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AFRICA 21 Conférence internationale de Yaoundé (18 – 19 mai 2010)

 

 

BENIN: Le candidat ABT dévoile une partie de son programme de société…

 

 

INTRODUCTION

 

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais tout d’abord adresser mes vives félicitations à son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, pour l’initiative qu’il a eue d’organiser ce forum dans le cadre de la célébration du cinquantenaire de l’accession à l’indépendance de dix sept Etats africains. Je voudrais ensuite lui exprimer ma profonde gratitude pour l’honneur et le privilège qu’il me fait, de même qu’à l’institution que je préside, en m’invitant à ce forum. Qu’il me soit par ailleurs permis de remercier le peuple camerounais, pour l’accueil chaleureux réservé aux invités du forum, et d’exprimer mon admiration pour les progrès réalisés au cours de ces années d’indépendance. Les résultats en matière de développement économique et social enregistrés par le Cameroun sont le fruit des efforts et sacrifices consentis par son peuple. Que les cinquante prochaines années soient encore plus prospères !

 

1. L’Afrique, nous le savons peine à amorcer un réel développement économique et social : 46% de la population vivent avec moins d’un dollars par jour. Au moins 265 millions d’individus sont sous-alimentés. Moins de 20% de la population a accès à l’électricité ; la population est sous bancarisée (moins de 10%).

 

2. L’Afrique, nous le savons aussi n’est pas un continent sans intérêt. Les ressources de son sous-sol sont recherchées. En termes de population et de superficie, elle représente le deuxième continent après l’Asie. Le taux d’accroissement démographique est estimé à 2,3% l’an ; cette population est à majorité jeune, entreprenante et optimiste sur son avenir.

 

3. Depuis la dernière décennie, des avancées notables sont observées : gouvernance améliorée ; cadre macroéconomique plus stable ; revenu, santé et éducation en constante progression ; croissance plus soutenue et plus stable ; plus d’attrait vis-à-vis des capitaux étrangers. Nous le savons également, d’importantes réformes restent à faire.

 

4. Dans la présente communication qui traite des conditions financières du développement africain, nous discutons des points suivants : a. Nécessité de maintenir le cap des réformes macroéconomiques ; b. Renforcement et diversification du secteur bancaire : optimisation des effets de la microfinance et promotion d’une mésofinance. c. Développement des nouveaux mécanismes ou institutions : capital investissement, marché financier et gestion des flux financiers des migrants. d. Gestion de l’aide publique au développement en vue d’en accroître l’efficacité.

 

I. NECESSITE D’UN MAINTIEN DU CAP DES REFORMES MACROECONOMIQUES.

 

5. Intensifier les efforts pour créer un environnement macroéconomique sain et incitatif : maintenir le cap des reformes, renforcer la stabilité macroéconomique et assainir les finances publiques.

 

6. Améliorer le climat des affaires avec plus de transparence et de célérité et renforcer les institutions (cadre législatif et judicaire transparents).

 

7. Mener une politique budgétaire adéquate pour la mise en place des infrastructures et d’un cadre législatif nécessaires à une bonne conduite des activités dans le secteur privé.

 

8. Mobiliser davantage de ressources internes à travers une fiscalité optimale et une maîtrise des dépenses publiques tout en évitant le retour à l’endettement excessif.

 

9. Mais, les ressources publiques seules sont insuffisantes pour financer les infrastructures et satisfaire les besoins d’investissement sur le continent. Exemple : les pays africains ne seraient en mesure d’entretenir que la moitié de leurs réseaux routiers nationaux, en ne tablant que sur leurs ressources budgétaires propres.

 

10. Accélérer le mouvement d’intégration régionale et renforcer les institutions régionales. Le cadre régional permet de décupler la capacité de mobilisation des ressources.

 

II. RENFORCEMENT, APPROFONDISSEMENT ET DIVERSIFICATION DU SECTEUR FINANCIER.

 

11. Le développement du système financier est un facteur essentiel de croissance équilibré. Il contribue à accroître le niveau d’épargne, nécessaire au financement des investissements productifs, sources de création de richesses et d’emplois. L’accès aux services financiers est donc crucial dans le processus de développement.

 

2.1. Le renforcement des banques

 

12. Les banques primaires africaines sont caractérisées par une clientèle restreinte plus aisée et une maturité des financements inadéquates avec les besoins réels de crédits.

 

13. Renforcer la fonction d’intermédiation financière des banques primaires est un des tout premiers pas.

 

14. Promouvoir la libéralisation financière tout en veillant au renforcement du capital et de la solvabilité des institutions bancaires.

 

2.2. L’optimisation des effets de la microfinance

 

15. La microfinance contribue à offrir aux personnes à faibles revenus, un accès aux services financiers de base nécessaires à leurs activités et à la satisfaction de certains besoins des familles.

 

16. Environ 300 millions d’africains auraient besoin de services de microfinance, mais seulement 20 millions y ont accès. Causes probables : contexte politique et réglementaire, manque d’infrastructures, accès difficile à des ressources humaines qualifiées, problèmes inhérents aux modèles de microfinance importés tels que le modèle mutualiste.

 

17. L’asymétrie d’information entre les acteurs du secteur contribue à freiner le financement des activités et à accroitre les taux de non remboursement. De même, les difficultés croissantes à obtenir des ressources externes à moyen ou long terme comme complément aux dépôts, restreignent les possibilités de prêts des institutions de microcrédit.

 

18. Approches de solution : utiliser les progrès des télécommunications en vue de réduire les coûts de transaction (tirer profit de la bonne pénétration de la téléphonie mobile en Afrique et en faire un vecteur pour nouveaux produits plus proches des populations et des zones reculées) ; renforcer la collecte de l’épargne intérieure.

 

2.3. Le besoin d’une mésofinance

 

19. Les besoins financiers des PME Africaines ne sont pris en compte ni par la microfinance, ni par le système classique : 46% des PME subsahariennes identifiaient l’accès au financement comme une entrave majeure à leur développement (étude SFI sur 2002-2009).

 

20. La mésofinance pourrait combler ce « missing middle » mais elle est encore peu développée en Afrique.

 

21. Comme approches de solutions :

a. promouvoir des mesures susceptibles d’atténuer l’aversion des banques vis-à-vis de ce type de risques (exemple : constituer des centrales de risques sur les PME, consultables par les établissements financiers) ; b. moderniser et uniformiser des normes comptables et les promouvoir au sein des PME ; c. Promouvoir des mécanismes, des fonds de garantie et intensifier les lignes de crédit destinées au financement des PME.

 

III. FACILITATION DE L’IMPLANTATION DE NOUVEAUX ACTEURS FINANCIERS ET PROMOTION DU MARCHE FINANCIER.

 

3.1. Le capital investissement

 

22. Le capital investissement permet aux entreprises d’accéder non seulement à des capitaux à moyen ou long terme, mais aussi de bénéficier d’un accompagnement stratégique, de transferts de technologies et de savoir-faire nécessaires à l’accroissement de la rentabilité.

 

23. Le développement de ces fonds nécessite de mettre en place des cadres attractifs favorisant leur sortie des entreprises, soit de gré à gré soit par introduction en bourse. D’où nécessité de développer le marché financier, d’améliorer le climat des affaires et de créer de nouveaux outils de placement pour stimuler et faciliter la collecte de fonds.

 

3.2. La promotion de fonds d’investissement.

 

24. Dans le cadre du partenariat public privé, les fonds d’investissements peuvent aider nos Etats à assurer le financement de grands projets nécessitant des ressources importantes.

 

25. Par exemple dans la zone UEMOA : African Agricultural Fund (fonds à vocation continentale, en création sous l’impulsion de l’AFD et de la BAD notamment), création en cours d’un fonds d’investissement ouest africain qui s’intéressera en particulier aux investissements dans l’énergie.

 

3.3. La gestion des flux financiers des migrants

 

26. 23,1 milliards USD en transferts de fonds en 2007, dont 11,7 milliards USD pour l’Afrique subsaharienne et 11,4 milliards pour l’Afrique du Nord (estimations de la Banque mondiale).

 

27. Les transferts de fonds vers l’Afrique subsaharienne ont tendance à dépasser en volume l’aide publique au développement.

 

28. 10 à 20% du volume des transferts des migrants sont consacrés à l’investissement (BAD).

 

29. Mais l’absence d’un cadre de mobilisation optimal ne permet pas une allocation efficiente de ces ressources.

 

30. D’où nécessité de véritables politiques de mobilisation et d’affectation de ces ressources pour favoriser une meilleure utilisation et une contribution plus efficace aux économies nationales (exemple des banques marocaines) ; développer des services complémentaires tels que l’assurance, l’immobilier et le placement.

 

3.4. Développement des marchés financiers

 

31. les marchés financiers favorisent la croissance économique à travers :

a. un accroissement des ressources mobilisées et leur allocation aux investissements ;

b. un financement plus sain de l’économie en diversifiant les risques ;

c. des financements de plus longs termes.

 

32. La promotion du marché financier devrait s’accompagner d’une facilitation de la création et du fonctionnement des organismes de placement collectif en valeurs mobilières, de l’élimination des disparités fiscales sur les valeurs mobilières, de la mise en place de réseaux de spécialistes en valeurs du Trésor, de la réforme des garanties et la promotion de la notation, d’une adaptation de la tarification.

 

33. L’intégration des marchés financiers au plan régional devrait assurer plus d’efficacité et d’efficience porteuses de rendements d’échelle.

 

IV. LA GESTION DE L’AIDE AU DEVELOPPEMENT

 

34. L’aide publique au développement occupe toujours une place importante dans le financement du développement : 2.300 milliards de dollars auraient été consacrés à l’aide au cours des cinquante dernières années.

 

35. L’inscrire davantage dans le cadre de la Déclaration de Paris pour plus d’efficacité et plus de prévisibilité.

 

36. Néanmoins, mettre l’accent sur la mobilisation des ressources internes. Le financement intérieur doit être le socle pour la mise en œuvre des programmes d’investissement relevant de l’Etat.

 

37. Et éviter les ré-endettements excessifs.

 

CONCLUSION

 

38. Face aux besoins colossaux de l’Afrique en matière de financement, l’un des défis est la mobilisation plus accrue de ressources. Au plan interne, des marges de manœuvre existent au regard de la non saturation des potentiels liés aux ressources naturelles, aux ressources fiscales et aux microcrédits. Sur l’échiquier international, les fonds de capital-investissement, les transferts des migrants, les partenariats public-privé et l’efficacité de l’aide au développement sont des opportunités réelles à saisir.

 

39. Par ailleurs, il faudrait rechercher une intégration des marchés financiers au plan régional en vue de leur assurer une meilleure efficacité. De même, les efforts doivent porter sur le renforcement des règles de transparence financière, aussi bien au niveau des PME que des grandes entreprises publiques et privées.

 

40. Enfin, et pour revenir à la case départ, une bonne gestion macroéconomique reste toujours la clef de voute de toute amélioration des services financiers.

 

41. Comme le Président Biya, je crois que les prochaines années peuvent être et doivent être celles de l’Afrique en marche. Pour cela, nous devons agir et agir maintenant sur les obstacles à la croissance économiques en particulier ceux liés à un accès plus important et plus compétitifs de nos peuples aux services financiers.

 

Le Canard de la semaine



 

Tag(s) : #Politique Africaine

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