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BENIN: Pourquoi la probabilité d’extrader Patrice Talon est faible

  

Écrit par Benoît Codjo

 

Vendredi, 19 Avril 2013

 

 

Après les plaidoiries des avocats du gouvernement béninois et de Patrice Talon ce 17 avril 2012, la justice française devrait dire, le 22 mai, si elle acceptait d’extrader ce dernier vers le Bénin où il est recherché pour tentative présumée d’empoisonnement sur le président de la République. En attendant ce jour, les états-majors des deux parties multiplient des actions de communication pour démontrer qu’ils ont, chacun, impressionné et même convaincu le juge français statuant sur le sujet.

 

Certaines instances gouvernementales, notamment au Palais de la République, sont préparées à l’échec de la tentative de faire extrader Patrice Talon, non pas du fait du juge, mais pour d’autres raisons. L’homme d’affaires béninois n’est pas n’importe qui, même dans l’Hexagone où il possède de nombreux biens. A l’heure où même les pays les plus riches traversent une crise économique sans précédent, il serait illusoire de voir un pays comme la France extrader un contribuable - si modeste fut-il – vers un autre pays. Cela d’autant plus que l’avenir de l’homme d’affaire et de ses activités serait compromis s’il venait à être conduit de force vers son pays.

 

Au-delà de cette raison fiscale, il convient de remarquer que Patrice Talon peut demander une protection spéciale en s’appuyant sur la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. Selon cette convention adoptée en 1951 par les Nations Unies, aucun Etat ne doit renvoyer un réfugié vers un Etat tiers dans lequel sa vie est en danger.

En effet, l’article 33 de cette convention stipule que «aucun des Etats contractants n'expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques». Certes la peine de mort est abolie au Bénin. Mais, dans ce dossier, Patrice Talon se présente volontiers comme une victime politique de son ex-ami Yayi Boni qui chercherait à l’éliminer. Ce qui suffit pour amener les autorités politiques françaises à lui accorder une protection spéciale que procure la Convention de Genève.

La partie n’est pas encore gagnée pour le gouvernement et Patrice Talon peut bien continuer à jouer aux prolongations dans son exil doré, en attendant que s’écoulent les trois ans de mandat qu’il reste à son ennemi de président de la République.

 

Patrice Talon est soupçonné d’avoir fait substitué par des produits toxiques les médicaments qui devaient être administrés par le président Yayi Boni. Plusieurs complices présumés de cette manœuvre ont été arrêtées en octobre 2012. Il s’agit, entre autres, de Moudjaïdou Soumanou, homme de confiance de M. Talon, du médecin personnel et de la nièce du chef de l’Etat.

 

Source: http://www.beninactu.com/index.php

Tag(s) : #Politique Béninoise

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