Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

8 juillet 2010


Limogeage du Ministre de l’Intérieur: La « bombe » Icc services enterre Zinzindohoué

Jamais un sans deux. Après Constant Amoussou précédemment Procureur général de la République, c’est Armand Zinzindohoué qui s’est vu retirer par le Chef de l’Etat, ses attributions de ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique. Comme dans le premier cas, il a été rattrapé par l’affaire Icc services. La liste noire s’élargit et Yayi Boni risque de décapiter son équipe avec les troublantes révélations d’hier, mercredi 07 juillet 2010 au Palais de la République.

 

Jusqu’où ira le chef de l’’Etat Yayi Boni dans le dossier Icc services ? Tous ceux qui suivent son évolution s’interrogent de la même manière. Et s’ils s’intéressent aux différentes implications, ils ne doivent pas s’ennuyer avec ce que cela révèle chaque jour comme nouveauté. Hier, mercredi 07 juillet 2010, le Président de la République s’est séparé de son ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique Armand Zinzindohoué au terme d’une longue séance de confrontation avec Emile Tégbénou, responsable Ouémé Plateau de la société Icc services. Une confrontation qui a débouché sur de troublantes révélations, qui sans doute ont fait dresser les cheveux sur la tête de Yayi Boni au point de déclencher sa colère. Il était très fâché après avoir écouté Emile Tégbénou, libre de ses mouvements au moment où ses acolytes sont privés de liberté depuis bientôt deux semaines. Les accointances du ministre de l’Intérieur avec cet homme et tous les autres responsables de Icc services ont provoqué une ébullition au Palais. Il est donc reproché à Armand Zinzindohoué, d’avoir protégé des personnes recherchées dans ce dossier, dont Emile Tégbénou, un analphabète de premier ordre, un ignare calfeutré, mais qui a le don de l’escroquerie. C’était quasiment un intouchable qui a fini par être ébranlé. Les forces de sécurité et de l’ordre ont dû redoubler de vigilance avant de mettre la main sur lui. A la faveur d’une perquisition menée dans son principal domicile, un permis de port d‘arme a été découvert. Il détient également trois armes, deux pistolets et un fusil à pompe. Une découverte qu’on était à mille lieues d’imaginer. Et le cerise sur gâteau, c’est que Emile Tégbénou se déplace avec un policier, qui assure sa garde. De quoi crever l’œil du chef de l’Etat, stupéfait. Comme « Le Matinal » l’a souvent écrit depuis que cette affaire a éclaté, c’est l’illustration parfaite de la complicité au sommet de l’Etat. Armand Zinzindohoué directement montré du doigt n’a pas pu se tirer d’affaires. Il ne pouvait en être autrement, d’autant que les différents rapports qui venaient d’être présentés au chef de l’Etat ont fait chuter sa crédibilité auprès de ce dernier. La rupture entre les deux hommes se précisait en fait depuis quelques jours, mais c’est seulement hier, que l’acte a été posé. Yayi Boni qui ne se sépare pas plus de son stylo depuis quelque temps en signant les nominations et les limogeages a signifié à son ministre de l’Intérieur qu’il ne fait plus partie de son équipe, soit deux semaines après avoir été reconduit à ce même poste très envié. C’est vraiment la fin brutale d’une idylle. Armand Zinzindohoué, un cacique, ou pour être plus précis, un faucon du régime du Changement, est tombé de sa plus mauvaise chute. L’un après l‘autre, ceux qui ferraillent dur dans l’entourage du chef de l’Etat passent à la trappe. Ça aurait pu être le cas de Victor Topanou, emporté par le dernier remaniement en date. Bien qu’il ne soit plus Garde des Sceaux, il a été rappelé au Palais de la République pour la confrontation. Il n’a pas été coincé. C’est plutôt le Procureur général de la République Constant Amoussou qui vient de faire les frais de la colère du chef de l’Etat dans cette affaire. Le Magistrat a été déposé tout simplement en violation de la procédure régulière. Ce n’est que le début du tsunami qui vient d’atteindre le sommet de l’Etat. Le ministre Armand Zinzindohoué n’a pas résisté à la tempête qui souffle et s’abat sur l’appareil d’Etat. Constat. Les deux premières victimes de ce tsunami proviennent du cercle fermé du chef de l’Etat. De plus, ce sont deux institutions, symboles du régime du Changement qui ont été touchées. La Sécurité et la Justice. Mauvaise image pour un pays qui s’organise pour émerger.

 

FN

 

LEMATINAL



Tag(s) : #Politique Béninoise