Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

05/03/2013

 

BENIN: Nasser Yayi « indignez-vous ! »

 

 

 

par Yann Hessel HOUESSOU



Nasser Yayi, le fils de son père, a toutes les bonnes raisons du monde de devenir grogneur professionnel. Bombardé à la tête du CPI (Conseil présidentiel d’Investissement), le fils du président de la république avait pour mission, à travers cet organe, de faire progresser le Bénin dans les prochains classements « Doing Business » de la Banque Mondiale, indicateur de référence sur le climat des affaires dans les ‘‘Vons’’du village planétaire.

 

Disons, à la décharge du fils de son père, que l’équipe qu’il dirige a fait une série de sorties médiatiques l’année dernière, pour présenter les activités menées par le machin (la machine ?) qu’il pilote, dans le sens, nous a-t-on dit, d’améliorer la position du Bénin dès le prochain classement « Doing Business ». Comme grain à moudre, il fut servi à l’opinion les réformes entreprises pour réduire le délai de création d’une entreprise. On se rappelle d’une des titrailles dithyrambiques servies par la presse à l’occasion : « Alléluia, grâce à Nasser Yayi, on peut ouvrir une entre prise en 48 heures au Bénin ! » Le CPI de Nasser Yayi exhiba tout aussi fièrement les résultats des initiatives conduites dans le sens de la sécurité foncière, et tutti quanti. Et ce qu’il fallait retenir a été retenu : Le CPI fait son job ; Nasser et ses petits camarades mouillent le maillot pour remettre la destination Bénin dans l’Agenda des investisseurs potentiels.

 

Et puis, patatras ! Alors que la bande à Nasser nourrissait le sentiment du devoir accompli et se frottait les mains en attendant l’afflux des Capitaux directs étrangers, l’actualité commença à s’écrire en mode capricieuse. Comment séduire les investisseurs étrangers quand le climat est empoisonné par une affaire dite de tentative d’empoisonnement du premier citoyen de la république ? Comment faire des bonds qualitatifs dans le classement « Doing Business » quand les rumeurs d’atteintes à la sureté de l’Etat débouchent sur les tentatives de putsch avortées ? Même l’investisseur le plus audacieux qui soit ne manquerait pas d’être interloqué par le triste spectacle de la CCIB (Chambre de commerce et d’industrie du Bénin), engluée dans un processus électoral fantasmagorique. Porte d’entrée des investisseurs au Bénin, interface de référence entre le secteur privé et le secteur publique, l’image que renvoie la Ccib aujourd’hui suffit pour assurer au pays une place de choix dans les profondeurs du classement « Doing Business ». Et comme s’il n’y avait pas déjà assez de« complots » pour saboter l’image du Bénin et partant la louable mission de Nasser Yayi, le pays vit actuellement un délestage unique en son genre par ses effets à la fois sporadiques, intempestifs et burlesques. On vous passe les détails. On vous fera aussi grâce de l’impact de la question énergétique dans toute politique de séduction des investisseurs étrangers.

 

Les mauvaises langues se sont empressées de prétendre que le CPI n’est qu’un machin budgétivore pour permettre au fils du président d’échapper à l’oisiveté. Pour notre part, nous nous entêtons à croire que Nasser Yayi et le CPI sont réellement, mais alors très profondément préoccupés par le climat des affaires au Bénin. La preuve, nous sommes convaincus que le brave rejeton présidentiel ne restera pas indifférent face à tous ces faits qui défraient la chronique au quotidien et hypothèquent dangereusement la progression du Bénin dans les prochains classements « Doing Business »

(…) Nous n’étions pas au bout de notre logique quand une brusque coupure de courant est intervenue pour la énième fois et nous oblige à abréger nos propos. Avant que le temps ait raison de l’autonomie de notre PC (personal computer), nous voudrions dire deux mots à notre cher ami. Juste deux mots. « Nasser Yayi, indignez-vous ! » Sortez de vos gongs pour dénoncer tous ces complots qui ternissent l’image du Bénin à l’international.

 

Grognez, pour dire votre ras-le-bol de ces affaires scabreuses qui détournent les investisseurs de la destination Bénin.

 

Gongonnez, tempêtez, mugissez, révoltez-vous, indignez-vous ! Si vous ne réagissez pas maintenant, vous donnerez raison à certaines mauvaises langues. Vous ferez croire que votre CPI (Conseil présidentiel d’investissement), comme la CPI (Cour Pénale Internationale) de Laurent Gbagbo, que tous ces machins de CPI ne sont en réalité que du folklore.

La CPI n’est pas un biberon au lait que Papa aurait mis dans la bouche de son fils pour l’empêcher de pleurnicher à longueur de journée ?

 

Prouvez-le : indignez-vous !

 

Source: http://www.lebeninoisindigne.com/?page=actualites&type=chronique&id=2723d092b63885e0d7c260cc007e8b9d

 
 
 
 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise