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Les pères de la Constitution rectifient Yayi : L’article 68 n’est pas pour voter un budget

 

28 mars 2010 par La Presse du Jour 

 

Les pères de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 commencent par remettre les pendules à l’heure face aux violations constatées sous le régime du Changement. A la faveur d’un colloque régional sur la démocratie en Afrique tenu à Cotonou la semaine écoulée, l’une des figures de proue de la constitution béninoise a déclaré avec force que « l’article 68 n’est pas pour voter un budget général de l’Etat ».

 

Avec le temps, ceux qui induisent le gouvernement actuel en erreur, ou qui se font complices des violations de la Constitution se feront désavouer par ceux qui ont toujours lutté pour le respect de la démocratie et de ses institutions.


« L’article 68 est entrain d’être utilisé à des fins autres que ce qu’on a retenu. Cet article est pour les périodes de crise et des périodes exceptionnelles. Ce n’est pas pour voter un budget » a déclaré le jeudi 25 mars 2010 au Centre international de conférences de Cotonou, l’éminent constitutionnaliste à qui on colle en premier ressort la Constitution béninoise du 11 décembre 1990. Ce doyen des professeurs du droit constitutionnel qui anime et accompagne la démocratie au quotidien, s’est offusqué de ce qu’est devenu son pays.  Il a fait savoir clairement que « c’est le parlement qui vote le budget. Et c’est par ce vote que le parlement se montre comme une Institution qui accorde les moyens à l’Exécutif pour gérer  la cité ». Il a expliqué que ce pouvoir est arraché au parlement par l’évocation d’une ordonnance pour mettre un budget à exécution. Selon le professeur, il y a trop de choses qui se font actuellement, mais le moment viendra où en tant que citoyen, il pourra  donner son point de vue, lorsque le débat sera ouvert. Contrairement aux éminents conseillers du régime  et responsables d’institutions consultés qui ont fait croire en son temps que le Chef de l’Etat était fondé à prendre une ordonnance, le professeur a été clair que l’article 68 n’était pas pour voter un budget. A l’endroit des juristes, il a déclaré aussi : « De grâces, lisez vos textes. Nous qui nous disons juristes, nous ne lisons pas les textes. Il faut lire la Constitution. Car, chacun l’interprète comme il veut. On doit dire le droit ». Pour conclure son propos, le constitutionnaliste a  déclaré que nous n’avons pas inventé la justice constitutionnelle et que la Cour Constitutionnelle est le dernier recours en matière de droit ».


A partir de cet instant, il devient nécessaire que les personnalités encore indépendantes et libres en conscience au Bénin rompent le silence pour éviter que le bateau de la démocratie béninoise ne chavire, car le droit se meurt au Bénin avec les juristes et constitutionnalistes alignés.

 

Guy Constant Ehoumi

Tag(s) : #Veille juridique

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