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Sceau du Bénin

 

20/08/2014

 

BENIN – REMANIEMENT MINISTERIEL : Boni YAYI opte pour un gouvernement de combat pour son troisième mandat en 2016 !!!

 

 

Par Benoît ILLASSA

 


« Qui veut voyager loin ménage sa monture ».

 

Le Président béninois a fait sien cet adage qui dispense des conseils juridiques et pratiques aussi bien pour un bon père de famille que pour un tyran. Ce nouveau gouvernement qui intervient, un an presque jour pour jour après le précédent d’août 2013, a tous les ingrédients de la préparation d’un passage en force pour un troisième mandat proscrit pas la loi fondamentale du Bénin.


Une analyse approfondie de la nouvelle équipe gouvernementale et le contexte politique ambiant permet de tirer des enseignements assez intéressants sur ce qui attend les béninois dans les prochaines semaines.


Premier constat, Yayi a désormais décidé d’opérer une recomposition politique de la partie septentrionale du pays, ce qu’il convient d’appeler son fief naturel en terme électoral. Et c’est l’U.D.S. de Sacca LAFIA qui en fait les frais. En effet, ce parti créé dans la clandestinité par les cadres du Borgou avait initialement pour objectif de contrer l’hégémonie du Président Mathieu KEREKOU et son bras armé, le FARD-ALAFIA, dans la partie septentrionale de notre pays. Certains membres clandestins de l’U.D.S. vont d’abord faire de l’entrisme au sein de FARD-ALAFIA avant de finir par créer le parti ALAFIA composé essentiellement des dissidents de FARD-ALAFIA. Cette spectaculaire action permettra au petit parti U.D.S. d’étendre ses tentacules vers les Départements des Collines et du Zou-nord en recrutant les cadres de ces régions dans la nouvelle entité ALAFIA née de la scission avec le parti originel FARD-ALAFIA. L’U.D.S. restera essentiellement composé de baribas là où ALAFIA va recruter les dendis, les nagots/tchabè, les idatchas, les mahis, les fons, etc… Pour mémoire, alors officiellement membre du parti la Renaissance du Bénin (RB), Boni YAYI sera aussi un membre clandestin de l’U.D.S.


En écartant du gouvernement Jonas GBIAN, ancien MFE, Boni YAYI déclare ouvertement la guerre à son frère cadet, le Général Robert GBIAN dont tout le monde sait qu’il est candidat au poste de Président de la République en 2016. Du coup, il précipite Jonas GBIAN dans les bras de son frère pour devenir son Directeur de campagne ou Directeur financier de la campagne. Plus frontalement, il attaque les députés Sacca Lafia et Djibril Débourou (soutiens politiques du Général Robert GBIAN) et, dans une moindre mesure, Karim Chabi Sika.

 

Contrairement à ce que certains observateurs de la vie politique béninoise pensent, le dernier débat à l’Assemblée nationale portant suppression du droit de grève aux magistrats fut un test de Boni YAYI pour jauger la fidélité  de certains députés de sa majorité à son funeste plan de troisième mandat. C’est la principale raison qui a fait porter la proposition de loi par l’un des députés analphabètes de la majorité, Rachidi Gbadamassi. Contrairement aux débats publics, Sacca Lafia, Djibril Débourou, Karim Chabi Sika et consorts ont travaillé dans les coulisses pour faire avorter la proposition de loi, de mèche avec la Présidente de la Commission des lois, Hélène Aholou Kèkè. La raison principale est qu’ils ne veulent pas entendre parler d’un quelconque troisième mandat pour le locataire du palais de la Marina. Accessoirement, Sacca Lafia en voulait à Boni YAYI d’avoir refusé de nommer un membre de son parti, l’U.D.S., à la tête de la HAAC (Haute Autorité de l’Audiovisuelle et de la Communication). Pour torpiller la candidature du protégé de Sacca Lafia, YAYI s’est servi du Député André Okounlola et du ministre Komi Koutché. Pour avoir permis de démasquer ses ennemis cachés à l’Assemblée nationale, malgré l’échec de la proposition de loi, Rachidi Gbadamassi se verra gratifier de quelques millions de FCFA pour aller jouer les distributeurs automatiques de billets dans sa zone d’influence !!!

 

Deuxième constat, pour avoir vendu maladroitement le secret de couvent du troisième mandat, la griotte Fatouma Amadou Djibril est chassée du gouvernement. L’autre raison se trouverait dans sa hargne contre Patrice Talon dont elle fut naguère une employée. Sa haine contre Patrice Talon était incompatible  avec les négociations en cours entre les protagonistes de l’affaire SODECO surtout depuis la décision de la Chambre Arbitrale de la Cour de l’OHADA. Boni YAYI est un ingrat qui presse votre jus comme du citron et vous jette dès lors qu’il n’y a plus de jus. On se souvient du ministre Armand ZINZINDOHOUE (surnommé le Haute Autorité à cause de sa servilité légendaire pour YAYI) qui s’est aujourd’hui réfugié à l’étranger après sa disgrâce auprès du roi.

 

Une fois les pions installés pour l’offensive contre le Général GBIAN, Boni YAYI n’a pas oublié son autre ennemi du septentrion, plus précisément de la Donga. Les ministre Kassa, Djemba et N’da sont maintenus à cause de leur activisme pour barrer la voie à Abdoulaye Bio Tchané. Sous d’autres cieux, ses trois ministres auraient été balayés sans autre forme de procès. Le premier pour la persistance du délestage et les deux autres pour les piètres résultats des différents examens de fin d’année dans les écoles, collèges et lycées de notre pays.

 

ABT, solidement encadré par les griots et têtes brulées de Yayi, connait désormais la chanson. Il est contraint de fendre l’armure pour exister politiquement dans son fief.  Quant au Général Robert Gbian, le Président de la HAAC, Adam Boni Tessi, natif de Nikki (royaume historique des baribas) est chargé de verrouiller son ascension vers la Marina. Il sera aidé en cela par la yayiste pure sucre, Emmanuel Tiando, Président de la Céna.

 

La partie septentrionale du Bénin (de Natitingou, Malanville, Bembéréké, Nikki, Kandi en passant par Djougou, Parakou, Tchaourou, Savè jusqu’à Savalou, Dassa, Bantè et Manigri) étant ainsi verrouillée, il ne restera plus à Yayi que quelques ventriloques vendus au sud pour essayer de faire passer le troisième mandat comme une lettre à la poste. Le ralliement de plusieurs personnalités et maires de l’Ouémé-Plateau lui est déjà acquis. L’objectif de Yayi est d’obtenir 66 députés lors des prochaines élections législatives pour organiser un référendum qu’il gagnera à coup sûr. Il n’hésitera pas à positionner d’illustres inconnus sur la liste FCBE (comme dans ses différents gouvernements) lors des prochaines élections législatives pour atteindre son vil dessein. L’argent fera le reste.

 

Pour barrer la route à Yayi et aux aventuriers qui l’entourent, les béninois doivent s’approprier les dispositions de l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 juin 1793 qui dispose :

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

 

 

IB

 

 

Liste complète du nouveau Gouvernement

 


Ministère de l’Economie et des Finances : Komi Koutché

Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche : Issa Azizou

Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et des Cultes : Simplice Dossou

Ministère de la Communication et des Tic : Jean Dansou

Ministère de la Jeunesse, Sports et Loisirs : Safiou Affo

Ministère de l’Energie : Barthélemy Kassa

Ministère de la Santé : Dorothée Kindé Gazard

Ministère de l’Enseignement Maternel : Eric N’dah

Ministère de l’Enseignement Secondaire : Allassane Soumanou Djemba

Ministère l’Enseignement Supérieur : François Abiola

Ministère du Développement : Marcel de Souza

Ministère des Odd : Fulbert Géro Amoussouga

Ministère des Travaux Publics et des Transports : Natondé Aké

Ministère de l’Urbanisme : Christian Sossouhounto

Ministère de l’Environnement : Raphaël Edou

Ministère de la Culture : Jean-Michel Abimbola

Ministère de la Justice : Valentin Djenontin

Ministère de la Microfinance : Marie-Laurence Sranon Sossou

Ministère du Commerce : Françoise Assogba

Ministère de la Famille : Naomie Azaria

Ministère de la Défense : Théophile Yarou

Ministère des Politiques Publiques : Antonin Dossou

Ministère de la Fonction Publique : Yaya Aboubakar

Ministère de l’Economie Maritime : Ruffin Nansounon

Ministère chargé des relations avec les Institutions : Gustave Sonon

Ministère des Affaires Etrangères : Nassirou Bako-Arifari

Ministère de la décentralisation : Isidore Gnonlonfoun

 

IB

 

 

 
 
  
  
Tag(s) : #Politique Béninoise

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