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16 avril 2014

 

BENIN - Scandale autour de l’affaire Ubipharm: Yayi Boni viole les lois de la République


Dans le fameux dossier de l’autorisation ou non de la multinationale Ubipharm pour exercer au Bénin, le gouvernement béninois vient d’instruire le ministre de la Santé publique à l’effet. C’est en Conseil des ministres du 26 mars dernier que le rubicon a été franchi par la violation totale des lois de la République sous les auspices du chef de l’Etat. C’est en somme un autre scandale qui vient d’ouvrir le régime agonisant de la Refondation.



Dans cette guéguerre inutile qui oppose le ministère de la Santé publique à l’Ordre national des pharmaciens du Bénin, c’est Yayi Boni qui vient une fois encore de s’illustrer négativement, comme à son habitude, dans la prise d’une décision d’autorisation d’exercice de la multinationale Ubipharm Bénin S.A. et de l’usine African pharmaceutical generics (Apg) en violation totale des prescriptions légales régissant la matière en République du Bénin. En effet, selon la loi n°- 97-020 du 17 juin 1997 en son article 3, il y est écrit de façon expresse que : « L’autorisation de l’exercice en clientèle privée des professions médicales et paramédicales est donnée individuellement, par le ministre de la Santé en Commission technique, après avis favorable du Conseil de l’Ordre compétent. L’avis du Conseil de l’Ordre doit intervenir dans un délai de deux (2) mois à compter de la réception du dossier prévu à l’article 8 de la présente loi, après enquête sur le titre, la moralité et l’aptitude professionnelle du postulant ».


Mais aussi curieux que cela puisse paraître, comme ils en sont coutumiers, les béni oui-oui et leur chef qui se rassemblent de façon intempestive en interminables Conseils des ministres, ont décidé de passer outre cette prescription légale pour autoriser le ministre de la Santé publique à délivrer un sésame à Ubipharm et Apg. Cela s’appelle simplement une violation flagrante d’une loi de la République. Car, à en croire les responsables de l’Ordre national des pharmaciens du Bénin, ils n’ont jamais donné leur avis favorable tel que la disposition légale ci-dessus citée l’a prescrit. Mais comme dans un jeu de passe-passe dont Yayi Boni et son ministre de la Santé connaissent seuls les tenants et aboutissants, l’ensemble des obligés du gouvernement a décidé en Conseil des ministres du mercredi 26 mars dernier d’accorder l’autorisation d’exercice à Ubipharm et Apg dont les activités au Bénin risquent de porter un grave préjudice aux entreprises grossistes des produits pharmaceutiques appartenant aux nationaux. Mais Yayi Boni et ses ministres n’en ont pas cure. Ils n’ont pas souci de protéger les nationaux qui ont pris le risque d’investir pour créer la richesse et les impôts et taxes qui permettent le paiement de leur traitement salarial ou indemnités mirobolantes. Ce qui les intéresse eux autres, c’est de siphonner seulement les caisses de l’Etat pour se mettre plein les poches. Mais comment procèdent les agents du ministère de l’Economie et des finances pour avoir l’argent dans les caisses ne les intéresse pas. Si non, comment comprendre qu’un Etat puisse prendre une décision qui pénalise ses citoyens au profit de multinationales qui, en réalité, ne viennent au Bénin que pour faire les affaires et des profits à exporter chez elles.


Un recours maladroit


Ce qui étonne davantage dans la manière dont l’ensemble du gouvernement Yayi a procédé pour instruire le ministre de la Santé à l’effet d’autoriser Ubipharm et Apg est pour le moins saugrenu. Tenez ! C’est sur la base d’un rapport complémentaire de l’Inspecteur général de l’Etat (Alidou Koussé) présenté curieusement par le ministre de la Santé en Conseil des ministres qui a servi de détonateur à ce fourvoiement du régime Yayi Boni comme à son habitude. L’Inspecteur général de l’Etat, Alidou Koussé serait-il devenu un subalterne du ministre de la Santé pour que ce dernier soit la personne qui présente le fruit de son rapport d’enquête en Conseil des ministres ? C’est une première pour les rapports d’enquête de l’Ige. Où était donc Alidou Koussé pour que son rapport se retrouve entre les mains du ministre de la Santé qui l’a défendu auprès de ses collègues ministres aux fins de les décider à aller dans son sens ?


Et pourtant, le même Conseil des ministres, lors de sa session du 30 octobre 2013, a bel et bien tenu à ce que l’autorisation d’exercice soit accordée à Ubipharm et Apg dans le respect des conditions générales et spécifiques. Mais jamais, d’ores et déjà, après étude des dossiers des postulants par l’Ordre national des pharmaciens du Bénin, ce dernier a conclu au rejet desdits dossiers au motif de violation de l’éthique professionnelle et des dispositions légales contenues dans la loi 97-020. 


Mais dans une acrobatie dans laquelle on a malencontreusement invité l’Inspecteur général de l’Etat, au lieu que se soit les voies de recours qui soient empruntées par les rejetés, l’Etat béninois avec son chef en peloton décide de marcher sur les lois de la République dans un pays où le gouvernement a toujours tendance à faire marcher la justice qui lui résiste malgré tout.


Le chef était bien informé, mais…


Encore que sur le dossier spécifique de Ubipharm, l’avis défavorable de la Commission technique a été clair et net pour que le comprenne un sourd et le voit un aveugle. En effet, c’est en ses séances des 09, 16 octobre 2009 et de 29 décembre 2009 et 19 février 2010 que les membres de ladite Commission technique se sont prononcés sans équivoque. Et pour ne pas se voir mélanger dans la farine par le ministère de la Santé, le Collectif des Ordres nationaux et Associations de Santé du Bénin dans une correspondance en date du 30 janvier 2012 a saisi le chef de l’Etat des micmacs qui s’entretenaient autour du dossier de Ubipharm. Mais malgré la réception d’une telle correspondance comme s’il aurait été induit en erreur, Yayi Boni a passé outre l’alerte donnée par les professionnels de la Santé pour décider d’envoyer ses compatriotes à l’abattoir. Car, avec cette autorisation à accorder à Ubipahrm, on se demande bien si Yayi Boni est toujours dans la dynamique de l’Appel de Cotonou qui est issu du Colloque tenu dans cette ville du Bénin sur l’initiative de la Fondation de l’ancien Président français Jacques Chirac sur la lutte contre les faux médicaments.


Le recours à l’Inspecteur général de l’Etat dans ce dossier sur la Santé était-elle la voie royale que devrait emprunter Yayi Boni pour régler ce conflit professionnel qui divisait son ministre de la Santé et les responsables de l’Ordre national des pharmaciens du Bénin ? Les jours à venir nous édifieront quant à l’issue ou des conséquences qui découleraient de cet acte inique du gouvernement Yayi Boni qui donne bien l’impression d’avoir orchestré un cirque lors de l’Appel de Cotonou. Autrement, il a encore le temps de revoir les choses pour rentrer les normes de la République. Car, si c’est dans cette foulée que l’on constate curieusement qu’une proposition de loi portant relecture de la loi 97-020 a été introduite à l’Assemblée nationale, il est aisé de conclure que la forfaiture est consommée. Et les tenants devront en répondre tôt ou tard devant le tribunal de leur conscience. Mais en attendant, les Organisations de la Société civile devront jouer leur rôle de veille citoyenne pour dire non au déni de justice, à l’instauration de l’anarchie qui frise le despotisme et le totalitarisme.


La rédaction

Source : Le Matinal

 

 

 
  
Tag(s) : #Politique Béninoise