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BENIN: Pascal Todjinou crie contre la destruction de la démocratie béninoise

 

 

19 septembre 2011 par  

 

 

Un projet de loi est sur la table des députés et pourrait être abordé dans quelques heures ou jours. Le Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), M. Pascal Todjinou, a crié à la menace sur la démocratie. Mais les travailleurs ne se laisseront pas faire, a-t-il avertit.

 

Le Bénin va encore vivre des heures chaudes peut-on déjà imaginer. Malgré la trêve sur les mouvements syndicaux liés aux revendications salariales, le gouvernement semble tirer à nouveau le diable par la queue pour que la tension sociale renaisse. Dans un pays qui a franchi des obstacles liés à la liberté d’expression et qui a fini par se mettre sur les rails depuis la conférence des forces vives de la Nation de février 1990, il est surprenant que l’on veuille à nouveau perdre le temps sur des questions inutiles pendant que la pauvreté étend ses tentacules et que le gouvernement s’avoue de plus en plus incapable de rassurer le peuple. Que vient chercher actuellement la loi sur l’exercice du droit de grève doit on d’abord se demander. Ensuite, il faut savoir si aujourd’hui cela est la priorité face aux conditions de vie et de travail des Béninois. Les députés de la 6ème législature doivent être interpellés pour savoir si c’est cela qui préoccupe.

 

Dans tous les cas, hier, sur l’émission Zone franche de la télévision canal 3, le secrétaire général de la Cgtb, M. Pascal Todjinou a été clair ; les travailleurs ne se laisseront pas faire. D’ailleurs, ce jour les Secrétaires généraux se retrouvent pour analyser encore une fois la question. C’est alors comme si le gouvernement est allergique au silence des syndicalistes. Il a introduit un projet de loi pour empêcher les grèves et la fuite a été donnée aux syndicalistes. Car, contrairement à la démarche du gouvernement, les syndicalistes n’ont pas été consultés, encore moins le Conseil économique et social. Mais le texte, intercepté, montre la volonté manifeste du gouvernement d’empêcher à jamais l’expression libre des travailleurs pour revendiquer. Selon M. Todjinou, l’article article 2 du texte qui pourrait réunir les députés demain mardi 20 septembre est liberticide. Car, si la Constitution ne l’a pas interdit, il comprend mal que l’on interdise aux douaniers d’aller en grève.

 

L’article 3 qui parle de grève politique illicite pour les syndicalistes ne voulant plus qu’ils s’associent aux hommes politiques n’est pas conséquent, aux yeux de M. Todjinou. Car, lorsque des citoyens sont par exemple privés de droits civiques ou que les libertés sont menacées, cela ne tient pas de revendications syndicales, mais les citoyens syndiqués doivent normalement réagir. Selon le syndicaliste, en tant que citoyen, on ne peut pas leur refuser de participer à la vie du pays. Plus concrètement, M. Todjinou a rappelé que c’est ce genre de mouvement qui a amené M. Boni Yayi au pouvoir en 2006. L’article 8 du projet de loi supprime aussi l’organisation syndicale. Car, de trois jours il dispose que le préavis de grève est de 20 jours ouvrables donc un mois. Mieux, les conditions de décision de la grève qui doit réunir tous les membres n’ont pas de sens. Car, en matière syndicale, il y a la délégation de pouvoir comme cela existe au sommet de l’Etat.

 

L’exemple évoqué par M. Todjinou est de savoir si le Président de la République réunit tous les Béninois avant de prendre une ordonnance. Car, tout est question de pouvoir et le peuple lui a délégué le pouvoir comme les syndicalistes en ont délégué à leurs responsables.

 

Eviter la forfaiture

 

Face au contenu du projet de loi qui est une pure négation de la démocratie et une volonté de réduire les travailleurs au silence, M. Pascal Todjoinou s’est demandé si les députés de la mouvance et notamment ceux de la Rb vont contribuer à la forfaiture. Comment des gens qui ont participé à accumuler des acquis au nom de la démocratie vont-ils se laisser aller à des dérives totalitaires ? Cela est grave. Et lorsque le procureur de la République est impliqué dans le conflit de travail, il y a vraiment danger, a fait savoir M. Todjinou. Il rappelle d’ailleurs l’appel au haut commandement de l’armée dans la crise avec les travailleurs pour dire qu’il faut que l’on se convainc qu’il y a danger sur le Bénin. Et après les syndicalistes, ce sera le tour de la presse qui sera aussi muselée par des lois liberticides. C’est pour cela qu’il pense que l’on ne doit pas se taire.

 

Le projet de loi va créer de nouvelles tensions sociales, avertit déjà M. Todjinou. Les travailleurs, qui ont lu le projet de loi se mobilisent déjà. « Nous ne nous laisserons- pas faire »,  a déclaré M. Pascal Todjiniou. Il a poursuivi en disant que si la loi était votée elle sera violée. D’ailleurs, les responsables syndicaux se retrouvent ce jour pour apprécier la situation. Il vaut mieux que le gouvernement et ses courtisans épargnent au Bénin une nouvelle crise sociale.

 

Guy Constant Ehoumi

La Presse du Jour

 



 

 
 
 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise