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La bourgeoisie des fonctionnaires…

 

Nul ne peut être riche s’il n’est nommé en conseil des ministres de l’émergence. Désormais la capacité de créer un parti politique, de tenir la foule en liesse, de distribuer des gadgets, d’organiser de gigantesques orgies s’acquiert après allégeance au docteur-président. Des mécènes de l’activité politique recrutés de préférence dans l’administration publique. Ceux qui dépensent sans compter sous le régime du Changement, ce ne sont pas les magnats de la finance, de l’industrie, du commerce mais des commis de l’Etat : directeur de sociétés ou d’offices publics, ministres, conseillers à la présidence, membres de cabinets ministériels.

 

De l’argent propre lorsque le Dg/Ortb distribue des postes téléviseurs, des ballons et des accoutrements à l’effigie du chef de l’Etat à grand renfort médiatique. Propre également l’argent qui a servi au conseiller à la présidence de la République, Léon Bio Bigou ou au ministre Christine Ouinsavi et tous les autres collaborateurs directs du grand prince de mettre sur fonts baptismaux leurs partis respectifs. C’est cet argent seul qui a le droit de circuler. Dire qu’on disait du Bénin qu’il est un pays pauvre très endetté (Ppte) qui payait très mal ses agents voire ses commis.

 

Cette nouvelle classe de riches garantit au docteur-président sa parfaite posture impériale. D’autant plus que tous ces ministres, conseillers ; directeurs généraux voire membres d’institutions de la République n’étaient que de modestes cadres administratifs sans envergure pour la plupart. Ils doivent à leur nomination en conseil des ministres d’être devenus des mécènes de toute la propagande pro-Yayi. Ce qui leur impose une soumission aveugle à un système qui ne leur demande que zèle, dévouement, abnégation au risque des pires compromissions. On peut se faire une petite idée de tout ce que ces protégés du régime engrangent pour eux-mêmes et pour la cause de l’émergence à l’évocation des dossiers de la Cen-Sad, des machines agricoles, des privatisations gré à gré, des tournées ministérielles incessantes. En fait d’argent propre, il ne s’agit en fait que de deniers publics recyclés en mécénats divers.

 

Chaque Béninois sait ce que ces nouveaux riches ont fait des opérateurs publics auparavant bras financiers de l’activisme politique. Toute l’administration publique s’est liguée pour les écraser un à un afin d’éviter au docteur-président de devoir subir une cohabitation incertaine avec des héritiers ou des hommes d’affaires un peu trop capricieux. C’était cela l’argent sale. La suite se passe de commentaire : embastillement, terrorisme fiscal, menaces, tracasseries de toute sorte. Chaque jour tenu par une entreprise privée au Bénin sous le Changement relève d’une prouesse exceptionnelle. Les fonctionnaires subitement enrichis parce que érigés propriétaires exclusifs de l’essentiel du budget national ne supportent plus la concurrence d’opérateurs privés jugés trop arrogants et trop indépendants vis-à-vis de la marche de l’émergence vers son dessein de totalitarisme.

 

Il ne s’agit pas bien entendu de l’ensemble des fonctionnaires surtout pas de ceux qui battent le macadam chaque semaine en quête de modiques primes. Eux n’ont pas accès aux frais de mission, aux marchés gré à gré, aux combines. Naturellement, on ne les verra pas financer marches, meetings et séances de prières à l’aide de leurs maigres salaires. Par contre obligation leur est faite d’assister leurs patrons dans leurs différentes randonnées propagandistes. C’est toujours utile pour la suite de sa carrière d’aller aider son ministre, son directeur ou son chef service à coller les affiches, à aligner les tables et chaises pour les convives, à transporter les paniers de victuailles. En haut de la pyramide il y a le docteur-président, ensuite les nommés en conseil des ministres puis enfin les subalternes.

 

Yayi, les fonctionnaires d’en haut et les fonctionnaires d’en bas…

 

arimi choubadé

Rédigé le 27 avril 2010



Tag(s) : #EDITORIAL
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