Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

En toute sincérité

  

BENIN: L’inévitable candidature du roi Boni 1er

 

 

Pour le scrutin du 27 février, le président sortant est dans le starting-block. Boni Yayi annonce sa candidature samedi. Comme en 2006, pour la course à la succession du Général Kérékou, il descend dans l’arène. Cette fois, l’enjeu n’est plus la conquête du pouvoir mais sa conservation. Exposé aux canons et missiles de l’opposition, le Chef de l’Etat opposera sa lourde artillerie pour sauver son fauteuil. L’imminente bataille de la Marina colporte ses chaudes évidences dans les effluves des commérages de fin de mandat.

 

Depuis l’avènement du renouveau démocratique, tous les présidents sortants ont cédé à l’obsession du renouvellement de mandat. Si l’envie de Soglo s’est noyée dans la rivière de l’échec, celle de Kérékou a pris l’ascenseur du succès. Boni Yayi a naturellement de l’appétit. Il s’est forgé une ampleur et une dimension héritées de sa victoire éclatante sur une classe politique en état de déchirement. La candidature de Yayi, président sortant, est forcément une candidature à cinq étoiles amplifiée par l’effet de la stratégie de candidature suscitée, utilisée par le camp cauri. Cette méthode politique n’est pas une invention du yayisme. Soglo et Kérékou en avaient fait un mode d’emploi lors de leur duel au sommet qui a duré une décennie. Seule nouveauté à l’ère du changement : le recours à des prosopopées combinées à une dose de métaphysique. Dieu et Jésus seraient des militants cauris qui ont eux aussi suscité la candidature du leader réticent. Il est à craindre que le diable s’inspire du mouvement et demande à Yayi d’être candidat. Au delà du folklore de quelques zélés, et du licol de l’excès au cou de pitres, il est inimaginable une absence de Boni Yayi à la présidentielle de 2011. Le score du candidat du changement, 35% au premier tour et 75% en finale, les résultats cauris aux élections législatives et communales, son bilan, marque de fabrique du forum, le populisme du mandat, suscitent sa candidature et l’invitent à un test crucial de popularité le 27 février.

 

Sans fondre dans une prophétie politique, il ne fait l’ombre d’aucun doute que le meeting du Chef de l’Etat provoquera d’emblée un volcan d’enthousiasme et l’annonce de sa candidature, la folie des foules. La décision de Yayi marquera à coup sûr un tournant dans la campagne électorale. Me Adrien Houngbédji, candidat unique de l’Union fait la nation (UN), avait déjà annoncé les couleurs le 18 décembre 2010. Abt a démontré qu’il n’avait pas besoin d’un brin de suspense en libérant ses supporters. Avec l’entrée en scène de Yayi, la campagne va se donner de l’allure. L’alléchante affiche Yayi-Houngbédji-Tchané prendra l’étoffe de l’officiel sous la couture de la réalité. Le choc des Grands peut battre le record des audiences. Les curiosités s’en remettront aux prévisions de la météo politique locale en saison électorale.

Le géant meeting du président candidat livrera ses secrets samedi. Le bilan est censé prendre son statut de levier. En de pareilles occasions, il est associé au miroir des projets. Le dédoublement de Yayi viendra solder les comptes de l’ambition suprême. Yayi président doit collaborer avec Yayi candidat pour que le candidat reconduise le président. Il est certain que le président sera au service du candidat pour sauver Yayi.

 

A la vérité, l’intérêt du rendez-vous yayiste de samedi tient plus au projet de société du candidat qu’au bilan du président. Le forum gouvernemental de fin de mandat a achevé de faire l’éloge du bilan. Le pouvoir du changement est rattaché au passé par ce bilan et à l’avenir par le projet. L’un peut valoriser l’autre et le tout pour assurer l’essentiel.

 

Reste que la candidature de Yayi est redoutable. La campagne électorale détient une des clés du baromètre. Le dernier mot reviendra au peuple, seul électeur. Il y aura une levée en masse dans l’isoloir pour sanctionner ou récompenser le président sortant. C’est la seule certitude.



27-01-2011, Sulpice O. GBAGUIDI



 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

Partager cet article

Repost 0