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12-10-2011

  

BENIN: L’alibi du pape !

 

 

La venue prochaine du Pape provoque une grosse agitation dans la République en Refondation. On est entré précocement dans l’ambiance papale avec la surexcitation et des élans endiablés livrés à la petite semaine. Nul doute que la visite du souverain pontife relève de l’évènementiel et offre d’excuses à l’inspiration démentielle. En attendant la sainte effervescence populaire à l’arrivée du Saint Père, les ambitions continuent de grimper dans la mare des appétences.

 

18 ans après la dernière visite d’un pape, puisque la présence de Jean Paul II remonte à 1993, Benoît XVI célébrera le jubilé des 150 ans de l’évangélisation en terre du vodoun. Le temps a lui même forgé cet enthousiasme en ascension. Enfin, le Chef de l’Eglise catholique foulera à nouveau le sol béninois. On comprend la mécanique du méli-mélo pour ce troisième voyage du patron du Saint-Siège. Le 03 février 1993, date anniversaire de l’ordination épiscopale du cardinal Gantin, le Pape, pour la deuxième fois, injectait le bonheur par un passage historique chez nous. Le Pape, le successeur lointain de Pierre, guide infaillible sur la terre, fera rayonner l’image du pays le temps d’un séjour béni. Dans Matthieu (16 :18-19), Christ a fait de Pierre le Chef des apôtres et de l’Eglise et lui a donné les clés du Royaume. Il est rendu infaillible lorsqu’il agissait et parlait comme représentant terrestre du Christ. Cette capacité à agir au nom de l’Eglise de manière infaillible en parlant "ex cathedra" a été transmise aux successeurs de Pierre. L’Eglise en hérite un guide infaillible sur la terre. " Quel premier communiant n’a rêvé d’être pape ? " s’interroge François Mitterrand. Rendons gloire à Dieu pour ce choix sublime porté sur le Bénin en refondation, pour la visite du Pape sur le continent noir.

 

Malgré les superlatifs dont bénéficie le visiteur saint, l’excès et le zèle peuvent diluer ou anéantir le bien fondé de ce voyage et dérégler le capital moral qu’il totalise. On utilise le refrain opportuniste d’opération ville propre avec le couplet du nettoyage des rues. Il est vrai que sa sainteté le pape Benoit XVI a besoin d’un environnement propre pour éviter la souillure physique et quitter immaculé, ces lieux locaux habituellement insalubres. Mais la brusque campagne d’hygiène limitée à Cotonou est un péché à confesser à nos prélats après le départ du Pape. L’espoir de rédemption repose sur la volonté de réparer cette faute contre la nature, dans le Bénin profond. Il faut éviter d’abuser de la confiance du Pape. Les sales rues de l’intérieur quémandent, elles aussi, les coups de balai et une opération ville propre. Le code moral divin que symbolisent les dix commandements reçus par Moïse au Sinaï condamne le mensonge. Ces 72 heures exceptionnelles de visite de Benoît XVI suffisent à lui faire découvrir le vrai visage du pays. L’hypocrisie dans l’exhibition de la vitrine Cotonou soumise à un toilettage arrangé anime malheureusement la République des simulacres. On est au point d’orgue de la caricature avec une mise en scène délictueuse.

Ce voyage saint apparait comme du pain bénit pour certains qui s’imaginent de revendications curieuses. Les 72 heures du novembre papal soulèvent déjà la quête de fonds pour la résolution de l’équation de la salubrité urbaine. On parle de dizaines de millions dans la logique du milliard évoqué pour garantir le séjour du pape. Il est impérieux en cette saison catholique de faire les dépenses de millions et du milliard en répétant le septième commandement de Dieu " tu ne voleras pas". La nouvelle loi contre la corruption ajoutée à l’impératif moral religieux devrait éteindre les velléités sataniques car il est question de vivre en prière et de vaincre Satan, l’ange déchu.

 

En cette ère de la refondation, l’arrivée du Pape mettra nos princes à l’épreuve. Le mensonge et le vol au nom du pape, seront sévèrement punis. "Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se repente" (Ezéchiel 33-11). Il reste évident que l’œil d’Abel suivra Caïn malgré la miséricorde de Dieu. Récitons devant le Pape le " Notre Père " et le " Je vous salue Marie" sans la voix menaçante de la conscience du mal. Ce sera aussi le défi à relever durant les 72 heures du séjour du Chef du Vatican, le Saint-Père.



Sulpice O. GBAGUIDI
Fraternité



 
 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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