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Le remaniement ou la prime aux scandaleux…

 

Tous solidement en place, les ministres dont les départements traînent les plus lourdes casseroles du Changement. À commencer par tous les anciens pensionnaires de la prison civile de Cotonou de l’équipe qui n’ont même pas tremblés. Cen-Sad, machines agricoles, escroquerie de masse autour du placement d’argent, micro-crédits aux plus pauvres, avion présidentiel, insécurité, délestage ; rien de tout cela n’a compté à l’occasion du remaniement ministériel. Au contraire, l’un des principaux protagonistes de la privatisation rocambolesque de la société de chemin de fer, l’Ocbn obtient un bonus avec l’entrée d’une de ses protégées au sein de la dream team. Le remaniement de juin 2010 n’aura malheureusement pas été la séance de rattrapage du pouvoir par rapport à sa profession de foi sur le devoir de compte rendu, la lutte contre la corruption, la moralisation de la vie publique. Tant pis pour tous ces indécis qui croyaient encore à une réhabilitation du discours sur le Changement abondamment ressassé en 2006.

 

Le balai n’a fonctionné que pour les mal classés, les petits budgets : jeunesse et sports, réforme institutionnelle, petites et moyennes entreprises, artisanat, justice et consorts. Les gros brasseurs de sous comme le Transport, l’Intérieur, l’Urbanisme, la Défense sont presque rassurés de participer à la dernière ligne droite. La course au rempilage est une affaire de gros sous. Un signal sans équivoque aux partisans d’une inquisition sur la gestion Yayi. La volonté de collaborer à l’éclosion de la vérité commandait que les ministres mis en cause sur les différents dossiers de corruption soulevés par l’Assemblée nationale quittent leur poste afin de laisser une chance à de la fouille sans obstacle. Le président de la République lui-même en sait quelque chose à ce sujet puisqu’il a dû « suspendre » François Noudégbessi pendant les investigations de la commission d’enquête complémentaire des conclusions de l’Inspection générale de l’Etat (Ige).

Le chef de l’Etat a donc consenti à mettre en retrait son ministre de l’Urbanisme afin de permettre à la commission Pognon d’investiguer à son aise. Ce même besoin de transparence et d’indépendance devrait pouvoir avoir plus de retentissement lorsqu’il s’agit de commission d’enquête parlementaire. Surtout qu’il avait la possibilité de faire un remaniement au lendemain de la mise sur pied de deux commissions parlementaires d’enquête l’une sur le scandale de la Cen-Sad et l’autre sur l’acquisition des machines agricoles. Sur le deuxième volet justement, grâce au jeu de la chaise musicale, l’ancien ministre de l’agriculture est passé à la Justice. Le supposé prévenu devient juge. En se référant à tous les épisodes d’instrumentalisation de l’appareil judiciaire à travers les dossiers Fagbohoun, Gbadamassi, Gnonlonfoun, Adihou et Adovèlandé, la vérité judiciaire sur les différents scandales du régime n’est certainement pas pour avant 2011.

 

Les enquêteurs parlementaires devraient se rendre à l’évidence que le docteur-président n’entend leur être d’aucun secours. Connaissant l’antiparlementarisme à fleur de peau de la Marina, les honorables enquêteurs savent très bien qu’ils n’auront pas le privilège accordé à la commission Pognon. Sinon le remaniement aurait pu donner lieu à la mise à l’écart des nombreux ministres encore au gouvernement sous l’autorité de laquelle des gants ont été achetés à 80 mille f Cfa, des imperméables à 400 mille f Cfa. Les ministres en exercice pendant que des malfaçons sur les travaux de route, des surfacturations, des décaissements fantaisistes et des manipulations de procédures de passation de marchés publics ont été décelés, conservent encore tous leurs potentiels de dissimulation et de destruction.

 

Une devise sous le Changement : se mouiller pour conserver son maroquin…

 

arimi choubadé

Rédigé le 21 juin 2010



Tag(s) : #EDITORIAL

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