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19/04/2010

  

Le pavé de Célestine Adjanohoun dans la marre de Yayi Boni

 

 

Le pavé de Célestine Adjanohoun dans la marre de Yayi Boni
 
Le délestage est de retour dans la cité, contraignant les populations de toutes catégories à s’adapter à un nouveau mode de vie. Interpellée par certains confrères le mardi dernier à l’occasion de l’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale à se prononcer sur la situation de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee), l’ancienne directrice de la structure Célestine Adjanohoun a jeté un pavé dans la marre de Boni Yayi.

" Moi j’ai fait deux ans et demi et eux ils sont là depuis quatre ans. Je n’ai pas bénéficié de la subvention de l’Etat. Ils ont eu quatre vingt milliards d’aide de l’Etat. Et malgré ça ils n’ont pas eu la solution." "Les dettes que nous avons contractées, je les ai payées. Vous vous rappelez certainement. Les quatorze milliards. Sans cela vous n’auriez pas eu le courant. Aujourd’hui, ils sont à combien ? Ils sont à trente cinq milliards. Allez voir". De tels propos venant de la part de celle qui avait été vilipendée à l’avènement du changement par Jean-Baptiste Elias du Fonac à travers des conférences de presses et des émissions télévisées, méritent qu’on s’y penche.
En effet, les attaques et diatribes de l’homme fort du Fonac à l’encontre de l’ancienne directrice de la société avaient amené les béninois à croire que le malheur de la Sbee venait de la gestion de l’honorable Célestine Adjanohoun. Beaucoup de compatriotes avaient même demandé la levée de son humilité parlementaire afin qu’elle réponde de ses actes devant la justice. Mais au regard des propos accusateurs que porte aujourd’hui Célestine Adjanohoun, on se rend compte que les nouvelles autorités recherchaient un bouc émissaire et un moyen pour justifier la sortie des milliards des caisses de l’Etat.

Depuis quatre ans que Boni Yayi se bat, tel un beau diable, pour régler le problème de l’électricité et malgré les milliards injectés pour satisfaire les populations, la bonne gestion qui devrait être basée surtout sur l’obligation de résultats, n’est pas encore observée au niveau de la société. De jour en jour, les difficultés augmentent et montrent qu’au-delà du désir du chef de l’Etat de satisfaire le peuple, le mal est profond.

En quatre ans de gestion, selon les propos du ministre Sacca Lafia récemment invité sur les plateaux de la chaîne nationale de télévision, le gouvernement aurait investi 130 milliards f Cfa dans la fourniture de l’énergie électrique (14 milliards pour apurer les dettes antérieures, 14 milliards pour le projet d’extension dans le septentrion, 70 milliards dans le fonctionnement de la Sbee, 32 milliards dans la turbine à gaz). Et pourtant les difficultés demeurent. Tout porte à croire que la Sbee est une structure budgétivore des finances publiques. Si Célestine Adjanohoun a pu réussir en deux ans et demi à gérer la société sans subventions, à quoi ont servi alors les 80 milliards de subventions que Boni Yayi aurait injecté, selon les dits de l’honorable, dans la société ?

Une analyse de la situation permet de dire que c’est maintenant et surtout sous le régime du changement que la mauvaise gestion s’est installée dans la maison Sbee.
De 2006 à aujourd’hui, trois directeurs généraux sont déjà passés à la tête de l’entreprise. Le dernier en place aussi est, semble t-il au creux de la vague avec une gestion dont la résultante est l’augmentation du prix du Kwh pour les consommateurs. Est-ce à dire que les dirigeants actuels de la Sbee n’ont pas eu une bonne vision de développement et une politique de redressement pour la société.

En tout cas, le miracle ne s’est pas produit comme l’a su bien souligner Célestine Adjanohoun : "Les gens ont demandé six mois, ils ont même dit qu’en dix jours ils vont redresser la société, qu’en deux mois il n’y a pas de délestage. Moi je n’avais peut-être pas la solution en son temps. Eux, ils ont la baguette magique, qu’ils trouvent la solution maintenant……Quand je partais de la société, j’ai dit que j’attends le miracle. J’attends vraiment que le miracle se passe. Malheureusement j’attends toujours. Mais je ne perds pas espoir. J’attends que le miracle se passe pour que les béninois aient le courant comme il se doit. "
Effectivement le miracle ne s’est pas produit comme l’auraient souhaité les béninois. Au regard de la navigation à vue des autorités, tant du ministre en charge du département que du directeur général, le Bénin ne sortira pas de si tôt de l’auberge et le seul perdant serait malheureusement encore le pauvre consommateur qui n’aurait que ses yeux pour pleurer et son âme pour subir les affres du délestage.

Félix OTENIA



Tag(s) : #Politique Béninoise
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