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8-07-2010

 

Chronique du jour

Quand ICC SERVICES bouscule Hamani !


Voici enfin le scandale qui va alléger dans nos mémoires le poids cruel de la sulfureuse affaire Hamani. La République n’aura pas attendu une décennie pour se laisser asphyxier par des agitations d’un gang de placement d’argent qui opère sur une échelle d’escroquerie d’une dimension vertigineuse. Ce qu’il convient d’appeler l’affaire ICC SERVICES secrète un jus si acide qu’à nos yeux, la faute du receleur international devient un fruit qui n’a libéré qu’un arrière-goût amer. On aurait préféré le bourdonnement innocent des Vuvuzélas dans tout le pays que le vacarme nuisible et coupable du crime du placement et le vol de plusieurs milliards. Le scandale est d’une ampleur exceptionnellement affreuse, un scandale tristement historique. En somme, un massacre de la morale qui enfante indignation et révolte.

Politiquement, le feuilleton ICC SERVICE sera plus dévastateur que le Tsunami indonésien ou le séisme haïtien qui a culminé sur l’échelle de Richter. Les populations spoliées dans la vaste escroquerie constituent de potentiels dangers dans l’isoloir. Le régime du changement ferait mieux de ne pas avoir un candidat pour 2011 si les têtes ne tombent pas et que les sanctions n’atteignent pas toutes les complicités à différents niveaux. Il faut grimper la montagne et traquer les hors-la-loi car la crédibilité du régime est exposée à l’effet de rouille du fait de l’escroquerie des rustres du placement.

Pire que l’affaire Hamani, on en est avec le crime ICC SERVICES à un sinistre record. Des escrocs sans foi ni loi aidés par le laxisme abêtissant des agents peu scrupuleux de l’Etat ont emballé, embarqués, floué et dépossédé d’honnêtes gens de plusieurs milliards. Toutes les couches de la société béninoise sont sous la condamnation décrétée par la pègre du placement. Fonctionnaires, commerçants, artisans, ouvriers, militaires, policiers, et même les mendiants ont vu leur bourse raclée et nettoyée sous l’effet des artifices des escrocs des temps modernes. Naturellement, le choc social est immense et draine les faméliques cortèges. Bien de victimes sont plongées dans la précarité. Le drame social du placement a bénéficié des complicités familiales avec l’implication de parents de hautes autorités de l’Etat dans le scandale d’escroquerie du siècle.

Sur un palier plus élevé que le cas Hamani, le banditisme du placement donne de frisson et émeut toute la Nation. Tout y est pour la célébration du mal. Même les bondieuseries ont été mises à contribution dans la ruse des escrocs. " Le Diable peut citer l’Ecriture pour ses besoins " prévient Shakespeare dans le "Marchand de Venise". Le recours à des artifices de l’Eglise permet à la race de ces prédateurs de la morale et autres imposteurs d’aspirer leurs futures proies.

 

ICC SERVICES et le cartel de l’escroquerie ont réussi à semer la tristesse et la consternation dans la République. La morale est en berne. Sous pression, le chef de l’Etat a le devoir de laver le linge sale en public et de trimbaler à la queue leu leu les aigrefins du placement devant les tribunaux.

 

Au cinéma, les films western s’achèvent par la mort du chef bandit. Les cinoches policiers et les mises en scène venues du l’empire de milieu trouvent leur charme dans la punition infligée au chef du gang et le sort minable réservé à sa troupe de malfaiteurs. Nos geôles, quoique peuplées ont leurs portes en permanence ouvertes pour les sangsues et les parasites vivant de la récolte de l’escroquerie.

 

Au cimetière du bon sens, de la morale, de l’éthique, ICC SERVICES, sa bande de voyous et les parrains du syndicat du crime se découvrent. Il revient à Boni Yayi d’agir pour éviter les funérailles de l’émergence.

 

Entre Hamani Tidjani et son recel de véhicules haut de gamme et ICC SERVICES et ses caniveaux remplis des fonds de placement volés, le chroniqueur reste assommé par le deuil national hérité du mal profond des agissements de nos champions de l’escroquerie versés dans les opérations de placement. La tête d’un ministre est déjà tombée comme dans l’affaire fumante de la Cen-sad. Mais sans le remboursement des fonds, on aura rendez-vous avec l’inachevé et l’échec.


Sulpice O. GBAGUIDI

 

Source: FRATERNITE

Tag(s) : #EDITORIAL

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