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Mercredi 7 juillet 2010

 

La refondation de la République: Du pipo, du vent. Yayi veut juste nous distraire

 

 

Par Lydia Touré

 

En course automobile, rallye, formule 1 ou course cyclisme, la notion de dernier virage est extrêmement importante. C’est à ce niveau que les coureurs ou les pilotes fournissent le plus d’effort ou écrasent l’accélérateur afin d’atteindre la ligne d’arrivée en de meilleures places. Serait-ce le cas avec Boni yayi ? La question mérite d’être posée puisque ces derniers jours, après le concept du Bénin émergent et du Changement, vient de naître un tout nouveau concept, celui de la refondation. C’est le nouveau discours du prince du Changement et probable futur prince de la refondation. Une façon d’aborder le dernier virage avant 2011 et peut être le leitmotiv de sa prochaine campagne. Mais en attendant la ligne d’arrivée, qui est Mars 2011, il importe de se poser la question de savoir quelle est la valeur de cet énième concept surtout dans le contexte béninois.

 

On se souvient du Boni Yayi du début de quinquennat avec comme une fleur à la bouche, le concept de Changement. A l’époque, ils étaient des centaines de milliers de personnes, voire plus du million d’âmes à croire dur comme fer que le Bénin allait, sous l’impulsion de son nouveau leader, connaître le Changement et l‘émergence. Sans avoir vraiment pu faire changer quelque chose de vraiment significatif ni même fait émerger quoi que ce soit, le voila avec la même légèreté, évoquer la refondation sans avoir pu faire le point des chantiers lancés par le Changement. Le Bénin est tout aussi corrompu, sinon plus qu’il ne l’était avant l’accession de Boni Yayi à la magistrature suprême. Ce ne sont pas les affaires qui manquent pour étayer cette affirmation. Aucune liste ne saurait d’ailleurs être exhaustive sur les cas de corruption, depuis l’avènement du Changement. Il en est de même pour la prospérité miroitée en début de quinquennat à nos compatriotes, sur cet autre propos, malgré les fameux microcrédits accordés aux plus pauvres. Un tour au marché Dantokpa achève de vous convaincre de ce que le Béninois vit au moins aussi mal qu’en avril 2006, s’il ne vit pas plus misérablement. Dans de pareilles situations, l’honnêteté intellectuelle commande qu’un point soit fait sur les concepts d’émergence et de Changement abondamment distillés au début du quinquennat avant d’aborder, ce non moins vaste chantier de Refondation.

 

Recevant les forces vives de grand-Popo venues le remercier pour ses actions de développement et pour présenter une liste de doléances hier au palais de la présidence de la République, le chef de l’Etat déplorait la perte de certaines valeurs cardinales par le peuple en général et particulièrement par les cadres. Ce qui lui a permis d’évoquer la nécessité d’une refondation. Il venait ainsi de lâcher pour la deuxième fois en moins d’une semaine, le mot, le nouveau sésame, la Refondation. Mais que peut-il refonder sans avoir fait le bilan de ce qui a été au préalable entrepris par lui-même ?

 

Sur cette dernière question, il est clair que même si les Béninois ne sont plus forcément les latins de l’Afrique, ils peuvent encore se prévaloir de ne pas être pour autant devenus les crétins d’Afrique. Ils sont en droit de demander des comptes sur l’existant avant d’envisager cette refondation. Le pilote Boni Yayi en abordant le dernier virage avec ce nouveau concept ne fait pas forcément le bon choix.

 

Le Béninois Libéré



Tag(s) : #Politique Béninoise