La profession de foi du Chef de l’Etat et le maintien des dispositions relatives à la limite d’âge et au nombre de mandats sont les principaux arguments développés par les pro-révisionnistes avec en tête depuis quelques jours Eugène Dossoumou, Karim Chabi Sika, Amos Elègbè. 



Mais les démonstrations faites par des spécialistes en 2012 lors de la levée de bouclier pour une nouvelle phase de «  Touche pas à ma Constitution » demeurent. Ainsi avec la réintroduction officielle ce jeudi 13 mai 2013 du projet de révision de la Constitution, il importe de se convaincre que le complot d’une nouvelle Constitution pour une nouvelle République demeure également.


Pour mémoire, en mars 2012, le professeur Moïse Lalèyè avait expliqué que le préambule, est le fondement d’un acte, d’un document. C’est selon lui, un  acte de foi que l’on ne saurait changer sans changer la foi>


Le piège des révisionnistes sera donc de maintenir justement les dispositions relatives à la limite d’âge et au nombre de mandats tout en changeant, tout en modifiant en profondeur, le préambule de la Constitution. Par conséquent, une fois le nouveau texte adopté, les révisionnistes aidés des constitutionnalistes venus des quatre (04) coins de la terre expliqueront aisément que le préambule ayant changé, c’est toute la Constitution qui est changée donc c’est l’avènement d’une nouvelle République. Charles Toko dans un style propre à lui a fait une démonstration identique. L’autre élément du piège d’une nouvelle république est contenu dans l’article 105 du texte proposé pour la révision. Cet article donne le pouvoir législatif aux citoyens pour peu qu’ils e retrouvent à 1.000 pour décider. En son temps, Me Joseph Djogbénou disait qu’à travers l’article 105 du nouveau texte révisé, l’octroi de la prérogative de l’initiative des lois directement aux citoyens, est un cheval de Troie. Selon lui, quelque temps après l’adoption du nouveau texte de la Constitution, mille (1.000) personnes vont se réunir dans chaque département et très vite ces douze mille (12.000) citoyens vont conformément à la nouvelle Constitution, demander à l’Assemblée de modifier les articles relatifs à la limite d’âge et au nombre de mandat et le tour est joué. On le voit bien dans le projet de révision de la Constitution, il y a comme un piège sans fin.


 

Jean-Marc Aurèle AGOSSOU    www.visages-du-benin.com