Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

04 août 2010 

BENIN: L’ouragan Icc sur la radio mondiale…

 

L’intouchable Rfi n’a pas échappé à la fatwa du docteur-président au sujet de Icc-Services. Sujet décrété tabou pour toute personne fut-il la radio mondiale, chasse gardée du Quai d’Orsay pourtant réduite au silence le mardi 03 aout 2010 sur l’ensemble de son réseau en bande Fm sur le territoire béninois durant plusieurs heures. Les résidents au Bénin ne devaient pas suivre cette énième déblatération sur le régime Yayi proposée par Emmanuelle Bastid sur son émission « Appels sur l’actualité ». Les gens ayant perdu les vieux réflexes des bonnes vieilles ondes courtes, les émergents étaient sûrs de réduire l’audience de ce débat au moins sur son territoire national. Le prince à décider de préserver ses sujets des commentaires désobligeants qui pourraient ébranler leur foi en l’avènement d’un Changement véritable, d’une émergence économique et d’un taux de croissance à deux chiffres. Même s’il faut passer par un acte de piratage des relais en bande Fm d’une radio internationale.

  

La grande France s’émeut de cette minime égratignure sur sa Rfi chérie au point de dépêchée son ambassadeur en poste à Cotonou auprès du docteur-président. On n’est plus loin de l’affaire d’Etat. Pourtant, depuis le début, la Marina n’a jamais fait mystère de sa ligne de base face à cette affaire de faux placements d’argent : personne ne doit en connaitre s’il n’est émergent. D’abord pas les juges mis à l’écart pendant que les gardes de la présidence procèdent à des interrogatoires, à des perquisitions, à des arrestations et à des saisies dites conservatoires. Le gouvernement seul a le droit de s’approprier de tous les éléments du dossier à commencer par les preuves et les pièces à conviction bien que certains de ses membres soient réputés pour être des copains de marches de soutien et de meeting financés par les gourous escrocs. Trois organes inédits sont sortis de la magique besace du justicier autoproclamé : un comité de crise, un comité de suivi et une commission judiciaire.

 

Interdiction ensuite aux médias par acte de conseil des ministres sous forme de mis en garde contre une certaine couverture de l’affaire. Interdiction au parlement d’en faire son choux gras parce que l’affaire serait pendante devant la justice. Interdiction enfin à la classe politique d’en piper mot. Houngbédji en fait les frais en échappant à une arrestation juste au lendemain d’une déclaration sur le sujet. Une déclaration du reste ostracisée sur toutes les chaines de télévision de Cotonou. Le même Houngbédji s’est vu interdit de tournée dans les départements du Zou et des Collines par un préfet en manque de notoriété. Même les spoliés victimes de la gloutonnerie ambiante au sommet de l’Etat ont été interdits de s’associer et de s’organiser ; un communiqué de presse gouvernemental les mettait en garde contre toute initiative parallèle aux opérations de recensement organisées par le gouvernement. Le musicien Tiken Jah Facolly aurait certainement parlé de Yayicrature.

 

Subsistait néanmoins une faille de taille à travers ces radios totalement indépendantes faciles à capter et à audience internationale que sont principalement Rfi et Bbc. La première n’arrête d’ailleurs pas de multiplier les zooms sur les malfaisances de Icc-Services au Bénin. La radio mondiale, très friande de croustillances anecdotiques liées à la gouvernance en Afrique francophone ne pouvait pas louper cette grosse machine à scandale qui a causé le limogeage et la détention provisoire d’un ministre de l’Intérieur, l’emprisonnement d’un procureur général près la cour d’appel, l’incarcération d’un cousin du chef de l’Etat et la demande de jugement du chef de l’Etat lui-même formulée par 50 députés sur 83 que prévoit la Haute cour de justice. Mais les émergents exigent des inquisiteurs d’aller voir ailleurs.

 

Reste à savoir si Rfi retiendra l’avertissement…

 

arimi choubadé



 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

Partager cet article

Repost 0