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BENIN: La télévision nationale en campagne ouverte pour Yayi (La Haac n’entend rien et ne voit rien)

 

 

31 janvier 2011 par richard 

  

 

La grande messe que devrait être la cérémonie d’investiture du candidat Boni Yayi a eu lieu. Ceci à la suite d’une campagne menée avec tambours et trompettes grâce au puissant appui de la télévision nationale. Maintenant que le chef de l’Etat est officiellement candidat, on se demande ce que nous réserve la chaine de télévision de service public. On se le demande avec une grande appréhension puisque la Haac qui devait voler aux secours des autres candidats pour faire respecter la loi ne voit rien.

 

La mouvance présidentielle a annoncé depuis longtemps une campagne médiatique terrible pour le président-candidat. Pour ce qu’on voit depuis quelque temps, on constate qu’elle n’y va pas de main morte. Les téléspectateurs qui continuent de croire que la télévision nationale est un organe de service public en ont eu pour leurs oreilles et leurs yeux la semaine écoulée. C’est normal. Nous sommes en précampagne électorale. Et chaque camp, sous le couvert de vrai-faux appels à candidature ou d’autres faits divers vite transformés en événement, ne rate aucune occasion pour vendre les atouts de son candidat. Le hic, hélas, en ce qui concerne le camp présidentiel, c’est qu’il a littéralement fait main basse sur la télévision nationale qui semble perdre son statut d’organe de service public pour devenir une télévision au service du Chef de l’Etat. C’est vrai, le phénomène n’est pas nouveau. Mais cette fois-ci, même ceux-là qui s’accommodaient de la chose finissent par montrer une certaine gêne parce qu’on a dépassé les limites du tolérable. Nous sommes en période de précampagne électorale. Des élections de tous les dangers au regard de la forte tension politique qui prévaut en ce moment. Dans ces conditions, le moindre disfonctionnement au niveau des organes impliqués d’une manière ou d’une autre dans le processus peut constituer un élément catalyseur. Car ce qui se passe actuellement à la télévision nationale est source de frustration pour les autres candidats qui se sentent ainsi lésés puisque l’équilibre qui devait exister et que recommande d’ailleurs la Haac dans sa décision sur la précampagne médiatique est gravement rompu. Et il n’y a personne pour crier haro sur le baudet. Même pas cette Haac dont c’est pourtant la mission. Elle ne voit rien. Elle n’a rien vu des éditions du journal télévisé faites uniquement de reportages encensant un candidat. Elle n’a pas vu ce message du Président Nago passé à longueur de journée pour inviter les populations à sortir pour la déclaration de candidature de Boni Yayi.

Comme si cela ne suffisait pas, la télévision nationale a cru devoir offrir aux Béninois après le journal de 20 heures l’intégralité de la cérémonie d’investiture. Tout le monde sait que c’est le candidat unique de l’Union fait la nation Me Houngbédji qui a inauguré l’ère des investitures. Les Béninois ont vu le traitement que la chaine de télévision nationale a fait de l’événement. Il y a eu ensuite Bio Tchané. On a vu également. C’est de l’accumulation des frustrations que naissent les révoltes. Au-delà de la mission qui est la sienne et face à laquelle elle se débine, la Haac devrait prendre en compte au moins cette réalité si elle ne veut pas être comptable de situations pas souhaitables pour notre pays. Sa responsabilité est aussi engagée que celles de tous les professionnels qui ont choisi de mettre en berne le professionnalisme pour se mettre au service d’une autre cause. L’Odem est également interpellé même s’il a l’excuse de ne pas avoir de pouvoir coercitif pour faire respecter l’accès équitable aux médias de service public. Mais on est bien obligé de l’appeler au secours. Le même appel est lancé à toutes les organisations intervenant dans les questions électorales. Ça devrait être également leur combat car la transparence du processus électoral pour laquelle ils se battent passe également par là. Surtout que nous ne sommes qu’à l’étape de la précampagne et bien malin qui peut imaginer jusqu’où peut aller la télévision dite de service public quand on sera en pleine campagne. Vivement que la Haac ouvre les yeux !

Euloge Badou

 

 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise