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14/07/2013


BENIN: Position de la Fesyntra-Finances sur la révision ou non de la Constitution


FESYNTRA-FINANCES                                                                 FESYNTRA-FINANCES    
                                                 
                 FEDERATION DES SYNDICATS DU MINISTERE CHARGE DES FINANCES


Travailleurs de tous les secteurs, vigilance et restons soudés. N’oublions pas nos revendications

Depuis la réintroduction par le Président de la République du projet de loi sur la révision de la constitution après sa décision de le retirer  du parlement en avril 2012, les véritables problèmes (de mal gouvernance, de scandales financiers, de cherté de la vie, des revendications des travailleurs), ont laissé place à des débats virulents sur la révision ou non de la constitution de décembre 1990. Notre peuple à 90% analphabète qui ne comprend rien des enjeux réels de ce débat y compris une bonne partie de ceux qui savent lire et écrire, sont emballés dans ce piège à con et après les meetings et marches, retournent le ventre creux dans leurs maisons, usines, services, arrondissements et communes avec leurs problèmes quotidiens non résolus.
Certains politiciens de notre pays ne savent pas encore qu’il s’agit là de l’une des stratégies intelligentes  que le Président de la République utilise pour se donner le temps de se relever du creux de la vague  quand les sondages d’opinions sur sa manière de gérer le pays, ne lui sont pas favorables. Cette stratégie a permis  avant les élections de 2011, de  noyer momentanément  les scandales (ICC SERVICES, CEN-SAD, MACHINES AGRICOLES, INTRANTS AGRICOLES, AFFAIRE DANGNIVO, DEFALCATIONS ILLEGALES SUR SALAIRES, PRIVATIONS DE LIBERTES ETC. ETC) dans les débats interminables sur la LEPI. Résultat, comme un os jeté au chien,  travailleurs,  politiciens, jeunes, en un mot tout le monde a tourné dos aux réelles préoccupations du moment  pour uniquement le débat sur la LEPI du KO  qui doit engloutir  plus de 13 milliards pour sa correction.     
De  2011 à ce jour, le constat est que la côte de popularité de YAYI Boni  et de son gouvernement ne cesse de baisser. Partout, dans les foyers, les ateliers, les marchés,  les services, les petits cercles mêmes proches de lui, bref  dans le pays, tout le monde parle des scandales du régime, de la mauvaise gestion du pays, de la mal gouvernance. Sans exhaustivité des faits, on peut se souvenir pèle mêle  de certains qui alimentent les débats :  (Les propos à cœur ouvert  du Président le  1er Août 2012ses propos dans les zones cotonnières, le non respect des engagements, les démêlées avec les opérateurs économiques, les procès à certains hommes de la presse, à  Lionel AGBO, le communiqué du Ministre de l’intérieur rapportant que des opérateurs économiques, les hommes politiques en liaison avec certains milieux syndicaux prépareraient un coup d’Etat, les injures, violences verbales, menaces de disparition mystérieuse suivies du rejet de corps au fond de la mer après pendaison proférées  par les thuriféraires du chef de l’Etat sur les ondes,  les protestations diverses des Organisations Syndicales , les scandales  de la construction du siège du Parlement, des turbines à gaz de Maria Gléta, l’interdiction de la vente de l’essence frelaté, les scandales de la Sonacop, de la CNSS, les concours frauduleux,  les tentatives d’empoisonnement  et de coup d’Etat qui n’ont  pas  eu  l’écho favorable souhaité, les  problèmes de délestage, d’insécurité, le chômage des jeunes, la grève des magistrats etc. etc.)
Alors que faire ? Il sort à nouveau le dossier de la révision de la constitution  pour occuper la classe politique, pour donner du travail aux dinosaures et autres troglodytes, aux jeunes affamés en quête de gains faciles pour les amener à oublier momentanément leur chômage, les femmes leur misère. Pour parfaire cette stratégie qui lui  marche, il teste sa popularité à travers une tournée dans le pays pour tenter  de donner l’espoir d’un lendemain meilleur aux béninois (Ramu par ci, 10 millions  d’âmes, 10 millions d’arbres par là, réconciliation, stimulation des paysans à la production du coton, don de 5 Millions de francs Cfa aux victimes de la circulation routière à Porto-Novo, pose de premières pierres, foisonnement des effigies du Président à  tout propos dans les rues comme si on était en perpétuel  campagne électorale  etc. etc.). 
Pendant ce temps, la décentralisation est en panne, personne ne sait quand et comment auront lieu les élections communales et municipales. Tout le pays est branché sur la révision de la constitution en attendant de l’être bientôt sur la correction de la LEPI des KO. Des foyers inutiles de tensions sont ainsi crées avec l’envoi des ministres et députés  de la République dans leur département d’origine pour prêcher la volonté de celui qu’ils appellent dans leur discours « l’envoyé de dieu ».
Sinon quant au fond, est-ce parce que le Bénin ne dispose pas de Cour des comptes chargé de juger les comptes après l’exécution des budgets  qu’il y a tant de : scandales financiers,  mauvaise gestion,  corruption,  cherté de la vie,  diplômés sans emploi, chantiers abandonnés, incivisme, perte de confiance ? En quoi par exemple l’absence de la Cour des comptes empêche le bon fonctionnement des Institutions, la publication des audits, l’audit du trésor public, le contrôle de la gestion des fonds publics des projets  qu’exigent les travailleurs depuis des décennies, la disposition des hommes qu’il faut à la place qu’il faut, la sanction des cadres corrompus connus qui continuent d’occuper  des postes de gestion ? En quoi la transformation de la chambre des comptes dont dispose aujourd’hui le Bénin en Cour des comptes pour permettre de se conformer aux directives de l’UEMOA, et afin de lui conférer une  indépendance totale dans la transmission des lois de règlements à l’Assemblée Nationale bloque depuis 1990 le Bénin à atteindre la croissance à 02 chiffres promis ? En quoi la non constitutionnalisation de la CENA en 2013 est la cause de l’apocalypse au Bénin que professent tous ces marcheurs, thuriféraires, dans un Bénin où :
-        1 630 agents reversés par l’Etat lui-même, sont menacés de privation de pain, donc de vie ;
-        Des localités entières manquent d’eau, des soins primaires de santé, d’électricité, de logement, d’intrants et d’encadrement pour les cultures autres que le coton, d’infrastructures routières et de moyens de transports confortables ;
-        La majorité des citoyens arrivent à assurer difficilement  un repas par jour ;
-        La cherté de la vie érode les revenus déjà faibles des ouvriers et travailleurs salariés ;
-        Les fonctionnaires ayant droit, attendent toujours en 2013 les augmentations de salaires obtenues après les négociations de 2011, de même que de nombreux retraités ;
-        Des fournisseurs de l’Etat attendent le paiement de leurs factures ;
-         La ruine de l’Ecole se poursuit  avec le chômage de la majorité de la jeunesse ;
-        Les attaques contre le droit de grève menacent tout le monde salarié ;
-        Les nominations, les recrutements et promotions de même que les attributions des marchés publics continuent au seul bon gré du pouvoir, contre le droit de contrôle des travailleurs ;
-        Les  scandales récurrents couvrent de ridicule le pays et de honte les béninois à l’extérieur.
-         le pouvoir de façon flagrante et répétée viole les principes qui régissent la magistrature béninoise.
Pour toutes ces raisons, la campagne pour la révision de la constitution sans un large consensus est par conséquent une forfaiture de plus, une provocation de plus contre les travailleurs et le  peuple qui souffrent. Alors une raison de plus pour intensifier nos luttes au niveau des travailleurs  jusqu’à la satisfaction de nos revendications et exigences.   
                                                                                                                                COTONOU, le 14 juillet 2013
                                                                                                                           Pour le BE/ FESYNTRA-FINANCES
                                                                                                                                Le Secrétaire Général Fédéral
                                                                                                                                  
                                                                                                                                 Laurent METONGNON
 
Tag(s) : #ACTIVITES MILITANTES

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