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11 juillet 2010

 

BENIN: La vengeance des épargnants

 

 

Non, il ne s’agit pas du titre d’une nouvelle saga de western spaghetti comme en aurait certainement rêvé un Clint Eastwood, un Sergio Leone ou un Carlo Lizzani, il s’agit bel et bien d’une réalité latente dont le brouhaha se fait de plus en plus persistant, comme une condensation de cumulus avant la tornade. L’affaire est sur toutes les lèvres, dans tous les cœurs, et tous ceux qui, par le laxisme, la complicité ou la perfidie de quelques uns, ont perdu de leur pécule, en portent les stigmates dans leurs cœurs. ICC Services, un sigle qui résonne comme une « Instigation à la Conspiration Criminelle ».

 

De quoi s’agit-il ?

 

Une structure de placement d’argent ayant déjà son lot de victimes en république de Côte d’Ivoire, qui est venue s’installer au Bénin, sans aucun agrement (selon la version officielle) et qui a réussi à collecter au vu et au su de tout le monde les épargnes des populations, sur toute l’étendue du territoire national, jusqu’à hauteur de 100 milliards de francs CFA. Dans un pays ou la moindre ouverture d’un débit de boisson sans autorisation préalable vous coûte l’intervention musclée des éléments de la DST, dans un pays où l’agrément de la moindre structure de change se chiffre à des dizaines de millions de francs, on tente de nous faire croire qu’une structure collectant l’épargne des citoyens, de Cotonou à Toukountouna, quatre ans durant, aurait agi sans que les pouvoirs publics ne s’en émeuvent d’une quelconque manière. Dans l’Etat actuel des choses, la question n’est de toute façon plus au niveau du « Comment » de la chose, car si les pouvoirs publics ne le savent pas, les populations, elles, en connaissent le modus opérandi. Il s’agissait de s’afficher avec les plus hautes autorités de l’Etat pour marquer leur prestige, se pavaner avec garde du corps et escorte, pour mettre les populations en confiance, collecter les fonds des populations et en reverser à qui de droit pour ne point être inquiété des autorités. Car, comment expliquer que lorsque, acculées par la BCEAO, quelques personnes ont commencé à bouger en portant l’affaire à la connaissance du procureur général, l’administration BONI YAYI n’a pas daigné bouger le petit doigt alors que certaines personnes en subissent les affres dans la dernière rigueur… ce ne sont pas les sieurs FAGBOHOUN et ADOVELANDE qui diront le contraire. Maintenant que la bombe est lâchée et que les déposants en arrivent de plus en plus à la certitude que personne ne sera en mesure de retourner leur mise, tous les yeux se tournent vers la justice, car il faut que des têtes tombent. Dans ce pays on a connu des personnes malveillantes se servant dans les caisses de l’Etat, quelquefois dans les banques, mais c’est la première fois qu’ils viennent se servir dans les poches des citoyens, ce qui nous pousse à conclure que tant par la forme que par la nature des montants en jeu, nous nous trouvons face au plus gros scandale financier de l’ère du renouveau démocratique. Il n’est donc pas question de nous distiller les têtes de quelques « sous-fifres » dans le genre X ou Y, car il faut se le dire, dans cette affaire, les principaux responsables doivent se trouver plus haut placés dans l’appareil étatique. S’ils ne nous sont pas livrés, si la justice ne va pas les cueillir ou s’ils ne démissionnent pas d’eux-mêmes, « NOUS » mettrons un point d’honneur à leur présenter la facture lors des élections de mars 2011 ; et pour eux ce ne sera que le début de la spirale

 

Le Canard de la semaine

 



Tag(s) : #Politique Béninoise

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