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5 mai 2010


Phénomène de vol d’enfants dans le Zou : Gagnées par la psychose, les populations sur le qui-vive

L’insécurité gagne du terrain dans les départements du Zou et des Collines avec le phénomène de vol d’enfants qui endeuille certaines familles et éveille la vigilance d’autres. Une situation qui ébranle donc la quiétude des populations. A Abomey, Bohicon, Zakpota et Dassa pour ne citer que ces localités, on se surveille et le moindre geste suspect alerte les citoyens. Souvent il s’agit de fausses alertes puisque les auteurs de ces actes ne sont toujours pas appréhendés même si les forces de l’ordre tentent de quadriller le terrain.


A qui le tour ? C’est la question qu’on se pose dans les ménages, les cafés, les bars, les lieux publics, les services. Un peu partout dans les départements du Zou et des Collines. Ceci à cause du phénomène du vol d’enfants auquel les adolescents sont exposés au quotidien. De nombreux cas se sont déjà produits et les parents sont tenus de redoubler de vigilance pour surveiller leurs progénitures dans leurs déplacements. La semaine écoulée, le phénomène a eu raison de Antoinette à Agnangnan, un quartier de la ville d’Abomey où les malfaiteurs signalent souvent leur présence. La victime, douze ans et unique enfant de Pauline Ahandessi a été enlevée à la vitesse de l’éclair alors qu’elle était accompagnée de ses camarades pour aller chercher des légumineuses à la périphérie de leur domicile. Ce jour-là vers dix-sept heures, sur le chemin de leur destination, deux hommes géants, évidemment inconnus surgissent. Effrayées par cette étrange présence, les fillettes ont pris leurs jambes à leur cou. Elles ont réussi à s’échapper sauf Antoinette. Les ravisseurs ne lui ont laissé aucune chance. Ils l’ont enlevée. La battue qui s’en est suivie pour retrouver les indésirables a été infructueuse. Le lendemain, les parents de la victime ont retrouvé le corps de leur fille égorgée à un endroit où les recherches avaient pourtant été menées. Chose paradoxale, aucune goutte de sang n’a été retrouvée sur les lieux. Le second cas s’est produit sur la voie inter-Etat Abomey-Lokossa dans les encablures d’un poste de contrôle de la police nationale. Une dame a été dépossédée de l’enfant malade agé de deux ans environ, alors qu’ils se rendaient à l’Hôpital de Davougon. Les assaillants ont encore réussi leur coup emportant dans la volée l’engin et la trousse de la mère de l’enfant. a psychose de vol d’enfants a totalement gagné les contrées des départements du Zou et des Collines et donne actuellement de l’insomnie aux habitants. Le phénomène devient plus particulier dans la capitale historique du Bénin, Abomey à tel que dans les ménages, plus personne ne sait plus à quel saint se vouer. Leur sécurité est menacée. Ainsi que celle de leurs enfants. Ils n’ont plus la paix du cœur lorsqu’ils ne voient leurs progénitures ou leurs protégés tardent à revenir de l’école, du champ ou du marché. La peur fait désormais partie du quotidien des populations.

 

Du sacrifice humain pour faire fortune

 

Selon Nassi Adjakidjè, ancien élu local d’Abomey, ce phénomène est dû à la recherche de l’argent frais, de la richesse spontanée et à la cupidité démesurée des jeunes. La barbarie perpétrée sur des enfants obéit à des pratiques occultes et au charlatanisme auxquels certaines personnes en quête de fortune ont recours pour atteindre leur objectif. Ces personnes animées d’une animosité sans pareil agissent directement ou engagent des individus malintentionnés à la recherche du sang humain. Ainsi, ils s’infiltrent dans la population pour arracher des âmes innocentes comprises dans la tranche d’âge de deux et quinze ans. Une fois en possession de leur proie, ils la sacrifient sur l’hôtel de leur pacte diabolique susceptible de leur produire la richesse. Ils prélèvent de l’organisme des enfants enlevés, le liquide rouge après les avoir égorgé ou en leur faisant la ponction. Une fois le sang obtenu, ils jettent le corps de la victime loin de leur lieu de forfait pour s’évader dans la nature. « Aujourd’hui des jeunes sans emploi s’achètent des véhicules de haute gamme en un rien de temps et l’on se demande où et comment ils trouvent l’argent. », s’interroge l’ancien premier adjoint au maire de la ville d’Abomey. Comme tous les moyens leur paraissent bons pour s’enrichir, ils ne manquent pas d’initiatives pour y arriver. Un autre exemple lui a servi d’illustration. Il y a un moment, des jeunes allaient de maison en maison à la recherche d’une bouteille qui sert à embouteiller la boisson connue sous le nom de Royal Gin et qui était présente dans les ingrédients utilisés pour faire des cérémonies traditionnelles. Ils misaient jusqu’à 4 millions fcfa pour s’offrir la précieuse bouteille devenue très rare, a confié l’interlocuteur. « Mais savez-vous à quoi serviront ces bouteilles ? », s’est-il interrogé en se gardant d’aller plus loin. « Cette situation est étonnante et interpelle la conscience collective » renchérit Thiburs Tokpo membre de la Société civile. Pour combattre le fléau lié au vol d’enfant, l’ex -conseillé pense qu’il faut revenir à l’ancien mode de gestion de la cité adopté par les rois et qui consistait à mettre en place un dispositif sécuritaire qui a le droit d’interpeler à tout bout de champ les personnes dont les gestes sont suspectés. Pour Thiburs Tokpo, il faudrait que chacun commence par se surveiller en donnant ainsi un coup de main aux forces de sécurité publique qui ne sauraient faire seules ce travail. Il a aussi exhorté les chefs de familles et les chefs des collectivités à mobiliser leur troupe. Quant aux élus locaux, il leur a demandé de relancer la sécurité civile dans les villages tout en respectant les textes en vigueur pour que ces malfaiteurs soient démasqués. Par ailleurs, il a lancé un appel pressant aux autorités à divers niveaux qui doivent prendre les taureaux par les cornes afin d’éviter les troubles que pourrait engendrer ce phénomène au sein des populations qui vont chercher à se faire justice. Les innocents ne seront pas épargnés. Le phénomène de vol de sexe a déjà fait école.

LM

 

Source: LEMATINAL



Tag(s) : #Actualités Béninoises
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