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09 février 2012

  

 

BENIN: Les intellectuels faussaires sont les nouveaux chiens de garde du roi Boni 1er

 

 

Par Benoît ILLASSA

 

 

 

Il nous paraît essentiel de commencer en citant notre Doyen Olympe BHÊLY-QUENUM qui, malgré l’immense service rendu à sa terre natale qu’est le Bénin, n’est toujours pas reconnu par les autorités de son pays parce qu’il continue de rester debout et intègre:

«…La sensation des choses étranges même du pays natal et leur compréhension ne rendent pas étanche aux progrès du monde moderne; pas plus que l’absolue acceptation de l’archaïque, le misonéisme ne rendra personne heureux; oui la vérité et sa pratique doivent l’emporter sur les compromissions qui font ramper.»(1)

 

Dans cet excellent roman, le Doyen O.B.Q. nous fait revivre avec talent la culture africaine. C’est donc peine perdue pour les «occidentalistes» qui continuent de penser que «le monde occidental doit dominer le reste du monde. » L’Afrique, berceau de l’humanité, a bel et bien une histoire et aucune civilisation n’est supérieure à la sienne. Tant pis pour les néoconservateurs qui s’affolent face à la mondialisation qui leur échappe.

 

Contrairement à la pratique chez notre colonisateur et aussi surprenant que cela puisse paraître chez nous les africains, héritiers de la langue de Molière, il n’y a pas d’intellectuels en Angleterre. Il se raconte que François Mitterrand, fraîchement élu président de la République, et invité par Margaret Thatcher au Royaume-Uni, demanda à rencontrer des intellectuels. On lui répondra qu’il pouvait trouver des écrivains, des historiens, des philosophes et des chercheurs mais pas d’intellectuels.

 

Chez nous au Bénin, «les perroquets du pouvoir» sont légion. Certains sont même sans vergogne. « Ils sont prêts à trahir en voguant dans la même croisière de milliardaires qui s’amusent et qui n’ont aucune envie de voir tarir le fleuve de privilèges qui prend sa source dans leur connivence ou leur compromission.»

 

LE CULOT DES INTELLECTUELS FAUSSAIRES (2)

 

«Leur culot, leur absence totale de scrupules semblent être illimités et constituer un atout. Loin de subir une réprobation générale, on les acclame de plus belle. Je suis estomaqué par tous ces intellectuels et experts qui n’ont pas de scrupule à employer des arguments de mauvaise foi, à énoncer des contrevérités, afin d’emporter l’adhésion». Le décor est donc planté. On croyait la transhumance réservée aux politiciens analphabètes qui peuplent nos institutions béninoises et voilà qu’on découvre que même nos «akowés» qu’on qualifie pompeusement d’intellectuels singent le «blanc».

 

C’est tellement vrai que les vrais intellectuels béninois sont devenus une denrée très rare à cause de la politisation à outrance de nos administrations. Qui donc pour venir apporter le change à ces illuminés intellectuels faussaires qu’on retrouve aussi bien chez les locaux que chez les P.T.F. (Partenaires Techniques et Financiers)?

 

«Un expert, fut-il P.T.F., peut enchaîner les erreurs en étant toujours invité sur les plateaux de télévision. Une fois mis sur orbite médiatique, on ne descend pas facilement sur terre. Un sportif qui alignerait les contre-performances cesserait d’être sélectionné.» Plus grave encore sont les «mercenaires.»

 

LA TRAITRISE DE L’A.J. BENINOIS OU L’AIME JACQUET DE LA PENSEE

 

«Les faussaires ne croient en rien sauf en eux-mêmes. Ils vont adhérer à des causes, non parce qu’ils sont convaincus de leur bien-fondé, mais parce qu’ils estiment qu’elles sont porteuses, qu’elles vont dans le sens du vent dominant.»

 

Un très grand Homme politique béninois a été trahi, il y a un an, par les siens et non des moindres. Il a été victime de ces «mercenaires. » Notre A.J. béninois était en fait une taupe. Il aurait été approché depuis 2009 par «la Putain de République» version tropicale pour retourner celui qui se présentait alors comme le dauphin de son maître, sans lequel il ne serait rien aujourd’hui.

 

«Les mercenaires pensent qu’à partir du moment où ils défendent les thèses dominantes, leurs méthodes répréhensibles ne seront jamais sanctionnées. Pourquoi s’embarrasser de scrupules? Dire la vérité oblige à un effort supplémentaire de conviction. Proférer un mensonge n’est pas, n’est plus disqualifiant. Il faudrait être sot pour ne pas en profiter.» Notre A.J., en parfait «mercenaire» avait même confié, après son forfait, avoir été sollicité pour «entrer au gouvernement comme ministre de la justice.»

 

Interrogé, notre A.J. tropicalisé dit, à qui veut bien l’entendre, qu’il se consacrera désormais à sa nouvelle vocation. Il redevient ainsi le «faussaire» qu’il fut avant de devenir «mercenaire.» Sauf qu’il y a un hic pour qui suit bien la chronologie de la politique béninoise. En réalité, notre «mercenaire» a attendu la clôture du dépôt des listes aux élections législatives avant de claquer la porte. Non content d’avoir été repéré comme une taupe, il a eu le culot de demander à être positionné en position éligible sur la liste de son mentor pour devenir député. Rien que ça!!! En six ans, l’inconnu a tout obtenu jusqu’à devenir le bras droit du «boss». Si le «boss» avait cédé à ce dernier caprice assez culotté, une fois au parlement, il aurait rejoint le camp d’en face sans scrupule.

 

CONCLUSION

 

«Les vertus d’honneur, de dignité, pour être toujours mises en avant, sont de moins en moins respectées. Le ridicule ne tue plus depuis longtemps, il semble même dans certains cas être un bain de jouvence permanent. L’honnêteté intellectuelle n’est plus un critère qui conditionne l’exposition médiatique. Il n’y a pas que les paroles qui s’envolent, les écrits également. Priorité est souvent donnée à celui qui assène son propos de façon péremptoire (et qui ne s’embarrasse pas avec les subtilités de la réalité), même si chacun a en mémoire les contradictions, omissions ou mensonges proférés.»

(1) Olympe BHÊLY-QUENUM, Les Appels du VODUN, page 159, éd. Phoenix Afrique

 

(2) Pascal BONIFACE, Les intellectuels Faussaires, le triomphe médiatique des experts en mensonge, éd. POCKET, déc. 2011

P.S. Cet article a été écrit en nous inspirant de l’excellent livre de Pascal BONIFACE d’où de larges extraits ont été puisés.

 

 

Benoît ILLASSA

 

 



 
 
 
Tag(s) : #EDITORIAL

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