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 02/12/2012

 

BENIN : L'HISTOIRE NOUS ACQUITTERA, LA VERITE NOUS AFFRANCHIRA

 

Par Docteur BIAOU Afolabi Amos
  
Je remercie le journal, La Nouvelle Tribune, qui a bien voulu publier mon témoignage dans ses colonnes le 12/11/2012, contribuant ainsi à faire savoir à l'opinion publique la vérité sur la répression sous le PRPB.

 

En publiant mon témoignage, que je maintiens intégralement, j'étais conscient qu'il susciterait deux catégories de réactions : favorable et défavorables. C'est normal car il s'agit de débats publics nécessaires et utiles sur la réalité des répressions subies par le peuple béninois sous le pouvoir du PRPB dirigé par Mathieu KEREKOU. Par ces débats le peuple comprendra que c'est cette réalité qui fonde le combat actuel contre l'immortalisation de Kérékou, l'ordonnateur et premier bénéficiaire de ces répressions . Il ne faut pas les fuir puisque des vrais ou faux témoignages qui seront portés sur cette période de l'Histoire du Bénin dépendra en partie l'avenir de ce pays. Nous sommes en effet à un tournant de notre Histoire où par la vérité et le mensonge qui seront dits le peuple béninois distinguera ceux qui sont ses alliés de ceux qui sont alliés des hommes et femmes qui l'exploitent et l'oppriment.

 
C'est pourquoi je remercie ceux qui ont enrichi mon témoignage en rapportant les leurs pour rétablir la vérité. Je leur dis : bravo! Qu'ils ne baissent pas les bras et que leur nombre croisse. Vous qui n'avez pas encore témoigné, faites le publiquement, courageusement. Il est plus que jamais grand temps d'aller à l'offensive contre les mensonges. C'est une arme contre les tortionnaires pour les réduire au silence et les mettre hors d'état de nuire à nouveau. Le silence est leur prison qu'ils méritent. Et leur conscience y sera face à leurs crimes tout le restant de leur vie.

 
Il faut dire la vérité contre les calomnies dont nous avons été couverts dans le sale dessein de nous diaboliser et de nous discréditer. Parler, c'est un remède qui libère des conséquences destructrices des traumatismes subis encore enfouies dans le subconscient.

 
 
De l'audace, encore de l'audace, toujours plus d'audace, et le mensonge sera vaincu pour avancer sur la voie d'une société de vérité, de justice, de paix et de progrès. Alors l'Histoire nous acquittera, la vérité nous affranchira.


C'est pourquoi aussi je remercie les autres dont les réactions sont défavorables à mon témoignage. Mais je déplore leur manque de courage, leur lâcheté en écrivant sous des pseudonymes (Arnaud, Dagustagor Fofana). J'ai signé nommément mon témoignage. D'autres victimes de la répression de Kérékou qui sont nommément connues ont publiquement porté aussi leurs témoignages au Bénin à visage découvert au cours de leurs manifestations. Messieurs "Arnaud" et "Fofana" ayez le courage de les démentir sans vous cacher derrière de faux noms si vous en êtes capables, alors le peuple saura à qui il a affaire. Quittez votre anonymat.

 

Sinistre important à noter : dans la nuit du 7 au 8 mars 1978, le plafond d'un bâtiment d'hospitalisation du service de médecine où je travaillais à l'hôpital de Porto-Novo s'était écroulé sur les malades en plein sommeil, à cause du poids excessif de la fiente de chauve-souris mouillée par l'eau de pluie tombée sur la ville et infiltrée par le toit troué à plusieurs endroits. Certains malades qui en avaient la force étaient rentrés chez eux pleins d'amertume, sans demander leur reste. Nous avions réparti les autres ailleurs en serrant les lits, puis fermé le bâtiment sinistré. Malgré le message d'alerte du directeur de l'hôpital envoyé au gouvernement tôt le matin du 8/3/78, celui-ci avait attendu une semaine avant de se manifester. Jeune médecin récemment entré en fonction avant ce sinistre, j'en étais psychologiquement très choqué. La question s'était alors posée à moi de savoir s'il fallait rester travailler dans ces mauvaises conditions ou repartir à l'étranger. J'y avais répondu comme suit : le Bénin c'est mon pays, j'y suis, j'y reste pour me battre dans l'intérêt du peuple.


La dégradation de l'hôpital s'aggravait, occasionnant de plus en plus de morts évitables si les bonnes conditions (locaux, moyens de travail) étaient réunies. La grève des médecins et pharmaciens en 1980 était une cessation partielle et temporaire du travail car nous avions assuré les soins d'urgences dans tous les services de jour comme de nuit durant ce mouvement. Nous n'avions donc pas abandonné les malades dont le pronostic vital était grave. Notre grève faisait suite au long silence du gouvernement après nos lettres d'appel au secours adressées au ministre de la santé qui était à la fois dirigeant de l'UNSTB (syndicat à la remorque du PRPB) et membre du Comité Central du PRPB. Le chef du service ORL, aussi membre du Comité Central du PRPB et dirigeant de l'UNSTB, était signataire de la lettre concernant son service mais n'avait pas participé à la grève puisqu'en réalité il ne travaillait plus à l'hôpital. Notre grève avait obligé le pouvoir à bouger en envoyant nous rencontrer le ministre de la santé, puis Monsieur VILON GUEZO Romain, membre du bureau politique du PRPB, président de l'Assemblée NR, président de l'UNSTB. Nous avions demandé et obtenu le respect de notre préalable à toute discussion avec eux : visiter tout l'hôpital avec eux pour qu'ils réalisent de leurs propres yeux nos conditions catastrophiques de travail. Résultat : bien qu'ayant reconnu la situation préoccupante le ministre de la santé tenta de nous intimider en déclarant : "on m'a donné un nom". Echec et mat! La grève avait continué. Face aux réalités poignantes Monsieur VILON n'avait pu s'empêcher de déclarer à l'issue de sa visite : "Il faut parer au plus pressé car l'hôpital de Porto-Novo n'en est plus un, il faut le raser". C'était au fond un aveu d'échec du pouvoir en place.

 

Ces faits interpellent ils votre conscience messieurs "Arnaud" et "Fofana"?

 

C'était donc sous la pression de notre mouvement de grève que l'hôpital de Porto-Novo fut réfectionné, avec en partie des fonds de donateurs privés, notamment des riches hommes et femmes d'affaires de Porto-Novo (El-Hadj......). Le gouvernement a passé des années sans agir bien que, selon nos informations, de l'argent fut mis à disposition chaque année par le Fonds Européen de Développement (FED) spécialement pour cette réfection. Mais nous ne savions pas où passait cet argent. Il avait fallu notre grève pour mettre à nu la politique antisociale du pouvoir avant qu'il bougeât. Le vrai responsable des morts c'était donc le pouvoir du PRPB et non les médecins et pharmaciens qui avaient observé un mouvement de grève dans la dignité.

 

Alors messieurs les détracteurs des médecins, sachez qu'ils connaissent mieux que vous la valeur et le sens du serment d'Hippocrate qu'ils ont prêté. C'était justement parce qu'ils en avaient une clairvoyante conscience qu'ils s'étaient engagés dans leur action de grève pour mieux soigner leurs patients. L'enjeu, c'était la vie humaine. Ils n'avaient formulé aucune revendication d'ordre financier ou matériel à leur profit personnel. Ils n'ont donc aucune leçon de conscience professionnelle à recevoir des gens comme vous qui ne savez pas la valeur de la vie humaine qui était l'enjeu en cause.


Je rends un hommage mérité à la bravoure et à l'esprit d'abnégation de tous les médecins et pharmaciens qui ont participé à cette grève victorieuse de 1980 à l'hôpital de Porto-Novo, d'autant plus qu'ils avaient pris un grand risque quand on sait la dictature qui écrasait encore les travailleurs au Bénin en cette période. Je m'incline devant la mémoire de ceux d'entre eux qui sont déjà morts aujourd'hui.

Monsieur "Dagustagor Fofana", en homme responsable vous parleriez à visage découvert et indiqueriez les articles de loi béninoise contre lesquels selon vous les victimes de la répression de Kérékou auraient commis des infractions pour que vous vous permettiez de les traiter de "délinquants". Je vous défie d'y parvenir. Avec légèreté vous affirmez que "Adrien H. Emile Derlin Z" sont les commanditaires des actions menées par les démocrates et communistes victimes de la répression de Kérékou. Voilà qui démontre que vous ne savez ni le sens des sacrifices auxquels ont consenti ces démocrates et communistes, ni la genèse des libertés dont vous jouissez aujourd'hui. Elles ne sont nullement une grâce accordée par Kérékou. Ce sont des acquis précieux de lutte du peuple béninois. Il vaut mieux pour vous de vous taire que de vous ridiculiser.


Monsieur "Arnaud", vous déclarez connaitre d'Almeida Didier. Et alors? Prouvez-vous ainsi que mon témoignage est faux? Prétentieux que vous êtes, vous dites savoir de quoi vous parlez tout simplement parce que vous connaitriez Didier. Votre prétendu argument est nul pour quelqu'un qui se dit intellectuel de niveau universitaire. Chose encore scandaleuse, vous déclarez : "J'ai milité au sein du PCB et distribué des tracts pendant six ans". Pour avoir été membre du PCB je puis vous affirmer que vous ne reflétez pas du tout l'image d'un ancien militant de ce parti politique. En effet, qui a vraiment milité avec conviction au PCB pendant six ans, en sort avec une conscience politique appréciable tout en gardant une dignité humaine respectable. Mais dans votre cas on est porté à croire que pendant six ans vous étiez plutôt un agent de renseignements, un indicateur à la solde du PRPB, infiltré au sein du PCB. Si vous contestez avoir joué ce rôle ignoble, démasquez-vous en publiant votre identité complète pour que ceux qui vous auraient côtoyé au PCB disent ce qu'ils pensent de vous. C'est un défi à relever que je vous lance. Si vous ne le relevez pas vous confirmerez ainsi que vous étiez assurément un vrai délateur au sein du PCB pour le compte du PRPB.

Monsieur "Arnaud", mon témoignage porte sur des faits précis survenus à des dates précises, particulièrement ma déportation et celle de deux enseignants de l'UNB au nord du Bénin en 1979. L'irrégularité de la décision d'AZONHIHO à notre encontre et les ordres coercitifs qui l'accompagnaient lui confèrent indéniablement son caractère répressif : inexistence de titres d'affectation en bonne et due forme; délai impératif pour rejoindre dare-dare les lieux de déportation; interdiction de sortir des districts sans l'autorisation d'AZONHIHO; filatures policières à nos trousses notamment au sud du Bénin; rapports réguliers de surveillance policière spécialement exigés des chefs de districts sur nous; inexistence à Ségbana en 1979 de poste de médecin conforme aux textes en vigueur; c'était plutôt un poste d'infirmier; le personnel et la population étaient surpris de me voir arriver; aucun médecin n'y était affecté pour me remplacer quand j'en partais en 1980.


Mais malgré les obstacles dressés sur notre chemin, nous avions pu nous retrouver, signer et adresser en 1979 une lettre ouverte commune de protestation à AZONHIHO pour réclamer la levée de ses mesures répressives contre nous. Je reste fier de nous.
Dire que les deux enseignants ont exercé plus tard de hautes fonctions au niveau de l'Etat ne dément en rien mon témoignage. Vous êtes hors sujet et hors époque monsieur "Arnaud". Car je témoigne de répressions subies de 1979 à 1980, mais vous bondissez sur des fonctions d'Etat exercées des années plus tard. Pour en convaincre qui, et de quoi? Méditez vos arguments avant d'écrire ou de parler.

Merci de tout cœur à ceux qui ont dit de pardonner en faisant référence à Dieu. J'en suis heureux. Je l'ai déjà fait car je n'ai jamais cherché à faire un quelconque mal à aucun de mes tortionnaires, et je ne poursuis pas le but de les faire souffrir en publiant mon témoignage. Je me suis tu durant des années mais ce sont eux qui m'ont sorti de mon silence par leur détermination à immortaliser le bourreau du peuple béninois, Mathieu KEREKOU. Pour moi donc, pardonner c'est renoncer à se venger, c'est ne pas rendre le mal pour le mal car la vengeance de l'homme appelle la vengeance de l'homme. A vouloir se venger on ne sort pas du cercle pernicieux du mal mais on le perpétue. A Dieu la vengeance.


Chose capitale à noter, la Bible nous enseigne par la voix de l'apôtre Paul que Dieu lui-même a commandé de dire la vérité et de pratiquer la justice : " Tenez ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice;" Ephésiens ch. 6, v. 14.


Dieu est appelé avec raison dans la bible, le Dieu de vérité et de justice.
C'est vrai, David a fait tuer Urie (crime de sang) en l'envoyant au front de guerre le plus violent après avoir commis l'adultère avec la femme de cet homme qui était son soldat. Mais il a été dénoncé par le prophète Nathan (lire dans 2 Samuel ch. 11 et 12). David n'a pas exigé le pardon de Dieu avant de reconnaitre son péché, contrairement à Kérékou qui a obtenu la garantie de son immunité, accordée par ses amis avec qui il partage les mêmes intérêts de classe sociale, avant d'accepter la souveraineté de la Conférence Nationale de 1990.


Le prophète Amos a dénoncé la vie luxueuse et l'égoïsme des riches; Dieu a condamné cette conduite des riches : lire Amos ch. 6. Dans la bible traduite par Louis Segond, éditions Vida, page 953 il est écrit à son propos : "Il dénonce la violation des droits de l'homme et de la personnalité (Amos 2.6), et la détérioration de la moralité et de la justice sociale (Amos 2.7,8)... Le message d'Amos est en grande partie un cri pour la justice ". Et le Nouveau Dictionnaire Biblique (éditions Emmaüs) en page 67 confirme : "C'est un homme simple, mais courageux qui n'a pas peur de dénoncer les péchés des grands et du roi lui-même (Amos 7.10-17) ne reculant pas devant leurs menaces (Amos 7.12).


C'est aussi vrai que Saul de Tarse a persécuté les chrétiens avant de se convertir pour devenir l'apôtre Paul. Mais après sa conversion il n'a pas cherché à être couronné par des hommes aux mépris de ses victimes quand il était encore Saul de Tarse.


Le Pasteur noir américain Martin Luther King, homme de Dieu, a dénoncé et combattu la ségrégation raciale aux Etats Unis d'Amérique. Il fut lâchement assassiné. L'Archevêque Desmond TUTU, homme de Dieu, a aussi dénoncé et combattu l'apartheid en Afrique du Sud.


Dira-t-on que Nathan, Amos et Martin Luther King n'avaient pas un cœur qui pardonne, et avaient agi contre la volonté de Dieu parce qu'ils avaient dénoncé crime et injustice sociale? NON. Dira-t-on la même chose de Desmond TUTU à cause de son engagement aux côtés de l'ANC de Nelson MANDELA? NON.
Alors, si Dieu a dit de pardonner il n'a pas interdit les dénonciations des crimes et des injustices.


Je ne suis ni prophète, ni Pasteur, ni Archevêque. Mais les exemples éloquents et édifiants de ces hommes de Dieu sont des sources d'inspiration et d'encouragement dans la lutte contre l'injustice sociale et pour le respect des droits de l'homme.


Mon témoignage est-il opposé à l'enseignement biblique? Je ne le pense pas. Il lui est plutôt conforme. C'est une participation aux dénonciations des tortionnaires qui ont agi sous la houlette de Kérékou.


Je ne réclame la tête d'aucun tortionnaire. Je ne demande pas de les torturer comme ils en ont fait souffrir à leurs victimes. Les torturer, c'est leur faire trop d'honneur. En tout état de cause je ne souillerai pas mes mains de crimes. Mais par devoir de mémoire il faut dévoiler et désapprouver les crimes de sang, les crimes politiques et économiques, les donneurs d'ordres et exécutants de ces crimes, afin de prévenir, éviter le retour de la dictature à l'avenir au Bénin. C'est une action à valeur et à vocation pédagogiques pour tous, en particulier pour les jeunes générations actuelles et celles à venir. C'est un noble combat qui participe de la paix au Bénin. Voilà le sens profond et le but de mon témoignage.

Kérékou revenu au pouvoir en 1996 aurait changé!!! Evidemment le rapport des forces en présence en 1996, tant au plan national qu'international, n'était plus en sa faveur comme auparavant pour qu'il se remît à emprisonner les béninois à tour de bras. En politique le rapport des forces est un facteur incontournable et déterminant pour l'action. C'est pourquoi malgré lui Kérékou était obligé et avait donc intérêt à ne plus réprimer le peuple. C'est aussi simple que cela à comprendre. Mais les crimes économiques, le pillage des richesses du pays ont continué durant ses dix dernières années de pouvoir comme de 1972 à 1991. Pour preuves, la faillite totale de l'économie et ses conséquences néfastes inévitables que sont la paupérisation des populations, la misère, la cherté de la vie, les caisses de l'Etat vidées, et j'en passe. Kérékou nous dira-t-il qu'il n'a aucune responsabilité dans les malversations commises sous ses mandats? Peut-il justifier comment sous son autorité les sociétés d'Etat (SONICOG, IBETEX, SSS, SCO, SONACOP........) sont tombées en faillite et comment certaines ont été bradées à des privés dans un flou qui a coupé le souffle au peuple?


Pour son honneur il lui revient d'assumer les mauvaises gestions économiques de ses amis au lieu de fuir ses responsabilités en ironisant : "qui a perdu son argent" disait-il. Pourtant l'honnêteté et l'humilité qu'il devrait avoir mais qu'il n'a pas eues sont des valeurs morales qui distinguent les hommes d'Etat ayant une grandeur d'âme.


Je rappelle à ceux qui ont bien voulu parler de Dieu : la bible nous apprend qu'après avoir créé l'homme et la femme Dieu les a rendus féconds, puis il leur a dit de se multiplier; il leur a donné le pouvoir d'assujettir (soumettre) la terre, de dominer sur les poissons, les oiseaux et les animaux; il leur a aussi donné pour nourriture toute herbe porteuse de semence et tout arbre fruitier porteur de semence (Genèse 1.28,29). Mais Dieu n'a pas dit qu'une poignée d'hommes assujettisse et domine les autres (la majorité), pille les richesses de la terre à leur profit au détriment du plus grand nombre. Or Kérékou et ses amis ont fait le contraire de ce que Dieu a dit durant ses passages au pouvoir, en particulier pendant ses dix dernières années où on a endormi le peuple en lui rabâchant que cet homme a changé, qu'il suivrait Dieu. Un vrai homme de Dieu se range-t-il du côté des pilleurs des richesses de son pays en laissant son peuple dans la désolation totale comme Kérékou l'a fait en quittant le pouvoir, de façon formelle seulement, en 2006? Un vrai homme de Dieu cherche-t-il à être immunisé par ses amis quand il est conscient qu'il a commis des crimes?

 

Cherche-t-il à être sacré par des hommes malgré ses crimes? Kérékou reste toujours égal à lui-même : il a embrassé le marxisme-léninisme pour mieux l'étouffer, tout comme il a crié le nom de Dieu pour tromper les béninois et désobéir sans être inquiété aux commandements divins. C'est un homme rusé qui a su rouler les béninois dans la farine pendant pratiquement trois décennies pour servir ses intérêts égoïstes. Le peuple béninois se souviendra des conditions d'existence difficiles dans lesquelles Kérékou l'a plongé et laissé en partant du pouvoir en 2006. C'est à juste titre que le PCB l'a qualifié de "calamité nationale". Et c'est ce même Kérékou que, pour leurs intérêts égoïstes, certains béninois sans scrupule veulent consacrer homme exemplaire à suivre! Lui aussi y consent alors qu'il aurait pu refuser par honnêteté et humilité. Mais Kérékou continue ses ruses par le biais du SNDB (Service National de Développement du Bénin). Il est de notoriété publique que même un tout petit enfant refuse de prendre la nourriture donnée par sa mère quand il n'en veut pas. Il bouge sa tête dans tous les sens pour manifester son refus. Mais Kérékou manifeste qu'il est intéressé par son sacre planifié.

EPILOGUE :


La grève des étudiants de l'UNB en 1979, celle des médecins et pharmaciens de l'hôpital de Porto-Novo en 1980 et la nouvelle grève estudiantine de 1985 étaient des coups de tonnerre dans le ciel serein du pouvoir autocratique de Kérékou qui avait mis le peuple béninois à genoux. C'étaient les germes des manifestations populaires de 1989 qui ont porté le coup fatal à son régime ignoble.
Mais aujourd'hui Kérékou absent virtuellement du pouvoir tente de refaire surface par toute porte possible, en l'occurrence par le SNDB.


A l'analyse le SNDB est un rassemblement de loups vêtus de peau d'agneau. Je les remercie infiniment d'avoir commis l'erreur politique de vouloir immortaliser Kérékou, nous montrant ainsi que nous avions eu tort de nous taire sur les crimes commis sous ce dictateur. La leçon est bien comprise de nous.


Mesdames et messieurs les encenseurs de Kérékou, avez-vous conscience des troubles de santé importants et variés que peuvent engendrer les tortures dans l'être profond de ceux qui les ont subies? Avez-vous conscience de la gravité des préjudices physiques et psychologiques subis par les victimes des répressions sous le PRPB? En avez-vous pris la juste mesure avant de vous lever pour honorer le chef des tortionnaires? Avez-vous conscience que par vos actes vous perdurez les souffrances des victimes, alors que sous d'autres cieux on fait bénéficier d'un soutien psychologique les victimes de traumatismes pour préserver leur état de santé? Ce faisant pensez-vous être des parents exemplaires pour vos enfants? Est-ce l'héritage que vous voulez leur léguer? Quel cœur avez-vous? Avez-vous pensé aux regards qu'auront sur vous les enfants, familles et amis des victimes? Je me souviens encore de ce père de famille qui pendant son incarcération injustifiée et prolongée au camp Séro Kpéra de Parakou pleurait souvent comme un enfant, sans motif apparent, tout en tenant des propos incohérents. C'étaient les manifestations visibles de ses souffrances intérieures invisibles à l'œil. Ses troubles de santé étaient d'ordre psychiatrique. Voilà l'œuvre de vos idoles bourreaux du peuple. Vous interpelle-t-elle? Et votre conscience vous interpelle-t-elle quand vous allez dans les églises ou dans les mosquées?


En tout état de cause sachez et retenez que vous serez tenus pour responsables devant l'Histoire des conséquences de votre légèreté à vouloir couronner Kérékou coûte que coûte.


Un peuple qui veut progresser ne marche pas à contrecourant de l'Histoire. Il avance plutôt dans son sens. On ne fait pas l'apologie de la méchanceté ou du crime quand on veut être en phase avec l'Histoire. Auréoler un despote c'est préparer le terrain fertile à l'apparition de nouveaux tyrans. Or aujourd'hui le devoir de mémoire commande d'identifier et de dénoncer publiquement les hommes et femmes qui incarnent les tortures sous le PRPB. Décorer un dictateur c'est de l'injustice planifiée contre ses victimes. C'est leur demander de venir désormais se prosterner devant les monuments qui seront érigés à la gloire de celui qui les a fait souffrir. C'est aussi remuer le couteau dans leur plaie : souffrances psycho-sociales. Je sais de quoi je parle. Rendre hommage à un putschiste et dictateur c'est enseigner que le coup d'Etat, militaire ou constitutionnel, et la tyrannie sont des modèles, de bons exemples à perpétuer. Or ce ne sont pas de bons repères à conseiller à nos enfants, aux jeunes et aux futures générations.

Pardonner, oui, mais pas de décoration pour les tortionnaires et leur chef car ils ne méritent pas un tel honneur réservé à des hommes et femmes qui respectent la vie humaine, les droits humains et les richesses économiques du Bénin.


Alors, béninoises et béninois épris de démocratie véritable et de paix, où que vous soyez dans ce monde, veillez en permanence pour combattre politiquement du tac au tac les loups du SNDB et leurs alliés afin qu'ils ne nous dévorent pas.


C'est un avertissement pour les apprentis putschistes et apprentis dictateurs où qu'ils soient.


La victoire est au bout de notre mobilisation.


PLUS JAMAIS DE DICTATEUR AU POUVOIR AU BENIN.



Docteur BIAOU Afolabi Amos

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