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16 décembre 2013


BENIN: Face à la diaspora béninoise de France, Victor Topanou propose un new deal politique aux Béninois

 

L’ancien Secrétaire général du gouvernement du président Yayi Boni et ex-Garde des Sceaux, Ministre de la justice a animé une conférence-débat avec la Diaspora béninoise en France. C’était samedi 14 décembre 2013 à l’Hôtel Clarion Collection dans le 8ème Arrondissement de Paris à quelques encablures des Champs-Elysées. Une occasion qui a permis au 1er candidat déclaré à l’élection présidentielle de mars 2016 de proposer une nouvelle gouvernance politique à ses compatriotes sur les prochaines décennies.

 

Pour Victor Topanou, les Béninois doivent opter pour une nouvelle vision dans la manière de conduire les affaires de la cité. C’est pourquoi, il leur propose un new deal politique sur les 25 prochaines années d’après les vingt-cinq ans de vie démocratique qui seront bouclés à l’horizon 2015 à partir de 1990, année de l’avènement du renouveau démocratique au Bénin. 
Pour ce faire, la conférence-débat qui devrait se tenir autour des deux derniers livres écrits – « Yayi Boni ou le grand malentendu » et « Introduction à la sociologie politique au Bénin » – par l’ancien Garde des Sceaux s’est très tôt transformée en séance d’échanges sur les grands contours du programme d’actions à proposer par Victor Prudent Topanou pour la présidentielle de mars 2016 à laquelle l’intéressé se déclare, d’ores et déjà, candidat.


Ainsi pour Victor Prudent Topanou, pour les vingt-cinq prochaines années, s’il parvenait à se faire élire Président du Bénin, il mettra en place une nouvelle gouvernance politique qui permettra à son pays d’être cité parmi les nations développés de la planète. Car, il compte mettre en place un programme qui offre l’occasion à chaque citoyen d’être véritablement utile à son pays en faisant de façon consciencieuse ce qui est de son devoir.


Selon le candidat Topanou, ses aînés en politique de l’ère du renouveau démocratique ont fait de leur mieux pour l’évolution du Bénin. Mais, il pense qu’il faille rompre avec les vieilles pratiques et faire plus pour booster le développement du pays en faisant en sorte que dans un premier temps, l’argent ne soit plus au cœur d’une quelconque élection et que surtout, les fraudes électorales disparaissent totalement des comportements de ses concitoyens.


Conditions préalables au développement


Dans cette perspective, Victor Topanou pense qu’il va falloir qu’ensemble les Béninois travaillent plus tôt à réunir les conditions préalables pour l’émergence et le développement. Ce qui passe dans un premier temps, selon lui, par l’éducation et la santé. Puis, sur le plan économique, il préconise la bonne gestion, l’autonomie énergétique et bien d’autres secteurs porteurs de développement. Pour ce faire, Victor Topanou compte beaucoup sur ses compatriotes partis hors du Bénin pour faire d’autres expériences qu’ils vont pouvoir mettre à la disposition de leur pays pour sa réelle émergence qui doit cesser d’être un slogan mais, une réalité transformée en actions palpables, concrètes et quantifiables sur le terrain.


Pour atteindre ce résultat escompté Victor Topanou propose à ses compatriotes de travailler sur 25 années pour faire le bilan de ce new deal politique qu’il soumet à leur appréciation. Mais attention, il prévient que cela ne signifie aucunement qu’arrivé au pouvoir, il y resterait pendant vingt-cinq ans. D’ailleurs, cela ne lui est pas constitutionnellement possible.


Mais, il se désole que ces aînés qui sont dans la politique depuis près de 25 ans n’ont pu faire de pacte collectif pour l’avenir du Bénin. Et c’est ce pacte que lui, propose pour booster le développement d’ici un quart de siècle. Dans ce sillage, comme point important de son programme de société, Victor Topanou se propose de créer, une fois devenu Président de la République du Bénin, un Fonds de développement scientifique. Car, selon lui, le développement et l’émergence ne pourront jamais être financés par les microcrédits aux plus pauvres. Il faut donc le développement technologique même s’il reconnait qu’aucun pays au monde ne maîtrise tous les pans du développement technologique. Mais, prévoyant pour son pays, Victor Topanou explique que ce Fonds lui permettra d’identifier un secteur précis dans lequel, il mettra chaque année un crédit de 25 milliards afin d’amener les scientifiques à développer des programmes de recherches qui permettront au Bénin d’être meilleur dans un domaine si le cap est maintenu sur les vingt-cinq prochaines années. C’est là le pari que Victor Topanou compte faire avec ses compatriotes s’ils lui donnent leur quitus pour la présidentielle de mars 2016.


Détail important : la conférence-débat a lieu dans un cadre dénommé : « Salle Victor » à l’Hôtel Clarion collection de Paris, Charles de Gaulle Etoile. Est-ce prémonitoire ? N’y a-t-il pas un patronyme qui ressemble fort bien au nom du marché Tokpa de Cotonou où des milliards de francs de Cfa sont brassés chaque jour ? Topanou qui veut dire littéralement en langue fon du Bénin, la chose de Topa ! Economiquement parlant, Victor Topanou pourra-t-il relever l’économie béninoise aujourd’hui agonisante sous le régime actuel qui n’a pour seul mode de gestion que de persécuter les hommes d’affaires qui créent pourtant la richesse et par ricochet l’emploi dans un pays où le taux de chômage croit tous les jours ?


De Paris, Emérico Adjovi

Source: Le Matinal


 

Quelques réactions de participants



Dandy Gnanmou
(Professeure agrégée de Droit public)


« Pas d’angélisme, mais une conception réaliste »

« Il y a une certaine clarté dans les propos du professeur Topanou. Quant à son projet de rupture avec certaines pratiques de la société béninoise, la prise en compte de la sécurité des personnes et des biens dans le développement de notre pays, il m’a semblé au-delà de cette présentation, le débat en lui-même a été riche pour rappeler la nécessité de ne pas rester dans l’angélisme et d’ancrer les différentes propositions dans une conception plutôt réaliste de la vie politique béninoise. Son projet de création de Fonds de recherche scientifique est un excellent projet sauf qu’il est à noter qu’il arrivera des réticences de la part de nos compatriotes si la plupart des personnes qui vont mener ce projet viennent de l’extérieur. Mais, il est certain que pour atteindre le développement dans un pays, il faut des recherches scientifiques de pointe »


Benoît Illassa
(Juriste d’entreprise à Paris)


« D’autres candidats doivent suivre l’exemple de Topanou »

« Je note que Victor Topanou est le 1er candidat à la présidentielle de 2016 à venir rencontrer la communauté béninoise ici en France. Je pense que d’autres potentiels candidats seront obligés d’emprunter la même démarche que lui pour rencontrer la diaspora béninoise qui contribue déjà au développement du pays et qui ne demande qu’à faire mieux. Avec ce qui se passe aujourd’hui au Bénin, j’ai une pensée pour Martin Assogba récemment fusillé au pays qui est annoncé venir à Paris pour suivre les soins. Cela montre l’état de déliquescence de notre pays qui démontre, à ne pas s’y méprendre, que Yayi Boni a échoué au plan sécuritaire, au plan social, parce que ce n’est pas normal qu’aujourd’hui, on ne puisse pas extraire les balles du corps d’une victime au Bénin. Imaginons qu’il y ait un attentat avec assez de militaires atteints par des balles ; il va falloir louer un avion pour transférer tout ce monde-là à Paris. Yayi a échoué et il est temps qu’il parte. L’idée de Victor Topanou de créer un Fonds de recherche scientifique est un projet qui a réussi au Nigeria, dans le domaine économique et financier, où la ministre des finances Ngozi Okonjo-Iwéala l’avait proposé au Président Obasanjo qui l’a accepté. Résultat : le Nigéria a un niveau de développement très élevé au nôtre au Bénin grâce à la Fondation créée par Mme la ministre pour recueillir les fonds contributifs pour que les experts débauchés de la Diaspora puissent être rétribués aux mêmes salaires qu’en Europe. Si cet exemple a réussi dans le domaine économique au Nigeria, il peut réussir au Bénin dans le domaine scientifique tel que proposé par mon ami Victor Topanou ».


Corine Djikpessé
(Technicienne-radiologiste en France)


« J’ai un brin d’espoir »

« Honnêtement, je suis arrivée par curiosité pour entendre ce qu’il avait dans le ventre à proposer aux Béninois parce qu’il y a un moment, j’ai quitté Cotonou et je suis très déçue par rapport à ce qui se passe actuellement au Bénin. Donc du renouveau de la rupture, on en cherche, on est désespéré et j’ai été séduite par les propos du ministre Topanou que je ne connaissais pas personnellement. Mais, il inspire une volonté manifeste du changement, il s’inscrit dans une logique de rupture qui nous plait. Maintenant, il reste à savoir la faisabilité de ce qu’il propose parce qu’actuellement, on est dans un système de démagogie, de désordre de déroute à la limite et on est désespéré et nous cherchons quelqu’un qui va nous sortir de cette barque qui tangue qui va dans tous les sens. Ainsi, après cette conférence-débat, le Ministre Topanou m’a donné un brin d’espoir par rapport à tout ce qu’il a dit. Maintenant, reste à savoir les moyens qu’il va se donner pour arriver à bon port »


Augustin Codja
(Chef d’entreprise à Paris)


« Il nous faut désormais de vrais programmes »


« Pour moi aujourd’hui, il y a une chance à prendre, un nouveau tournant à prendre pour les pays en développement comme le nôtre. Et ce tournant, nous pouvons le rater si nous n’ouvrons pas les yeux tout de suite. Et je crois que le Ministre Topanou dans ses propos a bien fait l’état de cette vision. Il faut que nous ayons un projet de société et ne plus naviguer à vue comme on le fait aujourd’hui dans notre pays où on vient au pouvoir d’abord avant de voir ce qu’on peut faire. Le peuple doit refuser ce nombrilisme de nos dirigeants qui restent dans leur tour d’ivoire à penser qu’ils sont le messie des populations. L’exemple du Ministre Topanou est à suivre. C’est-à-dire aller à la rencontre de ses compatriotes et potasser leurs doléances avant de structurer un programme de société. Car, une fois parvenir au pouvoir, ce sont des humains qu’on a à gérer et non des animaux à la place de qui, les hommes décident souvent. Il ne faudra plus fonctionner comme ça. Il faut aller avec un plan, un programme par à court terme mais, à long terme pour les Béninois. Pour moi, tous les potentiels candidats doivent avoir cela en tête s’ils ont envie de remettre les Béninois au cœur de l’Etat ».


Brice Bada

(Cadre commercial à Paris)


« Victor Topanou a un projet novateur »

« La conférence-débat a été assez intéressante parce qu’elle nous a permis à nous autres à l’extérieur d’avoir une vision globale de notre pays en ce moment. Je trouve que sa démarche est intelligente parce qu’il nous propose qu’on fasse un programme de société ensemble de manière consensuelle. Alors, je trouve qu’il faut que les Béninois se mobilisent autour du Ministre Topanou pour porter son projet avec lui dans l’intérêt du développement de notre pays. En ce qui concerne son projet de création d’un Fonds de recherche, c’est un projet novateur pour notre pays dont la plupart des scientifiques ont émigré vers l’extérieur faute d’une bonne organisation autour des recherches scientifiques. Je crois que l’idée et la réalisation de ce projet de Fonds vont pouvoir permettre à la diaspora béninoise où qu’elle se trouve de faire un retour dès l’avènement de Victor Topanou au pouvoir en mars 2016 pour contribuer significativement à l’essor de notre Bénin ».


Propos recueillis à Paris par E. A.

 

 

 
 
  
  
Tag(s) : #Politique Béninoise