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Assemblée nationale

Le divorce consommé entre Mathurin Nago et 46 députés


Le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago, a encore vu son rapport d’activités pour la période allant du 1er novembre 2009 au 31 mars 2010, rejeter hier à l’hémicycle. C’était par un vote de 46 voix contre, 35 pour et 00 abstention.

 

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Mathurin Coffi Nago

Les députés à l’Assemblée nationale ont rejeté hier le rapport d’activités du président de l’institution, Mathurin Coffi Nago, pour la période allant du 1er novembre 2009 au 31 mars 2010. Ceci, pour la énième fois au cours de cette 5ème législature et cette fois-ci par un vote de 46 voix pour, 35 contre et 00 abstention. Ledit rapport s’articule autour de trois axes à savoir : les activités législatives et de contrôle parlementaire, les activités d’administration et de gestion de l’institution, et les activités de coopération interparlementaire et de relations extérieures. Pour ce qui est de la période d’activités, il y a eu une session ordinaire et deux sessions extraordinaires qui ont été tenues. Il s’agit de la session ordinaire du 27 octobre 2009 au 27 janvier 2010 avec 51 dossiers inscrits à l’ordre du jour. Au total 12 textes de lois ont été adoptés au cours de cette session ordinaire. En ce qui concerne les sessions extraordinaires, la première a été convoquée de plein droit conformément à l’article 68 de la Constitution suite à une prise d’ordonnance par le Chef de l’Etat et la deuxième qui a duré du 4 au 18 mars 2010 a été demandée par une majorité de députés à l’Assemblée nationale. Cette deuxième session a été consacrée au vote de la loi portant abrogation de la loi 2009-10 portant organisation du Recensement électoral national approfondi (Rena) et de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Durant la période d’activités objet de vote hier à l’hémicycle, 47 dossiers ont été affectés aux commissions permanentes dont 23 effectivement traités. Le président Mathurin Nago a d’ailleurs déploré le faible rendement de la Commission de l’éducation, de l’emploi et des affaires sociales et de la Commission des relations extérieures, de la coopération au développement, de la défense et de la sécurité. Entre autres sujets abordés hier par le président Mathurin Nago dans son rapport en ce qui concerne les activités législatives, il y a la question relative au contrôle parlementaire de l’action du gouvernement. Pour la période de référence, le président de l’Assemblée nationale a laissé entendre que pour les questions orales, écrites ou d’actualité envoyées au gouvernement, peu ont été traitées.

 

Des mesures pour dynamiser l’administration du parlement

 

Le deuxième axe du rapport d’activités du président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago pour la période de référence, a porté sur les mesures administratives pour le bon fonctionnement de l’institution. Il s’agit selon le président Mathurin Nago, de la mise sur pied d’une commission pour l’amélioration des conditions de travail, l’affectation de certains cadres à des postes vacants depuis la 4ème législature. Il a également parlé du renforcement des capacités du personnel administratif toutes catégories confondues, des députés, des journalistes parlementaires, et des cadres de l’administration. Le président Mathurin Nago, a mis un accent particulier sur l’audit organisationnel du secrétariat général administratif de l’Assemblée. A cet effet, il a souligné qu’une décision pour la mise sur pied du comité chargé du recrutement d’un cabinet d’audit a été prise. Aussi, a-t-il parlé de la gestion des ressources financières et matérielles de l’institution. Plus particulièrement, il a évoqué l’exécution du budget de l’Assemblée nationale, exercice 2009 et l’état actuel des finances du parlement. Selon lui, le budget de l’Assemblée nationale a été exécuté à plus de 80% pour le compte de l’année 2009. Pour l’exercice 2010, le président de l’Assemblée nationale, a d’abord rappelé que le crédit ouvert est de 8.786.959.136 Fcfa avec déjà des dépenses engagées au 31 mars s’élevant à 2.060.744.119 Fcfa soit un taux d’engagement de 23,45% des crédits inscrits. Pour finir sa présentation, le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago, a parlé des différentes missions de l’institution à l’étranger au cours de la période de référence. Il s’agit des missions qu’il a eu à conduire lui-même et de celles faites par ses collègues députés. Après sa présentation, la parole a été donnée aux députés pour apprécier le contenu du rapport. Sans grande surprise, les députés de l’opposition appuyés par ceux du G13 et du groupe parlementaire Fcbe-Sursaut patriotique, pour ceux qui ont parlé, n’ont pas fait de cadeau au président Mathurin Coffi Nago.

 

(Lire ci-dessous l’appréciation faite du rapport par certains députés à l’hémicycle)

 

Impressions de quelques députés sur le rapport

 

Epiphane Quenum, député Rb (opposition)

" Je crois que vous n’allez pas être satisfaits des différentes réactions enregistrées. Je suis certain Monsieur le président, car vous saviez que juger de la qualité de la gestion d’un parlement est une opération qui doit se baser sur l’analyse des résultats, les possibilités de capitalisation des expériences des uns et des autres et les constats d’amélioration des débats parlementaires et de la capacité des députés. Monsieur le président, est-ce que vous pouvez dire que la capacité des parlementaires s’est vu renforcée au cours de cette législature ? Est-ce que vous pouvez dire que vous avez suffisamment capitalisé les expériences des uns et des autres ? Je crois non, Monsieur le président, car vous êtes un homme sincère. C’est pour cela que j’ai fait une autre lecture de votre rapport. Votre rapport a posé des constats inquiétants qui doivent interpeller la conscience des députés que nous sommes, qui doivent interpeller votre propre responsabilité et qui doivent également soulever les membres du bureau de l’Assemblée nationale à un examen de conscience (…) le rythme de travail est en deçà de la moyenne (…) les résultats sont faibles (…) le contrôle de l’action gouvernementale a été inexistant et faible. C’est pour dire que juger de la qualité de la gestion du parlement, ce n’est pas seulement féliciter son président, mais lui dire des vérités qui permettent d’améliorer les travaux parlementaires "

 

Amissétou Affo Djobo, député Fcbe (mouvance)

" Je me joins à tous mes autres collègues qui vous ont présenté des félicitations en ce qui concerne votre rapport de ce jour. C’est la première fois que je passe ici au parlement. Mais j’ai eu à dire que vos rapports sont de meilleure qualité. Monsieur le président, nous voilà dans un hémicycle où les gens connaissent le propriétaire du chien et se refusent d’aller l’attaquer. Ils continuent d’attaquer le chien mourant. Mais, allez attaquer le propriétaire du chien. Si nous n’avons pas les capacités d’aller attaquer le propriétaire du chien, je nous recommande de nous mettre immédiatement au travail, de faire ce pourquoi nous sommes là ; c’est-à-dire légiférer, contrôler l’action gouvernementale et représenter les populations qui nous ont envoyés ici. Aujourd’hui, tout le monde s’en prend au chien et voilà qu’il est déjà fatigué… "

 

Amadou Tayo, député Fcbe (Mouvance)

" Même si ce rapport était rejeté, considérez que le rejet du rapport à l’Assemblée nationale, 5ème législature, n’est plus un évènement parce que nous nous sommes évertués à rejeter tellement de rapports que nous sommes devenus des experts spécialisés en rejet de rapport. Ceci étant, vous avez bien fait de présenter dans votre rapport très clairement la situation financière de l’institution parce que cela a fait l’objet de cette polémique qui a jeté une confusion totale au sein des populations "

 

Eric Houndété, député Force Clé (opposition)

" Je voudrais vous féliciter pour la quantité de rapport. Mais vous serez d’accord avec moi que pour 90 jours de session et 12 séances seulement, c’est un record. Il faut aussi compléter que les commissions fonctionnent à 48% de leur capacité. C’est aussi un record. Donc, je pense que notre parlement fonctionne très bien. Deuxième élément. Le contrôle parlementaire, les questions au gouvernement (…) Je note qu’il y a une seule question écrite sur 7, une question orale sur 7 et une seule question d’actualité sur 8 qui sont traitées sans oublier les nombreuses questions qui sont restées en attente. J’observe que les commissions d’enquête que nous avons installées n’ont pas déposé leurs rapports, que la commission d’enquête concernant votre gestion a déposé son rapport depuis deux ans et que ce rapport n’a jamais été appelé pour être examiné… "

 


4-05-2010, Karim Oscar ANONRIN

Source: FRATERNITE


Tag(s) : #Politique Béninoise
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