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BENIN - Refus de Sarkozy de recevoir Yayi et affaire CEDEAO: SALE TEMPS POUR LA DIPLOMATIE BENINOISE

 

 

23 oct, 2011 | Par  

 

 

(Les vraies raisons de ces cinglants camouflets)

 

 

La diplomatie béninoise vient d’enregistrer dans l’intervalle d’une semaine, deux cinglants échecs. Il s’agit d’abord de l’opposition du président Blaise Compaoré de Burkina Faso à laisser la CEDEAO aux mains de l’ancien chef de la diplomatie béninoise, Jean-Marie Ehouzou, puis du refus du président français Nicolas Sarkozy de recevoir le chef de l’Etat du Bénin, Boni Yayi. Deux cuisants échecs ayant pour toile de fond, la mauvaise gouvernance et la mauvaise gestion de la démocratie sans oublier les corolaires des dernières élections organisées au Bénin.

Pourquoi le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy a-t-il refusé de recevoir son homologue béninois ? Pourquoi c’est à la veille du voyage de Boni Yayi et de sa délégation que la partie française décide de l’informer de son indisponibilité à lui accorder une visite officielle, alors que les précurseurs étaient déjà à Paris ? Ces interrogations trottinent dans nombre de têtes au Bénin depuis que la nouvelles est tombée dans la soirée du samedi dernier. En fait, le docteur Boni Yayi, président de la République du Bénin devrait être reçu dans la cadre de sa visite en France projetée du 23 au 25 octobre 2011 par son homologue français ce jour lundi 24 octobre même à l’Elysée. Mais malgré sa volonté d’être aux côtés de Nicolas Sarkozy, ce dernier vient de dire que son agenda ne lui permettra pas de recevoir l’actuel locataire du palais de la Marina. Or, tout un étage avait déjà été réservé à l’hôtel 5 étoiles Bristol, dans le 8e arrondissement de Paris. Et tout était aussi ficelé pour organiser comme d’habitude une campagne médiatique autour de ce voyage. Mais les vraies raisons sont ailleurs et sont bien regrettables.

 

La démocratie béninoise à genoux sous Yayi

 

Tout le monde sait que la manière dont la démocratie béninoise est gérée par le régime Yayi n’est pas du goût des Français. Si malgré les dizaines de milliards englouties dans la réalisation de la fameuse Liste électorale permanente informatisée (Lépi), le Bénin ne dispose pas jusque-là de liste électorale – situation  ayant conduit à un bizarre K.O. après l’élection présidentielle du 13 mars dernier – il est d’autant plus clair que les autorités françaises ne comptent pas cautionner du flou et donc ont décidé de prendre leur distance vis-à-vis de la Marina. En effet, avec une Cour constitutionnelle, que les gens pensent être mandatée, qui prend des décisions en commettant des erreurs matérielles, les députés de la mouvance présidentielle n’ont cessé un seul instant de donner à l’avance la décision que les sages de la haute juridiction rendront à propos des dossiers sur lesquels ils échouent au Parlement. Et ce qui est souvent paradoxal, c’est les prophéties des thuriféraires du pouvoir se réalisent toujours comme celles relatives aux résultats des différentes élections organisées cette année 2011. Cet état de chose fait que le Bénin qui était une référence en matière de démocratie en Afrique il y a encore quelques années a malheureusement perdu ses lettres de noblesses en la matière avec le Changement puis la Refondation.

 

La refondation et la révision de la Constitution…

 

En dehors de ces comportements du pouvoir en place qui sont jugés suspects au sein de l’opinion publique, il faut ajouter le débat sur la révision de la Constitution. Aujourd’hui, le président Boni Yayi est plus que jamais déterminé à réviser les Textes fondamentaux du Bénin. Or, après avoir terni l’image du pays sur l’échiquier mondial en matière de la démocratie son historique K.O. qui laisse encore en suspens une crise de confiance terrible, les Français veulent que l’actuel locataire du palais de la Marina respecte strictement la Constitution. Ce qui est absolument normal quand on sait que les intentions autour de cette affaire ne sont pas encore claires et que les aspects liés à la limitation d’âge et de mandat n’est pas clairement explicitée dans la loi référendaire. Par ailleurs, de sources proches de l’Elysée, il y a aussi les rapports du chef de l’Etat avec la Chine qui gênent la métropole. Mais avant ce camouflet, il y a eu un premier quatre jours à l’avance. C’est celui lié au poste de président de la Commission de la CEDEAO que la partie Burkinabè ne compte pas laisser au Bénin.

 

Pourquoi le président Compaoré bloque Ehouzou

 

Des échecs de la diplomatie béninoise, on note celui relatif à la Commission exécutif de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO). Et le chef d’Etat qui crée tous les problèmes à la partie béninoise reste et demeure celui Burkinabé, le président Blaise Compaoré. Ce dernier ne veut laisser aucune chance à l’ancien ministre des Affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur, Jean-Marie Ehouzou, pour lui permettre de prendre la tête de cette organisation. En effet, au cours des travaux de la session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de cette dernière tenue à Abuja (Nigéria) le mardi 18 octobre dernier, le président du pays des hommes intègres n’a pas caché ses intention de mettre le bâton dans les roues de la partie béninoise. Or, selon l’actuel ministre des Affaires étrangères, plusieurs critères confortent le Bénin quant à ce poste. Malgré cela, le Burkina s’est opposé au choix du Bénin et a sorti un vieil accord qui lui accorde « le droit de tour ».

 

Ehouzou rattrapé par l’échec de Tidjani Serpos à l’UNESCO

 

Tous les Béninois qui ont suivi les péripéties qui ont conduit à l’échec du compatriote Nouréni Tidjani Serpos à l’UNESCO estiment aujourd’hui que ce qui arrive à Jean-Marie Ehouzou est normal. Ils lui imputent la responsabilité de ce qui est arrivé à leur frère qui a été driblé en son temps par une bande de membres du gouvernement et de certaines personnes très proches de la Marina. Pour mémoire, la Libye et le Koweït soutenaient la candidature égyptienne. Mais les Américains avaient pris l’option de dire à Moubarak à l’époque que son candidat ne pourra pas passer car, c’était le tour de l’Afrique – Amérique latine. Et donc le candidat du Bénin était favori avec de soutiens de taille. Malheureusement, dans cette affaire il y avait la main vicieuse d’un plus célèbre professeur du Bénin qui sait dribler. Aujourd’hui les conséquences sont-là. Les Burkinabés disent que c’est à cause de la diplomatie béninoise que l’Afrique a perdu ce prestigieux poste au niveau de l’UNESCO. Aujourd’hui, certains d’entre eux disent que c’est le moment plus que jamais de rendre la monnaie à cet ancien ministre et sa bande.

 

Les raisons économiques aussi…

 

Dans ces deux échecs diplomatiques, les raisons économiques sont aussi inscrites aux premières loges à l’instar de celles politiques. Plusieurs chefs d’Etat africains et même européens ne sont pas contents du président Boni Yayi. Et pour cause, il a laissé la contrebande dans les mains d’un certain « puissant » Oloyé, un privé qui fait la pluie et le beau temps avec l’essence frelatée malgré son illettrisme. A cause de cette situation, le Nigéria avait sorti un rapport qui montre que cette activité fait perdre plus de 30 milliards par an au Bénin et rend la vie difficile aux sociétés régulièrement installées dans ce domaine. Ce qui fait que les investisseurs étrangers n’osent investir dans le pays dans ce domaine. Les quelques citoyens qui ont essayé d’entreprendre quelque chose dans le secteur comme le promoteur de Pegaz se retrouvent en difficulté aujourd’hui. C’est dire donc que tout ce qui arrive aujourd’hui à la diplomatie béninoise n’est rien d’autre que les conséquences des multiples erreurs du passé renforcées par l’incompétence de ceux qui sont à la tête des Affaires étrangères. Affaire à suivre…

 

Prince BOCO

L'Autre Fraternité



 
 
 
Tag(s) : #Politique Béninoise

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