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03/07/2013

  

  

BENIN - L’obsession de la révision: Ce sera suicidaire de toucher à la Constitution sous l’ère Yayi.

 

 

Sur son trône, le roi  Boni Yayi  boucle son projet de révision de la Constitution.  Pour battre le record de longévité au pouvoir, sa Majesté  érige  la révision en priorité et  active  dans les souterrains cauris la machine  parlementaire confiée à  Mathurin Nago.  L’affaire semble conclue avec des complicités dans la boue politicienne. Le président de l’Assemblée nationale a pris le raccourci épistolaire pour défricher le terrain et  entamer  l’œuvre malsaine. Le plan du roi fonctionne à merveille. Traumatisé par 2016 et l’inexorable fin de mandat, Yayi  s’accroche au dangereux levier de la  révision. 

 

Contre vents et marées, Yayi avance dans sa logique impopulaire. Nago se charge de vanter l’utilité et le caractère non opportuniste du monstre de la révision. L’entreprise se déroulera à coup sûr à marche forcée dans l’ambiance dictatoriale du yayisme  qui va ouvrir la voie de la perversion. Comme la lépi de Bako, vecteur du mal du K.O et de la gouvernance chaotique, la révision malsaine accouchera du Léviathan, le poison  de la démocratie. L’obsession de la révision  porte en elle-même les germes de toutes les incertitudes. Le pouvoir de la refondation joue visiblement dans le jardin de ses faux semblants avec le terreau de la ruse.

 

Le yayisme vermoulu  vante les vertus de la révision  et en proclame l’urgence. Les valets  du régime  et  des supporters  rémunérés  portent  sans scrupule le projet de la honte livrant dans la démesure des  arguments souillés, fruits de leur esprit  de caniveau.  Cette révision  maculée  de fiente  de la dictature n’est ni vertueuse ni  urgente. Elle est plutôt vicieuse  et opportuniste. Par essence, la piteuse modification  donnera  du souffle  au roi  emporté par  le  flot du temps  qui épuise  son ultime mandat.  Yayi invente l’urgence de la révision  et y glisse l’opportunisme dévastateur alors que la foule cauri manipulée  s’empêtre dans un défoulement  toxique. Les marches des révisionnistes  leur offrent l’occasion de laisser sur l’asphalte les déchets de l’inconscience. Si la révision était innocente, elle n’aurait pas besoin de la rue pour vivre et susciter l’adhésion  d’un peuple  martyrisé par le pouvoir  du K.O.

 

L’exploit trompe-l’œil du K.O a gonflé les ambitions du roi Yayi au point  d’injecter dans ses veines cette espèce de bouillon qui provoque une vision   erronée du salut national. Avec la révision érigée en condition  sine qua non du bonheur et le tapage politicien, on n’est plus à l’abri du tumulte social.  Ce sera suicidaire de toucher à la Constitution sous l’ère Yayi. La naissance d’une nouvelle République est une menace que fortifient  les  dangereuses velléités  du camp cauri. Le non respect de la parole donnée, vecteur du mal,  reste la pratique la plus handicapante pour Yayi  dont la crédibilité  devient  le principal enjeu  de la bataille pour la révision de la Constitution. Le vrai problème est ce lourd passif trainé par le roi qui détient la palme d’or  dans cet exercice.  Avec le  cortège de reculade et de volte-face sur fond d’affreuse démagogie, le héros controversé du K.O a pulvérisé le record de fausses promesses et hissé la défiance  au sommet du mât.  

Dans les débris de la refondation, le roi fait respirer à la nation la vaine illusion. Les paroles mielleuses devant l’ancien pape Benoit XVI et Barack Obama  ont étoffé la gouvernance des simulacres. Le recours au discours anesthésique confine sa Majesté dans ses nuages et expose  le peuple à la plus grande duperie de l’histoire.

 

2016 augmente le volume des fantasmes  politiques  de la bande cauri obsédée par la révision de la loi fondamentale génitrice de la démocratie. L’aveugle fascination du pouvoir a tout déréglé et provoqué la fièvre de la révision. On n’est  proche de « l’explosif effroyable » dont parle Nietzsche.  L’ardent désir de réviser pour exister  demeure le potentiel péril que  traîne  le roi.

Moins de palabres tendancieuses, une bonne dose de lucidité et d’initiatives à charge consensuelle, la démocratie vantée mérite mieux que l’instinct du forcing et le déboulé révisionniste astucieux. Sur la route de la révision, on espère le vrai réveil du patriotisme susceptible d’éteindre les velléités préjudiciables à la paix. Debout comme un seul homme, le peuple opposera son veto  aux bourreaux de la Constitution et se chargera légitimement du sort du  roi.

 

Sulpice Oscar Gbaguidi

http://www.notrebenin.com/?section=18

 
 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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