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BENIN: Faut-il livrer les réfugiés politiques ivoiriens à ADO ?

 

 

 

16 novembre 2011 par  

 

 

Le Président ivoirien Alassane Dramane Ouattara était hier l’hôte de son homologue béninois. Au-delà du communiqué final, rédigé en style diplomatique, il a été véritablement question des proches de Laurent Gbagbo ayant eu l’hospitalité en terre béninoise. Les autorités ivoiriennes toujours revanchardes souhaiteraient une collaboration avec le régime de Boni Yayi afin que les  » recherchés  » soient extradés. Ce point de la visite est une ombre vouée à l’échec. Le Bénin et la Côte d’Ivoire sont liés par l’histoire qui a voulu que les premiers instituteurs en terre Ebrié soient dahoméens. Livrer les Ivoiriens du Bénin est un projet impossible. On ne sait par quelle alchimie, les Béninois ont adopté les Ivoiriens au point où ils ne souhaitent même plus qu’ils retournent dans leur pays. Le projet funeste du gouvernement Ouattara est mal perçu par nombre de Béninois.  » Les Ivoiriens sont chez eux ici à Cotonou « , lance un chef quartier d’Akpakpa visiblement exaspéré par l’idée de  » recherche d’ivoiriens pro-Gbagbo « . Un ivoirien est un ivoirien. Il n’y a pas de pro-Gbagbo ou de pro-Ouattara. Le Bénin a été et restera encore longtemps, la terre d’accueil des ivoiriens. Les hommes forts aujourd’hui en Côte d’Ivoire savent bien que les Béninois n’hésitent pas à offrir l’hospitalité, juste seulement, lorsqu’ils sont convaincus que vous êtes des Ivoiriens. On en sait pas trop pourquoi. Les sociologues d’ici et d’ailleurs peuvent chercher à nous faire élucider ce mystère. Dans la Cedeao, le peuple le plus accepté en terre béninoise est ivoirien. Et pourtant, le Bénin n’a pas de frontière directe avec la Côte d’Ivoire. Lorsque les responsables de la Fédération des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire étaient activement recherchés par le régime Houphouetiste, c’est le campus d’Abomey -Calavi qui fut le quartier général du maquis. Guillaume K. Sorro s’en souviendra à la lecture de cette chronique, rédigée à dessein, pour fustiger la traque des Ivoiriens qui ont quitté leur pays, avec regret, pour séjourner à Cotonou.

 

Personne, apparemment n’est prêt pour aider les espions et les autorités ivoiriennes à  » convoyer  » les ivoiriens vers les prisons insalubres d’Abidjan et de Korogo. La preuve en est que le sergent IB est resté longtemps ici à Cotonou sans être inquiété. Non pas parce qu’il est intelligent plus que quelqu’un mais parce qu’il est ivoirien.

 

Le Président de la République du Bénin, fidèle à la tradition béninoise ne se mêlera pas des affaires ivoiro-ivoiriennes. Au Bénin, les ivoiriens sont chez eux. Qu’ils transforment la situation de  » refugiés  » en eldorado en se mélangeant à notre sang ! Jamais, l’histoire ne retiendra que les Béninois ont été des traîtres vis-à-vis de leurs frères IVOIRIENS. Ils seront protégés tant qu’ils seront sur le territoire béninois. Gare à eux, s’ils traversent Porga, là ce ne serait plus de notre faute. Le gouvernement ivoirien doit vite aller à la réconciliation en travaillant au lieu de chercher à juger d’illustres inconnus supposés proches de l’ex président Laurent Gbagbo. Il n’est pas juste de solliciter la coopération policière et militaire pour  » convoyer  » des ivoiriens. La police et l’armée du Bénin vont collaborer avec quelle police et armée de Côte d’Ivoire ? Les rebelles en rasta ou les divorcés sociaux ayant appris à tirer avec un langage cabalistiquement mystérieux ?

 

On ne saurait livrer les ivoiriens, ils sont actuellement des Béninois choisis. Il semble qu’Accra et Cotonou sont devenus les deuxième et troisième patries des Ivoiriens.

 

Herbert Houngnibo


 


 

 
Tag(s) : #EDITORIAL

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