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05/06/2010

 

Polémique autour du recensement des Béninois de la diaspora : Cps-Lépi et Mirena rattrapées par leur propre chantage

 

 

« Béninois, béninoise, fais-toi recenser, sinon tu ne pourras pas voter pendant les dix prochaines années ». Décliné en plusieurs variantes, ce message relayé par tous les supports de communication imaginables, a fait l’objet d’une large et intempestive diffusion grâce aux soins conjoints de la Commission politique de supervision de la Lépi (Cps-Lépi) et de son organe spécialisé, la Mirena (Mission indépendante du recensement national approfondi. Il s’agissait alors, on s’en souvient, de couper les ailes à une certaine classe politique qui, eu égard au contexte qui prévalait au lancement du Rena (Recensement national approfondi), a été fortement tenté par un appel au boycott de l’opération, avant de faire contre mauvaise fortune bon cœur. De l’eau a coulé sous les ponts (par vagues tumultueuses). Aujourd’hui que l’étape porte-à-porte du recensement sur le territoire national a connu son épilogue (enfin !), ce sont les compatriotes vivant en dehors de nos 112.OOOKm2 de superficie qui ont décidé de sonner le tocsin, à juste titre. Ils veulent tout aussi légitimement se faire recenser comme les citoyens béninois qu’ils continuent d’être. Seul hic, la loi prévoit dans le cas d’espèce que seuls ceux d’entre eux enregistrés dans les ambassades et consulats ‘‘six mois avant le démarrage du recensement’’ seront pris en compte. Face à une telle ‘‘ineptie’’ quelques responsables du Haut conseil des Béninois de l’extérieur n’ont pas tardé à retourner les propos de la Cps-Lépi et la Mirena à leur avantage : « Nous refusons d’être exclus du processus électoral dans notre pays pendant les dix prochaines années ». Retour à l’envoyeur donc, qui ne pose pas moins quelques préoccupations pertinentes. Sur près de quatre millions de Béninois qui vivent à l’étranger, seuls quelques trois cent mille sont enregistrés (dans les ambassades et consulats), soit nettement moins de 10%. Peut-on ignorer ces estimations et les conclusions qu’elles induisent dans le processus de la réalisation de la Lépi ? Devant une pareille situation et au vu des corrections qui s’imposent, des constats en leur temps querellés refont surface et feront autorité : la loi instituant la Lépi et le Réna doit être sinon abrogée, du moins revue ; bon gré mal gré, il faudra arrêter d’associer le processus aux élections de 2011, condition sine qua non si on veut doter le pays d’une Lépi fiable, crédible et opérationnelle sur une dizaine d’années.

 

Le Canard de la semaine



Tag(s) : #Politique Béninoise

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