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BENIN - Grogne sociale, tension politique, paralysie de l’administration… : «1989» menace Boni Yayi

 

3 février 2014 par richard 

 

 

Grogne sociale persistante, tension politique, violations des libertés, paralysie de l’administration publique…La situation qui prévaut actuellement au Bénin ressemble étrangement à celle de 1988, 1989 qui a fait tomber le régime du «marxisme-léninisme». La même situation menace cette fois-ci Boni Yayi. Elle donnera quoi ?

 

Le Bénin est en train d’entrer tout doucement dans la situation chaotique qu’il avait vécue à la fin des années 80. Une situation qui avait provoqué la chute du régime militaire pour laisser place à l’instauration de la démocratie via la tenue de la Conférence nationale des forces vives de la Nation. Aujourd’hui, les mêmes conditions s’assemblent petit à petit contre le régime Yayi. Pour l’instant, rien ne dit que Boni Yayi va subir le même sort que son célèbre prédécesseur Mathieu Kérékou. Seulement, il y a des craintes. De grands leaders politiques, samedi dernier à Dangbo, ont souhaité que les députés enclenchent la destitution du Chef de l’Etat pour le traduire devant la Haute cour de justice. Ceci parce que le peuple est fatigué de la gestion de Boni Yayi et de ses menaces contre sa propre population. Mais en réalité, c’est que le président de la République est dépassé par les événements. L’administration publique est paralysée depuis quatre semaines. Les Confédérations et Centrales syndicales ont déclenché des mouvements de grève illimités pour réclamer leurs droits et exiger un minimum de respect de la liberté syndicale. La marche réprimée du 27 décembre 2014 est pour les travailleurs la goutte d’eau qui a débordé le vase. Pour d’autres revendications «légitimes», les magistrats, les médecins et les praticiens hospitaliers sont en grève depuis octobre 2013. Les magistrats durcissent leur mouvement à partir de ce lundi 3 février 2014. Les médecins et praticiens hospitaliers enclencheront une opération «hôpitaux morts» le 10 février prochain. Le pays va à la paralysie générale. L’économie nationale, selon des sources, en souffre déjà. Si la situation perdure, la cessation de paiement des salaires pourrait être effective. La grogne sociale se généralise. Les Béninois n’en peuvent plus de vivre la morosité économique, aggravée par les défalcations.

 

 L’étau se resserre autour de Yayi

 

 A la grogne sociale et à la paralysie de l’administration publique s’ajoute le mépris d’une bonne partie de la classe politique à l’encontre de celui qu’elle a plébiscité en 2006. L’opposition dit avoir déjà tourné la page de Boni Yayi. «Boni Yayi est déjà fini», ne cesse-t-elle de répéter. Dans son propre camp politique, Yayi est lâché. Le rejet du projet de budget gestion 2014 par l’Assemblée nationale est un signal fort au Chef de l’Etat. Il ne contrôle plus le Parlement. Sa majorité confortable a étrangement fondu. Yayi n’a plus personne. Comme en février 1989, une lettre pastorale signée des Evêques du Bénin a attiré l’attention du président de la République sur le chaos vers lequel va le Bénin. Mais la réaction du pouvoir en place à l’Episcopat a été cinglante. Tout comme les menaces que le président de la République ne cesse de proférer en direction de certains de ses compatriotes. Yayi ne veut pas voir la réalité en face. Ses ministres non plus. Le dernier communiqué du ministre en charge du travail en dit long. Martial Souton trouve plutôt que c’est parce que les grévistes sont motivés autrement qu’ils persistent dans leur refus de mettre fin au débrayage. Des positions qui ne font qu’empirer la situation. Le Bénin est en train de vivre à nouveau «1989» qui avait conduit à la fin du régime alors en place puis à la conférence nationale des forces vives. Cette fois-ci, à quoi  la situation aboutira-t-elle.

 

 Jean-Marie Sèdolo

Source : La Presse du Jour

 

 

 
 
  
  
Tag(s) : #Politique Béninoise