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4ème gouvernement du Dr Boni Yayi

BENIN: Les 30 ministres pour le combat final à la loupe


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Boni Yayi a choisi ses 30 ministres pour le combat final

Le quatrième gouvernement du Dr Boni Yayi est connu depuis le week-end écoulé. 8 départs pour 8 arrivées et 22 ministres qui ont toujours gardé la confiance du chef de l’Etat dont 1 seul change de portefeuille. Le nombre de portefeuilles ministériels n’a donc pas changé. Et, le dernier gouvernement du Dr Boni se présente comme suit :

 

Ministre d’Etat chargé de la prospective, du développement, de l’évaluation des politiques publiques et de la coordination de l’action gouvernementale, Pascal Irénée Koupaki ; ministre d’Etat chargé de la défense nationale, Issifou Kogui Ndouro ; ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur, Jean-Marie Ehouzou, ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué, Garde des sceaux, ministre de la justice, de la législation et des droits de l’homme, Grégoire Akoffodji, ministre de l’économie et des finances, Idriss L. Daouda, ministre de la décentralisation, de la gouvernance locale, de l’administration et de l’aménagement du territoire, Allassane Séidou, ministre du commerce, Christine Ouinsavi, ministre de l’énergie et de l’eau, Sacca Lafia, ministre des recherches pétrolifères et minières, Barthélemy Kassa, ministre de la santé, Issifou Takpara, ministre des enseignements maternel et primaire, Félicien Chabi Zachari, ministre de l’enseignement primaire et de la recherche scientifique, François Adébayo Abiola, ministre de la famille et de la solidarité, Marie-Joe Mamata Memba Bio épouse Djossou, ministre de la culture, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, Galiou Soglo, ministre de l’environnement et de la protection de la nature, Justin Sossou Adamayi, ministre de la micro finance et de l’emploi des jeunes et des femmes, Reckyath Madougou, ministre de l’urbanisme, de l’habitat, de la réforme foncière et de la lutte contre l’érosion côtière, François Gbênoukpo Noudégbessi, ministre chargé des relations avec les institutions, Zacharie Baba Body, ministre délégué auprès du président de la République, chargé de la communication, des technologies de l’information et de la communication, Désiré Adadja, ministre délégué auprès du président de la République, chargé du transport terrestre, des transports aériens et des travaux publics, Nicaise Kochami Fagnon, ministre délégué auprès du président de la République chargé des transports maritimes et des infrastructures portuaires, Issa Badarou Soulé, ministre de l’industrie, Candide Azannaï, ministre de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle, Aké Natondé, Ministre de la jeunesse et des sports, Modeste Kérékou, ministre du travail, porte-parole du gouvernement, Gérard Kouassi, ministre des Pme et de la promotion du secteur privé, Clément Dégbo, ministre de l’agriculture, Michel Sogbossi, ministre de la réforme administrative et institutionnelle, Bernard Sogbossi Bocco, ministre de l’artisanat et du tourisme, Claudine Prudencio.

 

30 ministres pour le combat final

 

Mais que vaut ces 30 ministres, que ce soit au plan technique que politique et pourquoi certains ministres ont été remerciés et d’autres non ? A première vue, l’équipe gouvernementale du Dr Boni Yayi est à l’exception du ministre d’Etat Pascal Koupaki et dans une moindre mesure du ministre Idriss Daouda composée exclusivement de politiques. Les 8 entrants sont venus même renforcer cette appréciation qui se dégage de la lecture du gouvernement du Dr Boni Yayi. Ainsi, nombre de ministres ayant une assise politique et pouvant aider à contrer les candidats potentiels aux élections présidentielles de 2011 que sont Adrien Houngbédji et Abdoulaye Bio Tchané ont gardé leur portefeuille. Parmi eux, Sacca Lafia, Nicaise Fagnon, François Noudégbessi, François Abiola, Issifou Takpara, Allassane Séidou, Kogui N’douro, Désiré Adadja, Barthélemy Kassa, Chabi Zachari, Issa Badarou, Galiou Soglo, Justin Sossou Adamayi et Grégoire Akoffodji. Dans une moindre mesure, Reckyath Madougou, Jean-Marie Ehouzou, Christine Ouinsavi, Marie-Joe Mamata Memba Bio épouse Djossou, Zacharie Baba Body qui ne sont pas aussi portés vers la politique que leurs collègues ont été maintenus dans le gouvernement à cause des dossiers stratégiques qu’ils ont en charge ou du travail qu’ils abattent dans leur département ministériel. Pêle-mêle, nous pouvons citer les dossiers Lépi, Micro crédits et la diplomatie. L’inamovible ministre d’Etat Koupaki, quant à lui aura la charge de conduire l’action gouvernementale quand on sait que le chef de l’Etat Boni Yayi qui entend renouveler son mandat sera beaucoup plus sollicité en fin de mandat sur le terrain. Il sera appuyé dans cette tâche par le ministre des finances Idriss Daouda qui est également très discret sur le terrain politique.

 

Les nouveaux ministres à l’épreuve

 

C’est un secret de polichinelle. Les 8 nouveaux ministres du changement viennent surtout renforcer l’emprise politique du chef de l’Etat en vue des consultations électorales de 2011. C’est donc la même raison qui explique le départ de certains qui justifie l’arrivée des autres : quadriller le terrain pour empêcher les prétendants au fauteuil présidentiel de ravir la vedette à l’actuel locataire de la Marina. Ainsi, Clément Dégbo, originaire de So-Ava, est promu ministre de la jeunesse et des sports tout comme Gérard Kouassi, l’actuel chef d’arrondissement de Calavi centre, promu ministre de la fonction publique pour renforcer l’emprise du président Boni Yayi dans la 6ème circonscription électorale. Dans le Mono-Couffo, le président Boni Yayi a misé sur Michel Sogbossi, un homme de terrain et qui a, en plus, l’appui du maire de Lokossa, Dakpè Sossou. Dans la 24ème circonscription électorale, Boni Yayi n’a pas fait exception à la règle qui consiste à mettre en avant un homme qui fait l’unanimité dans sa localité. Il a donc eu recours à Natondé Aké en remplacement de son frère d’Agonlin, Roger Dovonou pour mieux contrer les velléités de Janvier Yahouédéhou. Aké Natondé n’est rien d’autre que le suppléant de Janvier Yahouédéhou lors des dernières élections législatives. Modeste Kérékou, fils du prédécesseur de l’actuel président a non seulement fait son entrée dans l’équipe gouvernementale pour réchauffer les liens entre les deux présidents mais aussi pour avoir l’appui de l’Upr. C’est pratiquement les mêmes raisons qui motivent l’entrée de la nièce du président Emile Derlin Zinsou, Claudine Prudencio au gouvernement. Reste maintenant à voir, si ces 8 nouveaux ministres combleront les attentes du chef de l’Etat, Boni Yayi.

 

Les raisons des 8 départs

 

Kint Aguiar, Victor Topanou, Etienne Cossi, Bernard Davo, Léandre Houaga, Joseph Ahanhanzo, Mamata Djaouga et Roger Dovonou ne font plus partie du 4ème gouvernement du Dr Boni Yayi. Le président de la République, en vue d’aborder en toute sérénité le dernier virage conduisant aux élections de 2011 s’est donc résolu à faire des choix. Mais, comme on pouvait s’y attendre, chaque sortie du gouvernement a été mûrie. Et, derrière elle, il y a une raison bien cachée. Dans la 6ème circonscription électorale par exemple, Kint Aguiar, Victor Topanou et Etienne Cossi n’ont pu donner satisfaction au chef de l’Etat en ce qui concerne leur emprise politique sur le terrain. De plus, la fronde des populations de So-Ava qui réclamaient le poste ministériel qui revenait à cette circonscription électorale n’était pas pour arranger les choses. Dans le Couffo, Bernard Lani Davo et Léandre Houaga n’ont jusqu’ici pas montré qu’ils pèsent lourd dans la balance devant le renard de Djakotomey, Bruno Amoussou. La sortie du ministre Joseph Ahanhanzo de l’équipe gouvernementale serait, d’après les sources les plus crédibles, liée à la détérioration de ses relations avec le président de son parti Udd-Wologuèdè, Zéphirin Kindjanhoundé. Mamata Djaouga, l’unique femme qui est passée à la trappe du remaniement ministériel, paie, quant à elle, le prix du rapprochement entre l’Upr et le président Boni Yayi. En un mot, le président Boni Yayi, pour que la mayonnaise prenne, a dû casser des œufs. Des choix en toute connaissance de cause, devant lui permettre de maximiser ses chances de renouveler son mandat en 2011.



21-06-2010, Angelo DOSSOUMOU S.



Tag(s) : #Politique Béninoise

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