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  Bénin: Les trafiquants d’essence frelatée de Kilibo, fief de Boni Yayi, nullement inquiétés

  

 

Publié le 05 décembre 2012

 

 
 

Les trafiquants d’essence de contrebande de plusieurs régions du Bénin ne sont nullement inquiétés par les mesures prises par le gouvernement pour réprimer ce commerce. Mieux, ils soutiennent que nul ne peut les empêcher de vaquer à leur trafic quotidien.

 

 

Agoh, un quartier de Kilibo, à cent mètres du cimetière en cette matinée du samedi 1er décembre. Une vingtaine environs de camions chargés de fûts d’essence attendent patiemment d’être déchargés. Après plusieurs kilomètres de route depuis le Nigéria via le fleuve Okpara, les acteurs de ce trafic devisent calmement. Pourtant, un poste des douanes existe bel et bien à Kilibo et, de surcroît, le N° 2 des douanes béninoises, Elisabeth Adimi, est originaire de cette ville du département des Collines.

 

La fine rosée qui s’abat sur Kilibo n’émousse en rien leurs ardeurs. Quelques clients viennent de temps à autre s’enquérir des prix de vente. Les discussions sont acharnées. A la fin, les acheteurs qui ont réussi à les convaincre payent monnaie comptant et les fûts d’essence sont transbordés. D’autres qui n’ont pas pu se mettre d’accord avec leurs interlocuteurs se retournent vers d’autres cibles. Les marchandages se déroulent toujours suivant les mêmes manèges.

La répression engagée par le gouvernement ne semble pas avoir d’effet ici à Agoh. « C’est à Cotonou et Porto-Novo qu’on arrête les contrebandiers », explique Ruffin L. Pour lui comme pour ses compères, la répression que subit l’essence de contrebande ne peut être effective que dans les villes capitales économique et politique du Bénin. « Les voies qui mènent au Nigéria sont nombreuses », a confié une autorité de la ville de Savè. Comme si de rien n’était donc, les anciens menuisiers, maçons, scieurs et autres qui ont trouvé leur gagne-pain dans le trafic de l’essence frelatée attendent de vider leurs camions histoire de reprendre le chemin du Nigéria voisin.

 

A coté du cimetière, un homme, la quarantaine révolue, habillé d’un short et d’un t-shirt blancs maculés de résidus noirs d’huile vide un fût à l’aide d’un tuyau. Les cinq bidons de cinquante litres alignés à ses côtés se remplissent l’un après l’autre. Il est réputé pour être l’un des plus importants distributeurs de carburant de Kilibo. A 100 mètres du cimetière, à 100 mètres du point de déchargement des trafiquants, le gérant de la seule station-essence SONACOP de Kilibo attend avec inquiétude l’approvisionnement de la station.

 

Il ne sait quand la livraison sera effectuée. En attendant, il devise avec quelques amis et confie que ce n’est pas la première fois qu’il connait cette situation. Il n’est même pas en mesure de dire à quand à peu près il pourrait se faire ravitailler. Toute cette scène se déroule à quelques encablures de la gendarmerie de Kilibo. « C’est nous qui les faisons », s’est exclamé Laurent K., trafiquant, en réponse à la question de savoir ce qu’il adviendrait de ce commerce si les hommes en uniformes recevaient l’ordre de réprimer ce commerce à Kilibo.

 

Nafiou OGOUCHOLA (Coll.)

Source: L'Evènement Précis

 
Tag(s) : #Les TCHABE : le dynamisme

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