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Le roi France est nu…

 

Il n’y a que la propagande sarkozienne qui soit capable de transformer une kermesse insipide comme celui de Nice (31 mai et 1er juin 2010) en un renouveau, une rupture, une nouvelle ère des relations entre la France et l’Afrique.

Comme pour couper court à toute spéculation critique des opinions africaines, le grand prêtre s’est empressé d’angéliser l’événement en déversant les superlatifs face aux caméras. Un exercice cosmétique qui cache mal l’embarras du roi France à s’exhiber en compagnie de ses ouailles traditionnelles francophones. Sur les quatre privilégiés invités à l’estrade pour la conférence de presse finale, un seul d’entre les francophones a pu figurer sur l’estrade de la conférence de presse finale, Paul Biya du Cameroun. Heureusement qu’il y a l’Afrique-France (ou la France-Afrique) qui rompt par moment l’indécent face-à-face avec la partie la plus arriérée du continent noir, celle des héritiers de l’ancêtre Gaulois.

 

Ce n’est pas tant ces retrouvailles périodiques entre l’Hexagone et les dirigeants africains qui posent problème. Aux gourous de l’Elysée d’aller à la découverte des causes qui rabougrissent d’année en année le prestige de leur pays. Le géant a des pieds d’argile. La sphère d’influence se réduit à quelques républiques bananières où sévissent toujours les coups d’Etat, les détournements massifs de fonds publics, l’impunité, la malaria, le sida, la mégalomanie et la mauvaise gouvernance. Cette fameuse sphère de 14 Etats, les seuls au monde dont la monnaie est garantie par l’ancienne puissance tutélaire. A l’international, un Etat francophone pur sang (exceptés les hybrides du genre Canada, Belgique, Vietnam et autres) est généralement un pays malade d’Afrique, Madagascar ou Haïti ; des échos bien ternes pour une puissance qui se veut planétaire. L’influence de la France se résout à la France elle-même ; contrairement à ses autres concurrents qui peuvent se prévaloir de nombreux îlots multiplicateurs disséminés aux quatre coins du globe. Ne parlons pas de la Chine et sa mentalité de conquérant portée par plus d’un milliard d’individus.

 

Déjà, l’Afrique toute entière ne compte que pour à peine 3% dans l’économie mondiale en terme de flux financiers. Que dire alors de la zone Cfa presque exclusivement composée de pays en conflit avec les normes démocratiques ? Les concepteurs des cellules africaines de l’Elysée ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes de ne pouvoir se prévaloir de relais assez bien gérés, relativement prospères et en pointe dans les progrès de la science et de la technologie. Imaginez une France partenaire privilégié d’une Côte d’Ivoire forte de son cacao ; d’un Gabon, d’un Congo, d’un Tchad, d’un Cameroun voire d’une Mauritanie dopés par l’exploitation du pétrole ; d’un Mali, d’un Bénin et d’un Burkina Faso en pôle dans la production de coton ; d’un Togo transfiguré par les ristournes du phosphate ; et d’un Niger comblé par l’exploitation de l’Uranium. Cela éviterait à Sarkozy sa posture actuelle de puissance mitigée.

 

Apparemment, l’Elysée n’appréhende pas encore les causes de son déclin. Même en Europe le mythe du couple franco-allemand ne tient plus tellement face à une Allemagne de plus en plus prépondérante voire impériale dans les choix de l’Union. Il ne suffit pas à Sarkozy d’être admiratif du chapeau du Nigérian Goodlock Jonathan ou d’être aux petits soins pour le Sud-Africain, Jacob Zuma pour retrouver une grandeur du passé. On ne peut pas continuer à manger à la même table que des putschistes et des dictateurs et espérer jouer un rôle de leader dans un monde global attaché à des valeurs basiques très fortes. A la France de choisir entre la restauration de sa puissance et les compromissions de la françafrique.

Un seul remède : lâchez les dictateurs…

 

arimi choubadé

rédigé le 04 juin 2010



Tag(s) : #EDITORIAL

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