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24 septembre 2012

 

BENIN - REPONSE A MAITRE JOSEPH DJOGBENOU: Tous prêts pour la réflexion, et non pour la prison

 

Par LE BENIN RAISONNABLE

 


« La démocratie béninoise n’est peut être pas aussi simplement menacée », « Tous prêts pour la réflexion, et non pour la prison ».

 

 

Me Joseph Djogbénou, Avocat au barreau de Cotonou, Professeur de Droit privé à l’Université de Abomey-Calavi, nous daignons répondre à votre appel à la nation titré « Tous prêts pour la prison ».

 


 
Nous avons d’entrée, et de manière volontariste, forgé notre conviction sur vos propos en utilisant vos mots.
La démocratie béninoise ne peut, en effet, être aussi simplement menacée. De plus nous sommes tous prêts pour la réflexion et non pour la prison », car de votre écrit nous tirons le titre en réponse. Aucune raison de s’inquiéter au Bénin, même si la vigilance, et la retenue sont de mises à tous les niveaux.

 


 
Nous nous contenterons de le démontrer à votre propre niveau (en 5 leçons et 3 conseils), et bientôt, nous reviendrons sur le cas de Lionel AGBO, lui-même, sans oublier bien entendu le cas de Boni YAYI et des autres hommes politiques de notre pays.

 


Première leçon en votre qualité d’avocat

 


Cher Me Joseph DJOGBENOU, vous savez qu’en votre qualité d’avocat, vous devriez au moins demander l’avis des personnes que vous prétendiez défendre…. Nous béninois avons-nous demandé un avocat pour nous défendre ? Avez-vous offert vos services au Peuple ? Le peuple a-t-il accepté vos services ? Vous avez été commis d’office pour nous défendre ? Nous défendre de quoi, contre qui ?
Sans réponse à ces questions d’ordre primaire vous commettez une faute professionnelle en prétendant nous défendre.


En effet, à aucun moment dans votre écrit vous ne demandez l’avis du peuple et vous vous engagez dans une posture de défenseur, qui n’en n'est point. Par ailleurs, ou au mieux, vous êtes un piètre du genre, puisque vous voulez que nous acceptions la prison, sans raison valable.

 

Votre offre de la prison pour tous semble généreuse, mais encore faut-il que nous sachions si vous ne nous offrez pas un cadeau empoisonné. Jaurès a accusé et non point jugé. Il n’y a point de honte à imiter les grands hommes, mais il ne faut point galvauder leurs idées ou leur style.


Deuxième leçon en votre exclusif de Professeur de Droit


Monsieur le Professeur, pourquoi diable, ne vous appliquez vous pas les leçons que vous enseignez, ou que vous devriez enseigner à nos enfants ?
Servir de modèle, est une obligation morale pour tout adulte, avons-nous appris nous autres.


De grâce, réduisez le rang des enseignants du genre de Gbagbo, l’Afrique n’en a point besoin ! Soyez des modèles pour nos enfants s’il vous plait, c’est ce que la nation vous demande, rien de plus ; car « une tête bien faite vaut mieux qu’une tête bien pleine ».


En droit la règle de raisonnement est bien ceci et vous ne pouvez pas vous en éloigner au risque de divaguer (avez-vous divaguez ? Je laisse l’appréciation aux lecteurs).


En droit, disais-je, le raisonnement qui s’impose à toute personne se prétendant du métier est en 5 étapes (cette méthode est enseignée dans toutes les universités du monde) :


1. Les faits, rien que les faits dans l’ordre chronologique


2. .La ou les question (s) de faits


3. La ou les question (s) de faits repris sous forme de question (s) de droit


4. La ou les réponse (s) de droit


5. La ou les réponse (s) de droit appliquée (s) aux faits.

 

A aucun moment vous n’avez, dans votre écrit, eu l’attitude qui différencie le juriste du profane de cette matière. Noble matière qui régit les relations entre les hommes, pour la paix sociale.
Qu’est-ce qui vous anime donc ?
Pour vous êtes-vous éloigné de ce que vous connaissez, tous en vous présentant comme spécialiste de la chose ?

 

Troisième leçon en votre exclusif de Professeur de Droit

L’image du Bénin est affectée par la globalisation et l’absence d’analyse intrinsèque au sujet.


A globaliser, à ne point intégrer les nuances dans nos analyses, la mesure dans nos publications, nous freinons tous les investissements dans notre petit pays. Tout investisseur comprend les batailles justes, mais fuit la guéguerre et la guerre (deux mots de même étymologie).


Le Bénin, petit pays très endetté (PPTE), n’a de cesse de se déchirer, en dormant sur son supposé titre, resté tristement historique (donc non actuel), de « quartier latin » et rien d’autre.


De notre jeune démocratie nous en avons fait, du bavardage non constructif, de la « grandfrèrocratie » (expression chère à Lionel AGBO justement, il sait de quoi il parle) « prisonnière de la corruption » comme le disent si bien Wilfrid Hervé ADOUN et François K. AWODOU….


Tenez, à propos de Wilfrid Hervé ADOUN et François K. AWODOU, vous n’avez rien remarqué ? Ils n’ont pas fait appel à la presse, ils sont de la presse, et ils ont écrit: « Le Bénin : une démocratie prisonnière de la corruption » et personne ne les a inquiétés…. Le Bénin serait-il donc devenu un pays où l’on peut dire ce que l’on veut pour peu que ce soit analysé et étayé par des preuves ? Etonnant non ?


C’est donc simpliste de dire que « La démocratie béninoise est réellement simplement menacée ».


Nous aurions aimez plus de retenue de votre part.


Quatrième leçon en votre qualité d’avocat et de Professeur de Droit


Vous savez bien que l’on peut être qualifié d’avocat inscrit au barreau et d’homme politique, pour cause d’incompatibilité ; donc en occurrence Monsieur Lionel AGBO, peut raisonnablement être qualifié Maître Lionel AGBO, avocat (il s’agit ici de sa formation professionnelle), mais l’on ne peut raisonnablement le qualifier d’’inscrit au barreau (il s’agit là de l’exercice de la formation) et d’homme politique en même temps. De deux choses l’une : Il est homme politique ou il est inscrit au barreau de Cotonou ? Il ne peut exercer les deux fonctions simultanément, il lui faut choisir sa casquette, pour être clairement identifiable.


Si Monsieur AGBO intervient dans les débats politiques, il en prend la position en tant qu’homme politique (tout porte à le croire, si en plus il n’apparaît plus comme un avocat au barreau de Cotonou), et non en tant que simple citoyen, il ne peut être qualifié que comme tel : Un homme politique, et patron d’un parti (le parti Congrès National des Démocrates, candidat à plusieurs élections présidentielles au Bénin).


Si le barreau de Cotonou, ne fait pas cette analyse, il y a urgence que le fichier du barreau soit revisité et mis à jour, pour une simple raison de bonne gouvernance.


L’adage dit qu’il ne faut point mélanger torchons et serviettes.

 

Cinquième leçon en votre qualité d’avocat et de Professeur de Droit


Cette cinquième leçon résulte de la première exigence de la deuxième leçon applicable à tout juriste. Lorsque l’on n’a pas connaissance des faits il vaut mieux se taire, au risque de faire comme un non juriste… et une expression est consacrée à cet effet « n’avoir pas accès au dossier, pour se prononcer ».
Monsieur le Professeur, avez-vous eu connaissance des faits réels? Pouvez-vous vous mettre à l’avenir dans la posture du juriste pour écrire, puisque vous vous présentez comme Professeur en la matière et Avocat au barreau de Cotonou (pour vous c’est une appellation juste, pour lui il y a matière à réflexion).


Enfin, que des journalistes ne prennent pas le temps de l’analyse, parce que payés à la colonne ou à la recherche du sensationnel qui fait vendre ; vous Professeur devriez prendre le temps de la réflexion, et ne plus écrire à chaud, dans l’euphorie. Le raisonnement suppose le calme, loin des tempêtes et des émotions. ….

 

Trois Conseils pour clore ce débat avec vous


1. N’exagérez rien en écrivant, les écrits restent. Le Bénin va bien, certes il peut aller mieux, c’est de cela qu’il faut nous parler. Le Bénin est un Etat de droit et à ce titre toute personne, même homme politique peut y être entendu par la police pour ses propos. Le Bénin n'est pas un pays de dictature où on s’aperçoit que « …… pour les parents soucieux de l’éducation de leurs enfants, les interventions annoncées de certaines autorités au sommet de l’État relèvent désormais du régime familial appliqué aux documents interdits au moins de … 25 ans ! ». Pondérez vos propos pour la paix sociale, démarche par excellence de la justice, qui réconcilie les citoyens et les lois de la cité.


2. Des hommes politiques méfiez-vous ! Ils savent bien se camoufler, et tout faire pour vous avoir. Ils vous rendent politiques le temps d’accéder à la chose politique ou de ne pas en supporter la responsabilité…. Puis ils tombent dans l’amnésie totale.


3. Restez juriste et vous vous en sortirez mieux, de plus vous servirez mieux le peuple béninois, qui en a besoin. Dans une posture professionnelle, je puis vous assurer que le peuple béninois, vous conviera à lui expliquer en votre qualité de Professeur, puis à le défendre, en votre qualité d’Avocat au barreau de Cotonou, Cher Maître.

 

Un Ami qui vous veut du bien.

24 septembre 2012


Signé: LE BENIN Raisonnable.

Source: quotidien l'Autre Fraternité

 

Tag(s) : #Politique Béninoise