Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

03 août 2010 

BENIN: Un meeting à la nation…

 

A cinquantenaire spécial, innovation spéciale. Les Béninois en ont eu suffisamment pour leur dose pour qu’on ne leur rappelle pas les déshonorantes chinoiseries du début du défilé du 1er août 2010 et les pitreries des majorettes dites de la première dame de la fin du calvaire imposé, des heures durant aux chefs d’Etats invités sur les chantiers de Porto-Novo. Du meeting de la veille en guise de message à la nation, on peut en parler. Que du mépris pour un peuple que les émergents ont décidé de meurtrir jusqu’à l’âme. Sous tous les cieux où le chef respecte ses compatriotes, une adresse à la nation est un moment de solennité, de gravité, de sérieux et de solidarité nationale. Il s’agit d’un personnage unique dans un décor où ne devraient compter que les symboles de la nation : le drapeau, la constitution et les emblèmes. Jamais une assistance de courtisans comme ce qui a été organisé sur l’esplanade du palais des Gouverneurs à Porto-Novo qui par leur bruyante ovation troublent effrontément la solennité de ce dialogue entre le peuple et le président de la République.

  

Et si le docteur-président ne peut pas se passer d’applaudisseurs pour son discours du cinquantenaire, la nation s’est choisie des représentants élus. La prestation présidentielle du 31 juillet 2010 est tout sauf un message à la nation ; un show médiatique peut-être, un meeting à l’intention de privilégiés conviés à applaudir leur maître ou un moment de défoulement en pleine crise des faux placements d’argent. Le chef de l’Etat n’a d’ailleurs pas raté les déposants victimes des faux placeurs, fustigeant leur gout effréné du gain facile, leur égoïsme et leur incapacité d’aimer leurs prochains. Ils méritent que leurs maigres épargnes soient violées et dépensées dans des marches de soutien, des étrennes à l’honneur du président bien aimé de son peuple. Comme punition le régime a eu l’ingénieuse idée de les envoyer des centres dits de recensement des victimes de Icc-Services et consorts.

 

Dans le fond, le discours remet la rengaine des pieuses intentions débitées à chaque activité de propagande. Le chef de l’Etat se préoccuperait d’une meilleure représentativité des femmes au sein des instances dirigeantes du pays. Il enverrait dans les meilleurs délais un projet de loi à l’Assemblée en ce sens. Tout comme son gouvernement déposerait très prochainement un autre projet de loi sur l’enrichissement illicite et la lutte contre la corruption. Aucune indication par contre sur des dates précises d’accomplissement de ses vœux. Personne ne sait donc le jour, l’heure et le moment où le docteur-président fera verser son sang au nom de la lutte contre l’impunité. Motus et bouche cousus pour le moment au sujet de la réclame des 50 députés désireux de le voir répondre devant les juges de la Haute cour de justice pour assistance gouvernementale à une association de malfaiteurs et complicité du régime à l’escroquerie sur de milliers de citoyens incrédules et abusés par la trop grande confiance en des gens honorés par le chef de l’Etat et des membres de son gouvernement.

Le meeting déguisé en message à la nation n’est qu’une des multiples manifestations de la moquerie vis-à-vis peuple, spécialité du régime Yayi. Aucun symbole de la société n’a connu de dérogation. On a fait marcher des femmes au foyer de nuit ; des têtes couronnées ont insulté le parlement depuis le perron de la présidence de la République ; l’armée nationale a reçu en don du matériel acheté avec les fruits de l’escroquerie ; de jeunes chômeurs transformés en insulteurs publics sont ovationnés par tout un gouvernement mobilisé pour l’occasion ; des pasteurs se perdent en pardon public sur les chaines de télévision pour leur rôle prépondérant dans la mise en place de l’arnaque ayant coûté la misère pour des familles entières sur plusieurs générations.

Le message à la nation du 31 juillet 2010 n’a jamais existé…

 

arimi choubadé



 
Tag(s) : #EDITORIAL

Partager cet article

Repost 0