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 28/01/2013

 

 

BENIN :La Béninoiserie, un concept cristallisant les élans les plus pervertis du Béninois

 

 

Dans les débats et dans les discussions les plus ordinaires, est souvent utilisé un mot pour mettre en exergue les caractéristiques idiosyncratiques indiquant la face négative et les profondeurs abyssales et noires du Béninois : c’est la Béninoiserie.

 

Si l’on devait se permettre d’embrayer avec une entreprise de description classifiée des caractéristiques idiosyncratiques du Béninois, l’on ne saurait se passer d’une catégorie de traits caractériels qui pourrait avoir comme intitulé : La Béninoiserie. Surtout ne perdez pas votre temps à rechercher l’introuvable dans les dictionnaires de la langue française. C’est là un mot propre au Bénin, créé par les Béninois pour caricaturer la face nocive de leur société dont les réalités sont comme on ne peut l’imaginer insondables.

 

« Le Bénin est petit, mais son poids est lourd » faisait comprendre déjà le Général Kérékou au soir de ses 28 ans de règne. De l’intellectuel le plus hissé au citoyen lambda, nul n’ignore à la vérité, les manifestations de ces élans comportementaux pervers et contre progressistes, prenant chaque jour l’allure d’un ordre culturel normal, inné à la société et à l’ensemble de ses membres. Etat de choses dénoncé par tous, mais dont la clef de voûte est apparemment difficile à appréhender.

 

L’origine du mot, utilisé par tous et par des cadres et autorités non des moindres, ne peut être évoquée avec précision, même si l’on peut noter que depuis fort longtemps, bien avant l’Indépendance et pendant que le Bénin s’appelait encore Dahomey, le grand écrivain Paul Hazoumè, dans son ouvrage Doguicimi publié en 1938 exprimait déjà cette réalité que sous-entend le mot Béninoiserie : «… Les Danhômenous feraient de rapides progrès dans la voie du perfectionnement s’ils pouvaient comprendre qu’ils doivent s’efforcer d’égaler au lieu d’égaliser».C’est donc une réalité tangible, et il suffit de tendre son oreille lors de certains débats médiatisés ou encore de faire un tour dans les administrations, les écoles, les universités ou même dans les gargotes…, pour entendre les citoyens l’évoquée avec acuité et la dénoncée.

 

Les manifestations…

 

De ce qui ressort de l’expression des uns et des autres et dans la logique exprimée par Paul Hazoumè, l’on peut retenir que : la jalousie à outrance, la méchanceté et l’inculture constituent les piédestaux de ce concept sociologique typiquement béninois. Il n’est donc pas rare de surprendre certains Béninois témoignant de la déchéance à eux causée par tel ami, collègue de travail… et dans ce cas, les exemples foisonnent notamment dans les administrations où ; un projet x que telle personne pour l’avoir conçu, donc mieux avisée pour le gérer est confié à une autre, un programme de développement destiné à telle région est détourné, ou soit stagne pour cause de manœuvres d’un responsable ou supérieur hiérarchique qui cherche sa part (les fameux pourcentages), un chef qui subit le sabotage de ses subordonnés ou concurrents et aspirants à son poste... tout ceci au grand dam de l’intérêt national. C’est aussi et surtout la lutte contre la promotion du collègue, du frère, de l’ami, tant que ce n’est pas soi-même, avec en sous bassement très souvent, les manœuvres charlatanesques.

 

Un frein incontestable pour le développement

 

On peut donc chercher à comprendre si l’on veut, par ce biais, le pourquoi du sous-développement actuel du Bénin quoiqu’il fut jadis, pompeusement appelé‘’quartier Latin d’Afrique’’ au regard de la grande qualité de ses ressources humaines. Même si ces faits ne sont pas l’apanage du Béninois, l’impression qui se dégage est qu’au Bénin, ils revêtent un caractère plus ancré. C’est un système qui inhibe la compétence, le mérite, où préside la corruption. « Il y a plus de médecins Béninois en France qu’au Bénin » nous apprenait N. Sarkozy. Nombreux sont ces Béninois dont on apprend la réussite professionnelle à l’étranger, et pourtant ici au bercail tout traîne. Néanmoins, il reste quelques optimistes qui espèrent et demeurent dans le système et veulent s’efforcer de ne jamais croire que le Béninois, comme il est courant de l’entendre dire, est ‘’béni dans le noir’’.

 

Mastiano Bernard DAVID

 

 
Tag(s) : #EDITORIAL

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