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23 juillet 2010


Saisine de l’Assemblée nationale dans les affaires Icc-services, Cen-Sad, vente de parcelle aux Usa et Sbee: Les députés face à leurs responsabilités


A vrai dire, en saisissant l’Assemblée nationale sur quatre dossiers à la fois, le président Yayi Boni n’a pas seulement le souci de faire rendre gorge aux mauvais gestionnaires de son camp. C’est un nouveau piège qui va obliger ses adversaires à se taire et surtout ranger l’affaire Icc-Services. Puisqu’au lieu de se limiter à ce sulfureux dossier le président Yayi Boni a étendu sa plainte à deux ministres du Général Mathieu Kérékou et à la coalition Abt. La stratégie constitue surtout un moyen pour mêler l’opposition à la lutte contre la mauvaise gestion, la corruption au sommet de l’Etat en tenant bien compte de tout le monde. Parce qu’on se demande si Kamarou Fassassi et Soulé Mana Lawani qui flirteraient déjà avec la coalition Abt pourront bénéficier du soutien des leurs. Une situation qui lie beaucoup les députés de l’opposition qui auront bien du mal à livrer les leurs. Mieux, avec les deux ministres de Kérékou qui se retrouvent dans la plainte, il sera difficile pour l’Assemblée nationale de réunir aussi facilement le quorum des 2/3.

On se rappelle que les commissions d’enquête parlementaire sur l’affaire des groupes électrogènes Siif au sujet desquels Kamarou Fassassi est interpellé n’ont pu rien trouver jusque-là. Que feront les députés qui ont été membres de ces commissions ? De plus, on ne peut pas parler d’accusation de Kamarou sans écouter Kérékou. Des pièges sur toute la ligne dirait-on. C’est depuis la rencontre des membres du bureau que les complications risquent de commencer quand on connaît les liens entre certains députés et le Général. Mais, le plus grave viendra lors de la conférence des présidents qu’on a l’habitude de tenir dans de pareil cas. On dira même que c’est pour diviser les députés que le président Yayi Boni a opté pour le sacrifice de Zinzindohoué. Ici, il faudra assez de courage et d’audace. Parce qu’en fermant les yeux sur le dossier, l’opposition tombera dans le piège du chef de l’Etat qui vient de jouer sa partition et n’attend que la Représentation nationale pour la suite. Surtout qu’ils sont un certain nombre de députés dont les responsabilités ne sont pas négligeables dans le dossier Sbee et vente du domaine de l’Ambassade du Bénin aux Etats Unis. S’ils doivent continuer à critiquer le gouvernement dans le dossier Icc-Services, ils ne pourront pas refuser qu’on se penche sur leurs casseroles. Que feront-ils désormais ? C’est là toute la question. Surtout qu’il n’y a pas beaucoup de députés qui sortiront propres de la suite. Au début de l’affaire Siif, les anciens directeurs de la société et actuels députés Luc da Matha Sant’ana et Célestine Adjanohoun ont été cités et écoutés. Que feront-ils face à la situation ? Sans compter que plusieurs cadres de l’administration qui se sont affichés ces derniers mois comme opposants au président Yayi Boni ont été, de près ou de loin, concernés par l’un au moins des quatre dossiers. Autant de situations qui justifient l’ambiguïté de la plainte que le chef de l’Etat a déposée hier au Parlement.

 

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé-Plateau)



La transmission hier de la plainte contre Armand Zinzindohoué à propos de Icc-services à l’Assemblée nationale avec trois autres grands dossiers de malversations présumées en vue de leur examen par la Haute Cour de Justice oblige l’opposition à savoir raison garder. C’est en réalité un gros piège pour mettre les députés face à leurs responsabilités.

Tag(s) : #Politique Béninoise

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