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02/05/2012

 

 

Le Président Boni YAYI
 
 
 
BENIN: Mon point de vue sur la Révision de la Constitution béninoise - Par Boni YAYI
 
 
Par Boni YAYI


"Votre démarche réconforte sur la conviction qui m’avait animé depuis 2008 de diligenter cette commission de hauts juristes dont la compétence va au-delà de nos frontières. Je fais allusion au Professeur Holo qu’on ne présente plus, à Maître Robert Dossou, actuel présid...
ent de la Cour constitutionnelle, est-ce que je vais oublier le Professeur Glèlè, je ne pense pas et d’autres. Monsieur le Président, je crois que c’est du fond du cœur que je voudrais dire ceci: depuis que ce dossier a commencé par agiter la République, je me suis abstenu d’en dire mot. Ce qui a fait dire à d’aucuns que le silence du Président est inquiétant. Je n’ai rien à cacher. Vous lisez tout ce qui est dans mon cœur. Pour moi, l’acte qui a été posé à l’époque, c’est en 2008, je vous le précise, présidait à ma détermination de travailler à la modernisation de notre constitution. Le temps que nous passons maintenant, où le contexte dans lequel s’émeut notre continent, nous en donne raison. Je fais allusion (en notre qualité de Président de l’Union africaine) aujourd’hui, aux turbulences auxquelles reste confronté notre chêr continent. Au titre des causes à l’origine de ces turbulences figure, Monsieur le Président, l’absence de clarté et peut-être quelques ambigüités qui marquent les dispositions constitutionnelles dans nos pays. Les problèmes liés à la mal gouvernance, au non-respect d’une bonne gouvernance constitutionnelle dans nos pays. C’est pourquoi au titre des valeurs que nous avons retenues et autour desquelles notre continent doit pouvoir s’unir, au premier plan figurent la gouvernance de nos codes électoraux, la gouvernance constitutionnelle. Je crois que ce travail a été fait. C’est pour moi l’occasion de remercier ceux qui ont travaillé à lancer les premières idées. Et je le dis en toute indépendance. Nous avions demandé les observations de toutes les institutions de la République avant que le projet ne soit introduit en Conseil des Ministres et transmis à notre Institution parlementaire depuis maintenant trois ans. C’est avec plaisir que j’ai constaté l’accent que vous avez mis sur les éléments fondamentaux. Vous pouvez lire le discours que j’ai lu au cours de la mise en place de cette commission. J’ai dit que vous pouvez tout faire, mais ne touchez pas aux deux fondamentaux, la limitation de l’âge et la limitation de mandats. Nous sommes une grande démocratie maintenant. Cette disposition a été appliquée à nos aînés. Je fais allusion aux Présidents Kérékou, Soglo. Je n’oublie pas ceux qui ne sont plus parmi nous. Je crois monsieur le Président que dans mon discours depuis 2008, cet accent a été mis comme vous venez de le rappeler. Et je vous en remercie, parce que j’ai entendu dire qu’on n’avait aucune contrainte de la part de notre espace communautaire, c'est-à-dire l’Uemoa. Mais en termes d’exigence dans le sens de la meilleure transparence des finances publiques même si on ne nous le demande pas, nous devons le faire. Je crois que les grandes démocraties américaine, japonaise, française ont confié cette responsabilité à une équipe qui tous les ans, rend compte à la République de la manière dont les finances publiques ont été gérées à travers ce que nous appelons la Cour des comptes ; et c’est pourquoi dans la plupart de leurs constitutions cette disposition figure bel et bien, c'est-à-dire la Cour des comptes. J’ai mis l’accent là-dessus, je leur ai dit qu’il faut absolument que maintenant nous nous mettions en règle, parce que nous sommes en train de violer les dispositions de notre espace communautaire. Et là aussi, les difficultés dont nous sommes sortis au cours des élections de 2007, j’ai dit qu’il faut absolument constitutionnaliser la Cena et donc de nous aider".
L’incompréhension
"Donc voilà, je crois qu’ à travers un commentaire Monsieur le président, chers Professeurs, j’ai été rassuré et j’ai même évoqué certains aspects qui sont indispensables pour assainir la vie politique de notre Nation. Continuez comme ça, je vous ai dit que c’est avec étonnement que j’ai constaté l’incompréhension. Je vous l’ai expliqué, et je me proposais de le faire un jour devant la nation et c’est mon devoir dans le cadre de l’obligation de reddition des comptes. Je suis tenu de l’expliquer, parce que cette question a agité la République. Mais je me préparais à le faire lorsque vous avez demandé à restituer le travail. Je vais répondre maintenant, puisque c’est une occasion qui m’est offerte. Lorsque ce document a été envoyé après le travail qui a été fait par le Professeur Glèlè et son équipe, il y a trois ans, comme je l’ai dit, notre institution parlementaire avait été saisie, je me rappelle bien. Nous avons en son temps sollicité les observations des institutions de la République. Maintenant il reste à écrire à la Cour suprême de manière particulière. Mais comme la Cour suprême fait partie des Institutions de la République, je crois que nous n’avions pas respecté cette disposition, je viens de me rappeler. Mais ceci dit, j’ai compris que vous avez mis l’accent sur la démarche et je vous en donne raison. J’avais proposé au président que cette démarche qui consiste d’abord à faire en sorte que cette partie de la classe politique travaille pour que nous puissions arrêter une stratégie globale en direction des partis politiques, en direction de la jeunesse, des femmes, de la société civile en tout cas pour susciter un débat national sur cette question, parce que la Constitution est notre loi fondamentale, ce n’est l’apanage de personne et tous les citoyens doivent pouvoir être mis dans de meilleures conditions pour en comprendre le contenu. Je crois que c’est le socle de notre nation et je souhaite à tout moment la paix, la stabilité, la sécurité sans lesquelles on ne peut aboutir à une prospérité partagée. Monsieur le Président, je viens de vous informer que j’ai été surpris peut être pas trop, de constater que cette question a agité la République. Mais tout en reconnaissant qu’il y a eu un problème d’approche, je le reconnais, on ne peut pas examiner un document de ce genre au cours d’une session extraordinaire. Franchement, je partage ce point de vue mais je ne suis pas comptable moi. Je suis l’Exécutif et dans le cadre de l’indépendance des institutions, ce n’est pas moi qui arrête l’ordre du jour autour duquel s’organisent les débats parlementaires. Mais le devoir que j’ai à l’endroit de ce peuple, c’est de créer les conditions de paix. C’est pourquoi j’ai décidé de retirer le projet de décret transmettant cette loi de révision de notre constitution pour exprimer ma bonne foi. Mais je dois dire aussi que c’est vrai, je l’ai entendu et il faut que je me prononce là-dessus. On me demande ce qui me pousse à exiger au même moment le retrait du document , la restitution du travail de la commission. C’est simplement mû par mon souci de m’assurer que tous les aspects ont été pris en compte. Je vous ai dit qu’il y a trois ans que ce projet a été transmis. Votre commission dont je salue le professionnalisme a été installée en septembre 2011. J’ai découvert son professionnalisme et j’ai sollicité ses compétences. Vous êtes des compétences et je vous ai fait appel pour m’assurer que tous les aspects ont été pris en compte surtout pour tenir compte des mutations qui sont les nôtres. C’est vrai, le dossier est déjà parti mais j’ai pris le soin d’appeler le Président Nago pour lui dire que j’ai l’intention de confier à toutes fins utiles ce document pour une dernière lecture. Mais le Président m’a dit que le dossier a été affecté. Mais ce n’est pas grave, certainement que cette commission de par ses compétences va extirper les propositions qu’on peu maintenant verser dans les débats au sein de la commission des lois ou la commission appelée à statuer à l’attention de la plénière de notre institution parlementaire. Donc Voilà, il n’y avait pas de flottement en tant que tel. Je voudrais m’assurer qu’avec les nouvelles compétences, il s’agit de notre constitution. Donnons-nous l’occasion pour que nous puissions rattraper les insuffisances techniques. Insuffisances parce qu’il y a des mutations qui ont bouleversé notre existence. Mr le Président, je voudrais vous rassurer. Vous n’avez pas travaillé pour rien. J’ai organisé ce retrait. Je crois que c’est un retrait technique. Je ne sais pas comment vous l’appelez. Mais je veux rassurer le peuple béninois qu’il y aura un débat national. Notre pays ne peut pas en matière de modernisation de notre disposition constitutionnelle offrir un document qui peut être vu comme dépassé. Par exemple, par rapport à cette question de la Cour des comptes, au sein de l’Uemoa il y a deux Etats, le Mali et le Bénin. D’ailleurs le Mali a organisé ce que nous avions fait. Nous avions été les premiers à organiser cela. Il y a eu une commission qui a réfléchi sur la constitution malienne à la suite de ce que nous avions fait. N’eût-été les derniers événements que nous connaissons actuellement, ce problème serait réglé au Mali et le Bénin sera le seul et ceci aura des implications sur la qualité des relations que nous entretenons avec certains pays qui sont attachés à la transparence dans la gestion des finances publiques. Si moi, je suis convaincu qu’absolument il faut que nous allons, dans quelques années, c’est moi qu’ils vont juger et je dis que je suis prêt. Et il y a des députés qui disent qu’ils ne sont pas prêts à corriger la manière dont les finances sont gérées. Je crois que je suis incompris. Je crois qu’avec ce que vous aviez dit, je suis rassuré".
La menace des partenaires
"Donc je crois qu’il faut que ce soit nous qui le fassions, parce que les Danois nous ont quittés à cause de ça. Au titre des argumentaires, c’est vrai qu’il y a eu un redéploiement de leur politique étrangère en matière d’assistance en Afrique. Mais l’une des raisons fondamentales est qu’ils ont dit que si nous ne sommes pas en mesure de constitutionnaliser la Cour des comptes, « On va donner la priorité au Burkina-Faso. Le Burkina a réussi à le faire. Nous ciblons les pays qui ont un peuple qui travaille bien. On a réussi à intégrer la Cour des comptes dans la constitution. Si vous les Béninois vous ne pouvez pas, on va partir. D’autres pays comme la Hollande menacent actuellement. Chers professeurs je voudrais vous remercier. C’est pour mieux sauter. Nous avions commis des erreurs au niveau de l’introduction de ce dossier au sein de l’institution parlementaire. Mais ce n’est pas le Président Yayi Boni qui programme l’ordre du jour. Je suis convaincu qu’avec votre assistance, nous allons pouvoir examiner avec la classe politique tout entière, la société civile pour voir comment nous allons réorganiser les débats. Il y aura des débats et ça me tient à cœur. Pour moi, une économie n’a pas sa place dans les institutions de la République. Et cette disposition figure dedans, mais pourquoi on ne dit pas ça au peuple béninois? On vient d’en parler maintenant, les questions liées à la transhumance politique. Nous voulons stabiliser maintenant notre démocratie, l’assainir, nous le méritons. Et c’est indispensable dans notre marche vers la prospérité et toutes ces questions figurent dans les réformes et principes que le gouvernement a retenus. Par rapport au problème de la gouvernance, il faudra voir comment nous allons organiser la gouvernance locale, parce que nous voulons organiser le transfert des compétences, le transfert des ressources. Nous n’allons pas transférer les erreurs au niveau de l’administration centrale et aussi au niveau de la gestion de nos collectivités locales. Les problèmes de développement se trouvent à ce niveau. Quand nous prenons les problèmes de mondialisation, de globalisation et tout ça, la meilleure manière est que nous accélérions notre marche vers une meilleure décentralisation, c'est-à-dire un développement à la base, ce qui préoccupe aujourd’hui notre gouvernement. Mais lors des débats, je crois que chacun a son point de vue et je ne veux plus revenir là-dessus. Ce peuple m’a adopté et je ne vais jamais le trahir.
Comprenez bien, je suis d’une certaine foi".
Je réponds à mes accusateurs
"S’agissant du respect de ces dispositions c’est à dire la limitation de l’âge, la limitation du mandat, je crois, c’est mon droit aussi. Si on m’accuse, je dois accuser aussi. C’est à dire que ceux qui doutent, s’ils étaient à ma place, ils l’auraient fait. Mais moi je le jure. Je l’ai dit lors de la mise en place de cette commission, je l’ai dit lors de mon investiture en présence d’une dizaine de chefs d’Etats. Je l’ai dit aux Nations Unies devant le Secrétaire général Ban Ki Moon, le Président Obama aussi qui d’ailleurs pour la petite histoire, me demandait « Je vous ai suivi, vous avez dit que vous partez, et maintenant qu’est ce que vous allez faire après ? ». Je lui ai dit que je serai pasteur. Il me dit « Invitez-moi lors de vos prédications ». Je lui ai dit ça se fera mais je lui ai dit je suis dans une brousse. J’ai dit aussi au Président Sarkozy et à tous ceux que je connais. Comment peut-on encore continuer de douter de moi ? Je crois que je ne suis rien devant ce peuple. Allons vers les questions essentielles. A nos députés, allons vers la sincérité avec ce peuple là qui souffre dans le Bénin profond sans infrastructures sans eau, sans écoles, sans hôpitaux et dont le pouvoir d’achat s’érode au jour le jour. Pour moi le Bénin doit rassembler la compétence de tous ses fils. Dix ans au pouvoir je crois que c’est suffisant. Je veux qu’on porte ce débat au niveau national. Je voudrais rassurer les uns et les autres, le dialogue politique, on l’a commencé. Je crois on me l’a dit. C’est le Président Houngbédji qui me disait que j’ai préféré faire d'une pierre deux coups. J’ai reçu les membres de l’Un, il y a quelques mois. Mon frère aîné le Président Bruno Amoussou conduisait cette délégation et il a dit que pour le dialogue politique, il faudra vraiment que nous lancions le processus. Je lui ai dit que compte tenu de mes responsabilités, je vais mettre en place un comité qui va se rapprocher de vous pour que vous déblayiez le terrain. Au centre des préoccupations figurent les questions liées à la gouvernance politique, économique, sociale, la solidarité nationale etc.. pour que nous puissions en ma présence nous retrouver. Ce Bénin là nous appartient à nous tous. Je n’ai nullement la prétention de le diriger seul. Je voudrais vraiment les rassurer qu’ils acceptent cette main-tendue, que s’il s’agit des questions essentielles qui concernent la constitution, ça fait partie de l’essentiel qui nous unit. Voilà ce que je tiens à dire et je suis sûr, je vis d’espoir et d’espérance. Et je lance un appel à tout le peuple béninois et à la classe politique béninoise que je salue avec beaucoup de respect pour que nous reprenions cette question de la Constitution. Avec nos professeurs, nos ainés qui en ont l’expérience qu’ils nous disent voilà comment nous allons organiser le débat national. Comme le fait le Professeur Aïvo, que les autres le fassent sur nos chaînes privées et sur la chaîne nationale. J’ai demandé à l’Ortb de passer et de repasser l’émission, mais ils ont leur programme. Mais comme ils sont indépendants, je ne peux rien. Donc je propose que nous voyions au niveau du format que nous devons adopter, pour que tout le monde soit impliqué. Il faut qu’on organise vraiment le débat autour de cette question mais rien ne presse. Mais il n’y aura jamais de révision opportuniste. Moi je suis heureux que certains disent que nous sommes d’accord, mais c’est la façon. C’est la façon qui fait croire qu’il y aura une révision opportuniste, non il faut que les gens voient le contenu et on est prêt à confier cette mission au Comité qui doit voir avec les aînés qui ont travaillé là- dessus il y a ceux qui ne peuvent pas s’exprimer, mais sur des points qui font qu’il faut condamner un Président de la République, aujourd’hui la création de la Haute cour de justice est fondée. Pourquoi on ne veut pas qu’il y ait un nouveau format qui puisse faciliter et que le peuple béninois ait une idée exacte de la manière dont les choses sont gérées .? Je dois remercier le comité et exprimer mon souhait de le voir jouer un rôle important dans la gestion future de ce dossier pour que le Bénin puisse combler le retard que nous enregistrons sur certaines questions, notamment la constitutionnalisation de la Cour des comptes et de la Cena et la prise en compte d’un certain nombre d’éléments fondamentaux qui sont indispensables dans l’assainissement de la vie politique de notre pays et que le Dieu Tout-puissant puisse bénir vos actions".
 
 
 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise

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