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27 avril 2012

BENIN: Patrice TALON arbitrairement arrêté

 

 

L’arbitraire est de retour au Bénin. Depuis hier, il est plus que jamais d’actualité avec l’arrestation de Patrice Talon. L’homme d’affaire n’est plus libre de ses mouvements Il est gardé à vue au Commissariat central de Cotonou pour rien et sans y être convoqué. Dans l’ombre de Patrice Talon trois autres acteurs majeurs de la filière coton sont retenus dans les mêmes locaux. Les méthodes utilisées violent les principes d’un Etat de droit et révèlent la volonté du régime d’abattre l’opérateur économique.

 


 

Rien a priori ne laissait présager un scénario catastrophique pour Patrice Talon. Ce jeudi, l’opérateur économique n’avait pas rendez-vous au Commissariat central de Cotonou. Mais il s’y est rendu en toute responsabilité. En toute liberté surtout à cause de la tournure qu’a pris le dossier relatif à la fourniture d’intrants agricoles pour le compte de la campagne cotonnière 2011-2012. Depuis quelque temps, c’est un sujet qui fait grand bruit avec un duel entre les institutions intervenant dans l’activité cotonnière et le ministère de l’Agriculture et de la pêche. Tacle contre tacle, ils se renvoyaient la balle. Dans ce contexte, le chef de l’Etat limoge son ministre de l’Economie et des finances, Adidjatou Mathys et le Directeur général du Trésor et de la comptabilité publique. Ceux-ci en application d’une décision du Conseil des ministres ont autorisé l’endettement de l’Etat pour une somme de 12 milliards Fcfa auprès de la Boa au profit de la Centrale de sécurisation des paiements et de recouvrement (Cspr), une composante de l’Association interprofessionnelle de coton (Aic). C’était sans savoir que le président de la République va se dédire, accusant les deux cadres relevés de faire le jeu des autres acteurs du coton. La tension était alors palpable et les intentions du régime d’aller plus loin ne se cachaient plus. On en était là quand l’administrateur de la Centrale de sécurisation des paiements et de recouvrement (Cspr) Bruno Roger Lokossou a été arrêté le mercredi 26 avril par le Commissariat central de Cotonou. Il vient de passer sa deuxième nuit dans ces locaux. Juste au lendemain de son arrestation, c’est-à-dire hier, Patrice Talon est allé s’enquérir des nouvelles de ce dernier. Coup de théâtre, la Police lui signifie qu’il figure sur la liste noire dans le même dossier. C’est le début d’une journée noire. Il lui a été interdit de sortir du commissariat sans qu’il ne lui soit notifié le motif de cette décision. La Police dit avoir reçu des instructions pour l’interroger. Mais jusqu’au moment où nous mettions sous presse, l’interrogatoire n’a pas eu lieu. En revanche, le Secrétaire permanent de l’Aic, Narcisse Djegui et le responsable de Sotico, l’une des sociétés importatrices et distributrices d’intrants coton, Mathieu Adjovi auraient été entendus puis gardés à vue. Un imbroglio difficile à comprendre. Jusque-là aucune déclaration des responsables de la Police n’a été servie pour situer les esprits. Ce qui ressemble fort bien à un coup bien réussi contre l’opérateur économique. L’action est aussitôt jugée arbitraire par les organisations de défense des droits de l’Homme. Me Joseph Djogbénou arrivé sur les lieux n’a pas été autorisé à s’entretenir avec les gardés à vue. A sa suite et avant lui, c’est à un ballet de personnalités politiques qu’on a assisté. En clair, l’inquiétude a gagné tout ce beau monde qui s’est déplacé au Commissariat central de Cotonou. L’opinion a directement dénoncé un coup politique et estime que le sujet est très préoccupant. Les populations tout comme les employés de Patrice Talon très mobilisés, ont directement accusé le régime d’utiliser des moyens inappropriés dans un dossier commercial. Ça ressemble à toutes les arrestations arbitraires qu’on a déjà connues sous le régime de Yayi Boni. Mais on s’interroge sur les orientations du dossier et son issue. Même si des évènements récents montraient que Patrice Talon était devenu l’homme à abattre du régime, par contre rien ne présageait d’un tel scénario d’autant plus qu’il n’avait pas été convoqué par la Police nationale pour une quelconque affaire.

 

Talon, l’homme à abattre à tout prix

 

C’est un secret de polichinelle. Les relations entre Patrice Talon et le chef de l’Etat Yayi Boni se sont détériorées depuis quelque temps. Cette situation dont les conséquences sont lourdes, se traduit par des décisions unilatérales prises par le régime pour remettre en cause les contrats qui le lie à l’opérateur économique. Après la cabale contre le Pvi et sa remise en cause alors qu’il en avait obtenu la mise en œuvre suite à un appel d’offres international, c’est le tour de la filière coton dont il est le principal acteur. Pourquoi en veut-on si tant à Patrice Talon ? Les raisons sont ailleurs. Beaucoup s’étonnent que ces agitations du Pouvoir interviennent à un moment où le projet de révision de la Constitution du chef de l’Etat n’a pas encore eu un des soutiens de taille.

 

Vers une crise socioéconomique

 

Une telle situation ne favorise pas la stabilité sociale. D’abord, la nouvelle de l’arrestation de Patrice Talon a été accueillie avec stupéfaction par de nombreux acteurs qui interviennent dans le secteur. Ils craignent surtout pour leurs activités à partir desquelles ils nourrissent leurs familles. De plus, avec la situation difficile des caisses publiques de l’Etat, les recettes issues de la filière coton sont compromises.

 

Pourquoi pas des ministres ?

 

Les acteurs soutiennent qu’il s’agit bel et bien d’une cabale contre Patrice Talon, puisque s’agissant de la campagne 2011-2012 objet des prétendues investigations, l’entreprise de Patrice Talon n’était pas la seule à fournir des intrants. Deux ministres ont été entendus hier puis relâchés. Il s’agit de Reckia Madougou et de son ancien collègue Sakinatou Alfa Orou Sidi. Pour mémoire, rappelons qu’elles dirigent également des sociétés importatrices et distributrices d’intrants coton. Pourquoi ne s’en prend-on donc qu’à Patrice Talon et à Mathieu Adjovi dans le lot ?

 

FN

 

Sdi : Patrice Talon

 

- Pai : Sakinatou Alfa Orou Sidi

 

- Dfa : Olivier Bocco

 

- Sotico : Mathieu Adjovi

 

- Sogicom : Réckiath Madougou

 

- Pacoje : Saley Imorou

Source: Lematinal
 
 
 
 
 
 
Tag(s) : #Actualités Béninoises

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