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7-06-2010

 

Chronique du jour

L’épée des promesses du roi Boni 1er 


Le pouvoir du changement fait face à une revendication contagieuse : les populations réclament la réalisation effective des promesses. A moins d’un an de la présidentielle, la monnaie de singe semble bien le mode de paiement utilisé par le régime cauri. 2011 enfile les fibres de l’imminence et on rappelle au souvenir du prince l’inachevé dans l’exercice des promesses.

Le non respect des engagements enfante colère et indignation dans la république. Ce week-end a encore offert un bouquet de mécontentement sur un palier mouvementé. A Parakou, les propriétaires terriens expropriés réclament leur dédommagement. A l’origine des manifestations, une affaire de promesse non tenue. Le ministre des transports n’a pas eu de résultats concrets quant au dédommagement miroité aux expropriés du site de l’Aéroport de Tourou. Et les populations ont perdu patience. Montée d’adrénaline et déception des sages de Bohicon. Encore une histoire de promesses non tenues malgré la triple descente de Boni Yayi dans cette ville. La retenue d’eau à Lissèzoun dans le cadre d’un projet d’assainissement promis par le ministre de l’habitat de l’urbanisme de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière est toujours dans les vapeurs. Le port sec chanté inlassablement est coincé dans les rêves. L’audience accordée aux Sages à la Marina a juste étoffé l’artificiel. Et les sages plongés dans l’indignation menacent. C’est à l’occasion du retour au bercail Prd d’un nouvel apostat cauri que des conseillers de Sèmè se sont mis en boule contre le chef de l’Etat. Encore une affaire de promesses non tenues. L’insertion des jeunes après la fermeture des carrières, le projet chinois pour l’agriculture, construction d’écoles, le deuxième port du Bénin, l’aéroport promis sont bloqués dans le néant. Autant en emporte le vent. L’honorable Edgar Alia avait, il y a quelques mois, invité les Savalois à constater le vide des promesses faites par Yayi à la ville. La montagne de promesses serait-elle devenue une croix pour le pouvoir du changement ?

 

En ce début de fin de mandat, il est à craindre que le syndrome de levée de bouclier touche plusieurs autres localités où la lune a été promise en fanfare. Le gouvernement rattrapé par les promesses sans limite est sous la menace de l’impasse. On dit que les promesses électorales n’engagent que ceux qui les reçoivent. Mais celles faites par le président en cours de mandat en appellent à sa responsabilité. Conséquence : Yayi ne doit pas se dérober à sa charge. Sans doute que la démagogie est maintenant en butte à la dure réalité du pouvoir et que les wagons de promesses traînent sur les rails de l’imaginaire. Quelles solutions pour le chef de l’Etat devant cette situation de grogne pour cause de promesses non tenues ?

 

L’attitude la plus naturelle est d’arrêter de vendre de nouvelles chimères. La reconversion doit être soutenue par le langage de vérité et l’abandon des chapitres d’illusion. Il est vrai qu’à force d’avoir longtemps gouverné avec l’instrument des promesses, la descente sur terre et l’abonnement au réalisme se font dans l’aveu d’impuissance. Mais l’option de la capitulation sera cruelle. Seule la réalisation, tout au moins en partie, des promesses mettra dans la balance la bonne volonté de Boni Yayi.

La morale assimile la promesse à la dette et se moque le plus souvent des circonstances conjoncturelles qui peuvent pousser à l’impossibilité de sa concrétisation. Les discours trop mielleux répétés lors des tournées dans le Bénin profond sont des couteaux à double tranchant. Maintenant il faut tout assumer. Même dans la douleur.



Sulpice O. GBAGUIDI


Tag(s) : #EDITORIAL

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