Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

06/06/2010

 

Politique agricole sous les change-menteurs: Que devient la révolution verte ?

 

(La tomate importée du désert est vendue au Bénin)

 

On continue de vanter les performances de la campagne agricole passée, à travers les récoltes qu’on ne cesse de brandir sur les chaînes de télévision de la place. Or, sur le terrain, la réalité est tout autre. On aurait même des excédants de certaines cultures qui risquent de pourrir si rien n’est fait pour les exporter. Mais alors, comment peut-on comprendre que nos compatriotes, dans certaines régions, en arrivent à acheter de la tomate importée du Niger ? Il y a quelque temps, c’était du Burkina qu’on importait la tomate, et même du poisson pour certaines régions du nord de notre pays. Une crise alimentaire sévit actuellement au Niger, diraient d’aucuns. Mais ce pays arrive à maîtriser à petits coups des systèmes d’irrigation qui lui permettront de faire des cultures de contre-saison. L’oignon du Niger sera même labélisé en juillet prochain. Au Burkina, des fraises sont aujourd’hui des produits locaux. Or, que de boucan fait par le régime du changement pour une révolution verte ? On pourrait affirmer que tout cela n’était que du vent et donner raison à un Honorable béninois qui ne cesse de crier à la magouille pour ce qui est de l’achat des machines agricoles.

Révolution verte au détriment du coton, révolution verte sans que l’agriculture ne s’en porte. Que font les jeunes que le gouvernement aurait répartis sur des terres que tous les ministres s’étaient mis à chercher ? Le coton a complètement chuté. Les paysans se retournent vers des produits vivriers, et pourtant !

 

Nos braves paysans ne sauraient être accusés. Ils font l’effort qu’il faut afin de subvenir aux besoins de leurs familles et vendre le reste de leurs produits sur le marché. Or, dans le même temps, la concurrence déloyale des produits importés est tellement criarde que les paysans se découragent. Que fait alors le gouvernement pour les accompagner, si ce n’est de les réunir pour des meetings ?

 

La preuve la plus tangible de la vacuité de la révolution verte du changement est celle du riz arrêté il y a peu à la frontière bénino-nigériane. Nous produisons du riz au Bénin. Le gouvernement a fait faire des émissions tout le temps à l’ORTB pour montrer des décortiqueuses dont les producteurs de riz seraient pourvus. Ils ne se sont pas lassés de nous montrer tout le temps les visites du Chef de l’Etat dans les rizeries de Malanville. Mais, surprise pour surprise, comme il y en a toujours eu sous le changement, et de désagréables, c’est du riz importé au Bénin qu’on réexporte vers le Nigéria. Qu’en est-il alors de celui produit par les compatriotes ? Le Nigéria a donné une leçon de gouvernance à nos autorités en restant ferme et en affirmant surtout que seul le riz produit par les Béninois pourrait franchir sa frontière pour être vendu au Nigéria. Sous le changement, on aurait tout vu. Où passent donc tous ces milliards qu’on nous lance à la figure sur les chaînes au moment où l’oignon du Niger est prêt à être labélisé en juillet ?

 

Le Canard de la semaine



 

Tag(s) : #Politique Béninoise

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :