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2-05-2012

 

 

En toute sincérité

 

BENIN: La vérité si Houngbédji ment !

  

Ce sera sans doute un feuilleton fleuve comme "Dynastie" ou "Dallas", le cinoche UN dégage dans sa trame les sensations de "Cercle de feu". On est à l’épisode de la plaidoirie de l’accusé Houngbédji, le héros de ce roman à l’eau de rose de l’UN miroité lors de la saison électorale où l’intérêt pour la jarre trouée a subitement pris de l’ampleur sous le slogan enthousiaste : " ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise". L’ex candidat unique de l’UN s’est lui-même chargé de prendre sa propre défense face au réquisitoire de la presse.

 

L’accusé a agi en victime et a fait le procès de ses compagnons de la mémorable campagne de mars 2011. Houngbédji en crue de parole a crûment livré sa part de vérité. On a tous été témoin de l’explosion de la bombe H, H comme Houngbédji. En territoire UN, le drame d’Hiroshima et de Nagasaki secoue les esprits. La réaction de l’artillerie UN trop pilonnée, reste la grande inconnue des prochains épisodes du feuilleton politique à grande audience.

 

C’est un Adrien Houngbédji tout feu tout flamme qui a cru massacrer l’UN par sa vérité incendiaire. Si cette vérité du Chef du Prd est vraie, on devrait craindre pour la vie de l’UN car les brûlures peuvent être fatales à l’union. Il y a des éléments qui plaident en faveur du leader arc-en-ciel et éloignent du chroniqueur, du moins pour l’instant, tout soupçon de mensonge car à 70 ans et cette longue expérience engrangée, on mérite forcément respect. A moins que la réplique des ténors de l’UN vienne apporter la preuve d’un regrettable mensonge dans la parole du patriarche, personnalité de la République.

 

La bombe Houngbédji a dévasté le convent politique de l’UN et a tout mis à nu. On retient globalement que personne à l’UN ne s’est sacrifié pour le candidat unique. Cette vérité est à elle seule, aussi décapante que renversante. Y a-t-il eu de simulation de soutien et maintenant de la soupe à la grimace ? Le danseur déclare après sa prestation visiblement bien animée que les joueurs de tam-tam et ceux qui l’ont applaudi n’ont pas été de bons supporters. Le problème est qu’il n’a pas remporté la compétition. Sans le son de cloche des supporters, il serait difficile de trancher.

 

Mais Houngbédji n’a pas tari de détails en support à son théorème et on n’est toujours pas sorti de choses troublantes. Il jure en effet avoir seul financé sa campagne. Quelle aide a-t-on portée à un candidat unique s’il a seul payé la facture du combat électoral ? Au-delà du piétinement déplorable du souci de pudeur, cette révélation, si elle est vraie, peut néanmoins chauffer la polémique et atténuer les critiques formulées contre Houngbédji. On continuera cependant à chercher les motifs de la colère médiatisée et l’inspiration qui a conduit à démontrer l’incapacité des ex-partenaires de l’UN. La raillerie s’est enflée sur la dénonciation à peine voilée d’une sorte d’indigence politique.

 

Quelques questions sont en suspens après le passage orageux de Me Houngbédji. A qui la paternité et le financement du logo ? L’ex-candidat unique n’a pas laissé de la place au doute. Le logo est à lui. Que dit Amoussou des sept rencontres évoquées par son collègue forclos ? L’obus lancé a aussi brisé le pardon et ruiné les espoirs moraux du rendez-vous politique à l’église. Que pense Soglo de la rémission d’un péché inexistant et du pardon sans faute ?

 

Conscient que la politique est fondée sur l’intérêt et convaincu d’avoir été le meilleur candidat de l’UN, Houngbédji a fait des déballages. Il n’y a plus de secret entre le président du Prd et ses anciens alliés de l’UN. Avec la possible contagion de la colère, on ne s’en arrêtera certainement pas à la seule livraison grand public de l’ex-candidat unique. Pour survivre, le camp attaqué doit réagir. Le débat démocratique exige une réponse à Houngbédji pour le triomphe de la noble contradiction. La rupture peut être passionnante car, dira La Rochefoucauld, " les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer ".

 

L’histoire de l’Union fait la nation s’écrit sur du sable mouvant et de la braise. Le "loyer de la fidélité" dont parle le poète Théodore Agrippa d’Aubigné semble une pure vue de l’esprit. Les réalités post K.O ont vite converti la devise de l’UN. On est passé étonnamment de "ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise" à "Ce qui nous divise est plus fort que ce qui nous unit". C’est cruel !


Sulpice O. GBAGUIDI

Source: Fraternité

 
 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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