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BENIN: Le triple suicide de «l’UN»  

 

 

24 novembre 2011 par  

 

 

L’Union fait la Nation (UN) regroupant les partis politiques de l’opposition a été reçue par le Président de la République dans le cadre du dialogue politique national. C’était avant-hier au palais de la Marina. Le contexte ne fait l’ombre d’aucun doute. La visite papale a été pour beaucoup. D’abord, bien avant, il y a eu le rapprochement spectaculaire entre le Président de l’Un, Bruno Amoussou et le chef de l’Etat, Boni Yayi au stade de l’Amitié. Ensuite, les effets secondaires de la lettre de dénonciation adressée au Saint Père par l’Union fait la Nation ont fini par résoudre le Chef de l’Etat à opérer cette ouverture, juste le temps d’une audience. Pour l’opinion internationale, Boni Yayi a entamé le parcours du discours de l’ouverture. Peut-être.

 

Dans ce jeu de dame, seule l’Union fait la Nation est la partie perdante. En effet, on peut se demander ce que recherche un parti d’opposition en réclamant un dialogue avec un chef de gouvernement ? Le dialogue suppose un échange. Il n’est pas synonyme d’altercation. Le dialogue aboutit à ce qu’on appelle le consensus, un principe à valeur constitutionnelle. Dans une telle perspective, le but visé est une gestion participative. Ce qui suppose, in fine, un accord de gouvernement à long terme. Et c’est là où le troisième suicide s’énoncera comme la mort d’un colosse qui montrait pourtant sa résistance face à la fatalité de l’anéantissement par le nombril. S’associer à un régime désespérément peu cartésien, revient à donner une caution morale à l’absence de méthode, à la précipitation et à la prévention. Autrement dit, le dialogue politique, c’est d’abord avec les institutions de la République. La Cour Constitutionnelle, en premier chef afin que ses  » locataires  » comprennent qu’une justice mal rendue est une agression contre le peuple et donc Dieu. Le Pape a parlé de réconciliation. En politique, la réconciliation est l’aboutissement du pardon.

 

Peut-il y avoir pardon lorsque le mensonge précède la réunion du repentir ? Aller au gouvernement au non de la réconciliation, c’est trahir la cause dont la finalité n’est nullement de se mettre à table pour savourer des os jetés par le maître d’hôtel. Aujourd’hui, l’UN est le plus grand parti du Bénin. Il doit continuer de mériter l’attention de son électorat en laissant le régime de Boni Yayi assumer l’entière responsabilité de la banqueroute en perspective avec l’inévitable dévaluation du Franc Cfa et ses corolaires de ralentissement du plein emploi. En politique, la double chaise est un suicide pour le charisme et la crédibilité.

 

L’autre suicide, le second qui a précédé le troisième, ce fut la trahison de la Renaissance du Bénin qui peine toujours à retrouver une identité au sein de la majorité présidentielle plurielle. D’ailleurs, son bureau presque à génuflexion demandait récemment à Boni Yayi leur intégration par parties !!!. L’opinion médusée cherche à comprendre. Elle s’exprimera, probablement à l’issue d’un vote régulier sur la base d’une Lépi auditée et nettoyée par l’anti-virus convenable. Face à ce mauvais départ, l’Un a résisté et a continué d’exister. C’est un sursaut.

 

Le Premier suicide, ce fut le candidat unique lui-même, Adrien Houngbédji. Il se définit comme sauveur de la Démocratie sans être un véritable Chef. La paix, partout est l’expression de l’équilibre de forces antagonistes. Si l’UN n’est pas considérée par le pouvoir, c’est par ce qu’elle n’inquiète personne et ne montre aucune capacité de nuisance. On ne négocie qu’avec un Monsieur qu’on redoute sur un plan donné.

 

Le triple suicide de l’UN conduira à la fin de la politique au Bénin car, la mouvance n’anime pas la vie politique puisque agglutinée autour de ses tuteurs, Boni Yayi et Mathurin Nago, elle a peur de s’émanciper sous peine de coups de gaule.

Douter de la parole du Chef mais de suivre cette parole en ayant la raison en éveil et l’intelligence en alerte. La preuve en est que Dieu, dit-on ne veut pas la mort du pécheur mais son repentir. Il convient de libérer la majorité présidentielle en leur annonçant la  » bonne nouvelle « . Cela n’est nullement le signe du libertinage parlementaire. Au contraire, les députés de la majorité pourront enfin mériter leur titre et le savoir dont ils pensent être dépositaires.

 

Boni Yayi, en réaffirmant sa volonté de respecter la loi fondamentale, s’élève au rang de ses deux prédécesseurs depuis le renouveau démocratique. Il souhaite ainsi entrer dans l’Histoire par une porte à la hauteur de son œuvre. Dans quatre ans, exactement quarante huit mois, Boni Yayi a la lourde mission de préparer l’avenir en sarclant les communes, surtout celles qui ont des chiendents comme fleurs ornementales. Autrement dit, les collectivités communales ne peuvent plus continuer à être des refuges d’illustres incompétents nourris au lait et à l’eau de notoriété, hélas, désormais du passé. D’où encore son implication personnelle pour déparasiter les listes de candidature de la majorité Fcbe+RB connue sous le sigle ironique de FCRBE.

 

Le Chef de l’Etat doit pouvoir assainir le cadre macro-économique et remettre les dépenses publiques au seuil convenable. La refondation déjà rectifiée en partie par une décision du juge constitutionnel n’est plus un concept mais une volonté de mener des réformes dans le cadre fondamentalement légal. En somme, Boni Yayi a pris un engagement public. Plaise à Dieu qu’il reste fidèle à sa parole.

 

Herbert Houngnibo

La Presse du Jour


 

 
 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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