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28 juillet 2010 

BENIN - Icc-Services vu d’Europe…

Un compatriote d’outre Méditerranée, ému par les conditions inhumaines de recensement des victimes s’était interrogé sur la destination des fichiers et des bases de données des structures de faux placements. Qu’il soit rassuré que son sens de la rationalité n’a rien de décalé ou d’hérétique. Plusieurs Béninois à commencer par les déposants eux-mêmes sont les premiers surpris de devoir subir les affres de cette trouvaille gouvernementale aux relents de punition collective à tous ces naïfs qui se sont faits aussi facilement déplumés par les escrocs. A titre comparatif, d’ailleurs, ces derniers bénéficient de tous les conforts dus à leur rang d’amis des princes. Le régime a même inventé pour eux un traitement spécial sorti de nulle part à savoir la résidence surveillée. Lorsqu’on sait qu’habituellement ces gars habitaient ces mêmes villas cossues entourées de militaires, de gendarmes et de policiers on veut bien savoir ce qui a changé pour eux d’être surveillé ainsi. Ce qui n’est pas le cas de leurs victimes exposées aux dards du soleil le jour et à la fraicheur de juillet la nuit, dans des files sans fin sporadiquement en proie à de gigantesques bousculades.

  

En clair, seul le gouvernement détient le secret du choix des recensements déshumanisants en lieu et place d’une exploitation judicieuse des bases de données des structures de faux placement d’argent. Pour en rajouter à la confusion générale, les supers enquêteurs ont décréter que le recensement doit être étendu aux déposants des structures encore fonctionnelles et qui se disent encore capables de rétrocéder les fonds déposés auprès de leurs agences aux ayant-droit. Ces structures-là au moins disposent de leurs bases de données et ne demandent qu’à les mettre à disposition de qui de droit mais on n’en veut pas. A notre compatriote de l’étranger de recentrer son interrogation sur les raisons pour lesquelles le gouvernement ne veut pas du tout entendre parler de fichiers, de répertoires, de bases de données informatiques ou de registres. A ce propos, les enquêteurs ne font jamais cas des preuves matérielles recueillies au cours de leurs nombreuses perquisitions sans mandat. Parler de ces bases de données revient immanquablement à parler également des sommes en numéraires découvertes dans les bureaux et dans les domiciles des gourous de toile d’escroquerie. Le tabou décrété sur l’un entraine l’omerta sur tout le reste. Les inventaires sommaires ne portent que sur des choses vérifiables par n’importe qu’elle curieux à savoir les avoirs bancaires, l’immobilier, le parc automobile.

 

Cher, compatriote de l’étranger, on peut dire sans risque de s’emmêler les pinceaux que cette fois-ci, l’empirisme, l’amateurisme et l’improvisation sont délibérés et procèdent d’une stratégie savamment élaborée. 8 centres de recensement pour 250 mille victimes potentielles. Le syndicaliste Pascal Todjinou a sa petite idée sur l’aversion du gouvernement vis-à-vis de toute exploitation des bases de données de Icc et consorts et le recours obstiné au recensement sauvage et déshumanisant. Selon lui, le dessein est de minorer au maximum les résultats de l’enquête. Tout le monde a bien compris la petite manœuvre psychologique des conseillers à la présidence qui n’ont de cesse de tancer de probables déposants parmi les ténors de l’opposition. Peut-être que cela les dissuaderait de se déclarer. Pression insidieuse également sur d’éventuels gros déposants à savoir les gestionnaires de grands projets et de sociétés d’Etat introduits au cabinet du chef de l’Etat pour un briefing d’un genre particulier. Le procédé a d’ailleurs produit ses fruits. En effet, sur une première évaluation, le gouvernement lui-même dans sa réponse à la question d’actualité des députés évaluait le désastre à près de 50 à 100 milliards Fcfa. Après une semaine de recensement, les enquêteurs étaient tout fiers d’annoncer que les dégâts peuvent être réévalués à 15 milliard de francs.

Des bases de données n’auraient pas dit mieux…

 

arimi choubadé



Tag(s) : #EDITORIAL

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