/m² (cent francs le mètre carré). C’était plus qu’une aubaine puisque la plupart des propriétaires terriens privés louaient à l’époque leur domaine à environ 2.000 FCFA/m² (deux mille francs le mètre carré). Mais ce fut suite à la décision N° 1 du Comité de Direction (CODIR) en date du 15 novembre 2001 que cette mascarade voire délit d’initiés fut commis. Pourquoi cette location à un taux aussi bas ? Seuls quelques initiés de cette époque sous Mathieu KEREKOU peuvent encore répondre. Ce qui est très certain est que ce taux occasionnait un manque à gagner énorme pour l’OBSS, devenue entre temps, Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Signés pour une durée totale de dix ans, le personnel attendait alors le terme régulier de ces deux baux pour que la direction générale revoie la copie en tenant compte du prix du mètre carré à l’heure actuelle, tout au moins. Pendant que tout le monde attend impatiemment décembre 2011 pour revoir certaines conditions liées à ces deux baux, surtout celles liées aux prix, c’est avec stupéfaction que la rumeur circule et fait état, avec insistances, de la conclusion de deux avenants scandaleux à ces deux baux déjà « querellés ». Pour cadres de la CNSS que nous avons interrogés, cette éventualité est à exclure car leur DG n’aura pas assez d’arguments pour défendre une telle forfaiture. D’autres sources nous confirment cependant que deux avenants encore plus scandaleux que les premiers baux furent effectivement et discrètement signés depuis …. Octobre 2009. Comme on peut le deviner, la mauvaise gestion sous le régime dit de la reddition des comptes et d’obligation de compte rendu n’a pas cessé de livrer ses petits secrets faits de dysfonctionnements de tout genre. A moins d’un miracle la lutte contre la corruption continuera par s’enliser doucement car elle ne nous conduit nulle part et menace d’ailleurs d’être un piteux slogan. En somme, c’est un vernis qui vient embellir le vol au sommet de l’Etat. Affaire à suivre !


Luc BODJRENOU

Tag(s) : #Politique Béninoise

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