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Lundi, 19 Décembre 2011

  

 

BENIN: Les Etats-Unis assignent des sociétés installées au Bénin dans un dossier de financement du terrorisme international

 

 

Écrit par Pierre Matchoudo

 

 

Trafic de stupéfiants, blanchiment d’argent et financement d’organisations terroristes: voilà les accusations qui pèsent contre des sociétés et groupes d’individus libanais installés entre autres au Bénin et au Togo avec des ramifications aux Etats-Unis au Canada et au Liban.

 

Dans un dossier d’accusation formulé par un procureur de New York le 15 décembre 2011, le nom de la capitale économique du Bénin est ressorti à plusieurs reprises, comme terrain d’opération d’individus affiliés d’une part au Hezbollah, le groupe paramilitaire libanais, que le gouvernement américain a classé sur la liste noire des organisations terroristes, et d’autre part, aux Talibans opérant en Afghanistan.

 

En ligne de mire, la société Ellissa Group SA, qui possède l’un des plus grands parcs de vente de véhicules d’occasion à Cotonou. Ce groupe intervient également dans la consignation et la construction d'infrastructures publiques notamment les routes au Bénin. Sont aussi dans le collimateur les sociétés Cybamar Swiss, une société de transport maritime ayant une représentation à Cotonou, et qui est utilisée par les trafiquants pour convoyer des voitures et de la drogue des Etats-Unis vers Afrique de l’Ouest.

Une troisième société, de transit, immatriculée au Bénin, est elle aussi visée par la justice.

 

Selon les documents rendus publics par le bureau du procureur new yorkais, Ellissa Group SA a transféré, par le biais de l’une de ses filiales, environ 61.747.534 de dollars, soit 3 milliards de francs cfa, ce entre janvier 2007 et janvier 2011. Cet argent a servi, dont une grande partie a quitté le Liban et transité par une banque libano-canadienne, a servi à l’achat de voitures d’occasion et de stupéfiants auprès des cartels latino-américains.

 

Toutes ces marchandises sont par la suite expédiées par bateau dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, principalement au Bénin ainsi qu’au Togo et au Ghana. Une fois celles-ci vendues sur place ou réexportée ailleurs sur le continent ou en Europe – comme c’est le cas pour la drogue - l’argent récolté est envoyé au groupe paramilitaire Hezbollah à Beyrouth au Liban.

 

Plusieurs passeurs sont utilisés comme moyens de transfert de ces fonds, qui se comptent en centaines de millions de francs cfa. C’est ainsi que, révèle le dossier d’accusation, trois individus ayant embarqué à l’aéroport international de Cotonou ont été arrêtés le 9 décembre 2010 à l’aéroport Charles de Gaulles de Paris. Les autorités aéroportuaires françaises avaient découvert que ces voyageurs en partance pour Beyrouth avaient dans leurs valises plus de 6,5 millions de dollars américains (plus de 3 milliards de francs cfa) ainsi que 48 500 Euros. Sur l’un de ces trois individus était porteur d’une carte d’identité délivrée par Ellissa Mégastore basée à Cotonou.

 

Pour brouiller les pistes, certains passeurs font transiter l’argent par voie terrestre du Bénin au Ghana, puis prennent l’avion à l’aéroport international d’Accra. Ce trafic se déroule sous les yeux des agents de contrôle des frontières béninois et togolais, mais une fois à l’entrée du Ghana, ils se voient obligés de déclarer les fonds, souvent évalués en dizaines de milliers de dollars, alors que la législation internationale n’en autorise que moins de 10 000. Malgré tout, ils franchissent la frontière, après y avoir fait quelques libéralités, grâce à l’appui d’un relai installé au Togo depuis de nombreuses années.

 

En février 2011, en pleine campagne électorale, certains medias locaux avaient révélé l’implication de certaines entreprises libanaises au Bénin dans ce trafic de stupéfiants et le blanchiment d’argent. Mais ces révélations n’avaient pas eu d’écho dans l’opinion publique, plutôt focalisée sur les enjeux électoraux. Les responsables d’Ellissa Group Sa avaient alors qualifié les journalistes d’affabulateurs.

 

Le Bénin, pays dont les frontières tant aériennes, maritimes que terrestres sont poreuses, est de plus en plus prisé par certains réseaux criminels. Récemment, à en croire certaines sources, des bailleurs de fonds ont menacé de prendre des mesures contre le pays si les autorités ne faisaient rien pour endiguer ce fléau qui se développe à grande vitesse.

 

Source: http://www.beninactu.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1396:financement-du-terrorisme-les-etats-unis-assignent-des-societes-installees-au-benin&catid=36:une



 
 
 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise